Armand Essogo
11 Mai 2004
Une formation s'est ouverte hier à Yaoundé pour les gynécologues et infirmiers.
La troisième session d'enseignement de chirurgie endoscopique en gynécologie se déroule en ce moment à Yaoundé. L'hôpital général de Yaoundé sert de cadre à ce perfectionnement des gynécologues, des infirmiers anesthésistes et des infirmiers de bloc opératoire. Hier, certains de ces étudiants ont reçu les attestations de réussite au diplôme universitaire de chirurgie endoscopique en gynécologie et de reproduction humaine. Le grand maître de cette révolution, le Pr. Maurice Antoine Bruhat, était présent. Avant de remettre les attestations, il a fait un exposé sur la chirurgie laparoscopique en gynécologie. " Elle permet de faire le diagnostic et de prendre des décisions thérapeutiques, c'est une chirurgie du futur, son développement fera du Cameroun un pays de recherche clinique ", a-t-il déclaré. En fait de centre de recherche, le Centre de recherche et d'application en chirurgie endoscopique et reproduction humaine de la fondation Chantal Biya en est un. Basé à l'hôpital général de Yaoundé, il a permis à des professionnels de la santé originaires de plusieurs pays d'Afrique de se remettre à l'école. La formation proprement dite comporte divers volets. Mais tous les étudiants ont suivi la théorie, avant le passage au bloc opératoire pour les aspects pratiques.
Dans le détail, la formation a permis à des praticiens habitués à la chirurgie traditionnelle d'apprendre à soigner leurs malades sans ouvrir le ventre. A travers un écran de télévision, on procède aux manoeuvres nécessaires. La précision accompagne chaque geste, il n' y a pas de saignement et on ne fait pas de transfusion sanguine. Pour ce transfert de connaissance, les étudiants ont bénéficié de l'encadrement de dix professeurs en provenance de l'université Clermont-Ferrand en France, de l'Algérie, de l'Italie, de la Côte d'ivoire et du Cameroun. Dans la partie théorique, les étudiants ont reçu des explications sur les techniques, les complications, et surtout la manière de contourner ces complications. Des entraînements sur des simulateurs de pelvis artificiels ont dominé la phase pratique. Avant de s'exercer sur des humains, des porcs ont servi de cobayes aux apprenants. Au terme de cet exercice, le bloc opératoire s'est ouvert. Les étudiants ont eu à ce niveau la latitude de voir leurs formateurs à l'oeuvre.
Après cette formation, les attentes des étudiants sont multiples. Sa maîtrise entraînera sans aucun doute la diminution des durées d'hospitalisations pour les malades. Au niveau économique, le patient peut très rapidement reprendre ses activités. La chirurgie n'étant pas douloureuse, il n'y a pas d'incisions sur l'abdomen. Pour les gynécologues, la chirurgie endoscopique permet également de faire face au problème de la stérilité dont souffrent plusieurs femmes en Afrique. Il y a moins de problème d'adhérence dans le ventre, l'accès aux lésions est plus facile et elles sont soignées avec le moins de complications possibles. Toujours pour la médicine de la reproduction, il y a un apport considérable sur le volet contraception. La ligature des trompes se fait entre 5 et 10 minutes contre 30 minutes avec la chirurgie traditionnelle.
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