Coulibaly Moussa
12 Mai 2004
Et c'est parti. La crise relative à la gestion des 14 milliards de francs d'aide de l'Union Européenne, octroyée au secteur de l'Enseignement privé, opposant le ministre de l'Education nationale aux fondateurs d'écoles a quitté les colonnes de la presse pour se concrétiser sur le terrain. Les patrons d'établissements scolaires privés ont mis à exécution, depuis hier mardi 11 mai 2004, leur menace de fermeture de leurs écoles, récemment signifiée dans un courrier adressé au Premier ministre.
Selon cette correspondance, dont nous avons reçu copie, les fondateurs d'écoles exigeaient, avant la date butoir du vendredi 07 mai 2004, la satisfaction de leurs revendications.
Notamment l'application de l' «instruction 440» du ministère d'Etat, ministère de l'Economie et des Finances, instruisant le Trésor public de déposer, sur leurs comptes, la totalité des fonds de l'aide de l'Union Européenne. Ce à quoi s'oppose le ministre N'Guessan Amani Michel. Les fondateurs réclamaient également le paiement de l'intégralité des frais d'écolage que l'Etat leur doit. N'ayant pas obtenu satisfaction, les fondateurs ont donc décidé de se faire entendre d'une autre façon.
Ainsi, depuis hier les écoles privées ont été fermées sur l'ensemble du territoire national. A Abidjan, cette décision de la Coordination nationale des fondateurs d'écoles privées laïques et confessionnelles a été largement suivie.
D'Abobo à Port-Bouët, en passant par Yopougon, Adjamé, Marcory et Koumassi les établissements sont restés fermés. Aux Collèges Sainte Foi, Saint Joseph et Anador (Abobo), très tôt le matin, les élèves ont été priés de retourner chez eux à la maison et rester à l'écoute de l'évolution de la situation sur les ondes des média. Pendant ce temps, les patrons des Collèges les Phalènes et Ségbé de Yopougon, des Collèges Voltaire et Béréthé de Marcory mais, surtout, ceux de Descartes et Bougainville de Koumassi demandaient à leurs collaborateurs de s'en tenir scrupuleusement au mot d'ordre.
Au cours d'un point de presse bilan de la situation, au siège de la Fédération nationale du privé Laïc de Côte d'Ivoire (FENEPLACI) à Cocody, les responsables de la Coordination ont reconnu que le mouvement a été suivi dans les autres villes du pays. Notamment à San Pedro, Yamoussoukro, Bondoukou, Daoukro et Daloa.
Selon M. Kanga Kouassi David, Secrétaire général de la Coordination, cette décision qui ne concerne pour le moment, que tout le privé Laïc et une partie du confessionnel (les écoles évangéliques et adventistes) n'est qu'un avertissement au ministre de l'Education.
«Pour l'instant, nous laissons une chance au dialogue. Si on veut nous obliger à aller plus loin, nous le ferons», a-t-il prévenu. Interrogé sur le nombre d'élèves victimes de cette situation de blocage des cours, les responsables de la Coordination disent ne pas être, pour l'instant, en mesure d'en donner le nombre exact.
Mais, d'ores et déjà, ce bras de fer des fondateurs avec leur tutelle inquiète les élèves surtout ceux en classe d'examen. «Aujourd'hui, les cours sont suspendus alors que nous n'avons pas achevé les programmes, or la date des examens approche à grand pas», s'est inquiété Kouadio Jean, élève en classe de Terminale au Collège Nanti d'Abobo.
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