Le Journal de l'Economie (Dakar)
Mbaye Thiam
10 Mai 2004
Dakar — Les travailleurs des conserveries de Dakar(Condak) ne sont pas contents.
Les arriérés de salaires s'accumulent. Les cotisations sociales ne sont pas versés depuis longtemps. Ils estiment que leur entreprise est mal gérée. Pour remédier à cette situation, ils demandent l'intervention des autorités pour sauver leur entreprise.
"Nous voulons que le président de la République intervienne pour régler les problème des Condak." C'est le cri de cÅ"ur lancé par les délégués des travailleurs de l'usine des Conserveries de Dakar (Condak) qui faisaient à la presse le 6 mai 2004. Selon M. Serge Fall, délégué du personnel, le retard de paiement des salaires est devenu fréquent. En plus, les cotisations de retraite ne sont plus versées depuis 1997. Ce qui fait un total de14 millions à ce jour. Toujours selon M. Fall, " les comptes de l'entreprises n'ont jamais été homologués par des experts comptables ".
S'agissant de la production, les ruptures de charges sont monnaie courante, faute pour la société de pouvoir financer les approvisionnements. Ce qui constitue un paradoxe selon travailleurs car les matières premières qui sont essentiellement constituées par les sardinelles, l'huile, les boîtes, la tomate qui sont disponibles en quantité sur le marché local. L'entreprise disposait de 4 bateaux, et dont un seul fonctionne actuellement alors que les armateurs étrangers basés au Sénégal préfèrent vendre à l'étranger parce que les prix proposés sont plus élevés. Si ce n'est pas la matière première, c'est alors les emballages.
Selon les délégués des travailleurs, tous ces problèmes sont la résultante d'une mauvaise gestion de l'entreprise.
Celle-ci s'illustre par un conseil d'administration qui ne s'est jamais réuni pour statuer sur la situation de l'entreprise depuis plusieurs années. Les administrateurs selon les délégués sont en contradiction avec les dispositions de l'Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires(Ohada) du fait la poursuite d'une activité notamment déficitaire et sans aucune mesure de redressement ne soit prise. Pire, " des opérations commerciales sont effectuées par les administrateurs en dehors de toutes conventions ". Une société appartenant aux principaux actionnaires doit des sommes importantes à la Condak.
Pour régler le problème, ils interpellent les autorités à commencer par le chef de l'Etat à intervenir sous peine de voir 1000 emplois disparaître.
Condak a été mise sur pieds par les Italiens pour le compte de l'Etat du Sénégal pour 4 milliards avant la dévaluation. L'entreprise a été finalement retrocédée à des actionnaires privés. Pour Pape Birame Diallo, secrétaire général du syndicat autonome et démocratique des industries alimentaires ,il urge de convoquer des assises sur la pêche afin de diagnostiquer le mal et proposer des solutions.
Selon M. Diallo " sur 85 entreprises recensées au Sénégal, il n'y a actuellement que 35 qui fonctionnent bon an mal mal an ". Ce qui est paradoxal car le secteur de la pêche est le premier pourvoyeur de devise pour le pays. avec plus 200 milliards par an. Il génère 20 000 emplois au niveau des industries et 200 000 pour la pêche artisanale.
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