Djama Stanislas
14 Mai 2004
Le Centre international pour la recherche agronomique et le développement (CIRAD) a rendu public hier les résultats de son étude portant sur : «Les facteurs responsables de la teneur élevée d'Acides gras libres (AGL) dans les fèves de cacao ivoirien».
Selon Fabrice Devreu, chercheur du Centre, l'on constate une augmentation importante du taux d'AGL supérieur à la norme (1,7 %) en particulier dans le cacao en provenance de Côte d'Ivoire. L'enquête révèle que sur les trois dernières campagnes de commercialisation, se sont en moyenne 21 % du cacao ivoirien qui ont été jugés hors norme. Ce qui représente une quantité de 69408 tonnes sur les 330.516 tonnes pris en compte par l'étude. «Le phénomène est saisonnier. Le pourcentage de cacao infecté varie d'une campagne à l'autre. Le lot de cacao fourni dans la période allant de la mi février à fin avril de l'année, présente les taux de AGL, les plus élevés», explique-t-il. Au cours de l'atelier de restitution desdits résultats au Centre de cartographie et de télédétection (CCT) à Cocody, le patron du CIRAD, Cros Emila a souligné que l'AGL est «un produit de dégradation» qui apparaît dans le cacao pour cause de fermentation défectueuse, sechage incomplet dans des conditions inadaptées. Le stockage du cacao dans les mauvaises conditions favorise également l'apparition des AGL ainsi que les pourritures brunes sur les cabosses. Il a rappelé que la majorité des beurriers et des chocolatiers du monde utilisent le cacao ivoirien.
Or, les Acides gras libres (AGL) présents dans ce cacao au-delà du seuil de tolérance sont de nature à créer des modifications rhéologiques du beurre. Le beurre devient trop mou, soit une panne de cristallisation, entraînant des difficultés pour la fabrication du chocolat. Mais surtout cette situation oblige les beurriers à effectuer un traitement technologique plus «lourd» et donc plus coûteux. Selon M. Cros Emila, entre 16 et 30 % de la production du cacao ivoirien sont concernés par le «mal». Les conséquences sont énormes. «C'est l'une des principales raisons de la décote qui frappe le cacao ivoirien provoquant les coûts d'achat très faibles», révèle-t-il. En effet, le cacao contenant +de 1,75 % d'AGL est frappé de décote sévère ou est tout simplement rejeté par tous les chocolatiers et beurriers. Ce qui entraîne des pertes pour le pays producteur et ses planteurs. «Certains lots du cacao ivoirien présentés à l'exportation contiennent quelquefois jusqu'à 30 % de taux d'AGL» a déploré M. Cros. Il a affirmé qu' «ensemble» tous les acteurs de la filière devraient décider des solutions à apporter aux problèmes liés aux AGL.
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