F. K. Sene
14 Mai 2004
Dans le cadre de la biennale off, Ismaïla Manga artiste sénégalo-canadien expose à l'Ambassade du Canada. Ces oeuvres prônent la tolérance entre les peuples.
Citoyen Canadien mais aussi Sénégalais, Ismaïla Manga est «artisan au service de ces rêves les plus fous». A la fois peintre, sculpteur et infographe, cet artiste qui a pris l'art au commencement comme un jeu, a aujourd'hui épousé ce métier pour exprimer ces émotions. Son exposition composée de treize toiles à l'ambassade du Canada en marge de cette biennale Off de l'art contemporain africain est le point final d'un long périple de dix ans. «Fort de trois cultures, négro-africaine, arabe et européenne, j'essaie de m'exprimer le plus simplement du monde. Ma création n'est qu'une recherche d'absolu au gré de mes pérégrinations, au-delà des apparences, pour atteindre l'essentiel».
Intitulée Les Chants de la tolérance, cette exposition regroupe trois triptyques réalisés sur toile et juxtaposés à des installations posées au sol. Ismaïla Manga travaille en général sur des surfaces immenses ce qui fait sa particularité. Et l'on peut lire sur ces tableaux des extraits intégraux prélevés du Coran (trois textes du Coran : Fatiha, le culte pur et les incrédules) écrits en langue arabe et accompagnés de leur traduction en français. Le sel, la terre, le bois sont les matériaux qu'il utilise pour peindre ses oeuvres. Ces derniers sont, selon l'artiste qui a vécu treize années au Canada et visité plusieurs pays, un trait d'union entre les peuples. Ces couleurs sont le rouge, blanc et noir. Parcourant ses oeuvres, l'artiste nous plonge dans carnet de voyage. Une série de tableaux qui retrace les grandes villes de l'Afrique occidentale où il a séjourné pour découvrir ce qu'était au XVIIe siècle l'empire du Mali. Ainsi des villes comme Sikasso, Ségou, Gao et Kayes au Mali, Fada Ngourma au Burkina Faso et Ndakaru au Sénégal sont exposées.
Ayant participé à la biennale des Arts en 1996 en "In" et en 2002 comme infographe, le Sénégalo-Canadien, originaire de la Casamance, estime que des efforts supplémentaires doivent être menés pour une bonne organisation de ce rendez-vous de l'art africain. Toutefois, ajoute Ismaïla Manga, les arts plastiques africains ont connu une évolution positive même si l'aspect commercial est déplorable, c'est-à-dire la recherche du gain au détriment de la vraie créativité. Le rêve d'Ismaïla est de créer en Casamance, particulièrement à Zinguinchor, un centre d'art polyvalent, un relais artistique pour les artistes africains en particulier et du monde en général.
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