Mathieu Bacaly
14 Mai 2004
La valorisation du système économique national est devenue une priorité dans le contexte actuel caratérisé par l'ouverture des frontières et la mondialisation.
C'est à ce titre, souligne le directeur des Pme, Ibrahima Diouf, que le Sénégal a initié un programme de mise à niveau de son économie, des entreprises et de l'administration qui va bientôt être fonctionnel. Le ministère des Petites et moyennes entreprises, de l'Entreprenariat féminin et de la Microfinance, pour une bonne croissance économique nationale, mène actuellement une importante politique de promotion et de développement des Pme.
Le Sénégal a un ambitieux programme de mise à niveau de son économie, de ses entreprises et de son administration. La première phase test du programme, indique Ibrahima Diouf, directeur des Pme, est soutenue par l'Agence française de développement (Afd) avec un montant d'environ 7,8 milliards de Fcfa ( 11,9 millions d'Euro). Elle va s'effectuer sur une durée de cinq ans. Le programme comporte trois composantes notamment la mise à niveau des entreprises pour affronter la compétitivité mondiale, la formation professionnelle et l'amélioration des produits financiers avec l'implication du système bancaire. D'autres bailleurs vont suivre, soutient M. Diouf, une fois que le test aura été réussi. Cela permettra au pays de disposer d'un vaste programme national de mise à niveau devenue une donnée fondamentale. Ce programme négocié et adopté depuis l'année dernière, va bientôt démarrer, annonce M. Diouf.
Aujourd'hui, les Pme sont considérées comme une des principales sources de création de richesses, d'emplois et de formation de main-d'oeuvre grâce à leur souplesse, leur capacité d'adaptation et leur flexibilité. Selon Ibrahima Diouf, les Pme constituent un facteur d'intégration sociale et un puissant levier de lutte contre la pauvreté. À partir de ce moment, les enjeux pour la mise en place d'une politique de leur promotion et de leur développement sont nécessaires. C'est la raison pour laquelle, souligne-il, les autorités ont pensé à apporter une réponse institutionnelle par rapport à la demande exprimée par le secteur privé en créant un Ministère spécifique aux Pme. Les Pme ne contribuent pas encore activement et de façon déterminante au développement économique et social du pays, malgré leur importance numérique. Elles constituent 85 à 90% du tissu des entreprises au Sénégal et ne participent que pour 30% en matière de création d'emplois, 20% en valeur ajoutée et 25% en chiffre d'affaires national. C'est dans cette optique, affirme M.Diouf, que le Ministère des Pme et de l'entreprenariat féminin et de la microfinance est chargé de favoriser le développement de l'esprit d'entreprise, de donner un coup de fouet aux Pme existantes en termes de dynamisation et de permettre l'éclosion de tous les talents pour une meilleure prise en charge de la demande sociale très forte. La charte des Pme qui est un nouveau cadre juridique et institutionnel devrait justement corriger le déséquilibre à la grande satisfaction de tous les acteurs économiques.
Il y a aujourd'hui un autre aspect de politique qui est d'organiser la relation de sous-traitance entre les Pme et les grandes entreprises. Dans nos pays, souvent les grands chantiers échappent aux Pme parce qu'elles n'ont pas la technicité requise et les ressources financières appropriées pour postuler aux appels d'offre. Pour ne pas les exclurent du champ économique et les priver d'améliorer leurs capacités techniques et de management, M.Diouf fait savoir que le gouvernement est en train de mener une politique qui consiste à prévoir des relations durables et équitables en terme de partenariat avec les grandes entreprises. Le transfert des technologies entre les universités et les Pme est devenu une préoccupation majeure. Souvent, ajoute M.Diouf, les recherches développées au niveau des universités manquent d'être appliquées, faute d'une relation bien établie par les petites et moyennes entreprises.
Un moyen de valoriser les terroirs
L'implantation des Pme dans les régions contribue à la valorisation des ressources du terroir, ce qui est un avantage pour les collectivités. Au titre du développement local et conformément à leurs missions et prérogatives, les collectivités locales sont tenues d'initier toutes les mesures d'aides et de soutien à l'amélioration des Pme. Toutefois, note M.Diouf, lorsqu'on accorde des avantages aux Pme, il faudrait, en contrepartie, qu'elles respectent un certain nombre d'obligations notamment la tenue régulière de comptabilité, la disponibilité des informations économiques et financières etc. À son avis, vu la forte concentration des entreprises dans la région de Dakar, il est impératif de procéder à une politique de délocalisation régionale pour arriver à corriger les disparités qui existent entre la capitale et les régions de l'intérieur.
Prés de 82% des Pme sont concentrés dans les zones A(Dakar, Pikine et Rufisque) et la zone B( Sébikotane, Sangalkame et Thiès).
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