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Afrique: Les E.-U. vont accélérer la procédure d'homologation des nouvelles thérapies contre le sida

Wendy Lubetkin

17 Mai 2004


Genève — Les Etats-Unis ont annoncé une procédure d'homologation rapide des thérapies combinées contre le VIH/sida qui leur permettra de fournir des médicaments à prix réduit à des millions de personnes dans les pays pauvres les plus touchés par la pandémie.

Ce plan ouvre également la porte à la concurrence des industries pharmaceutiques étrangères, y compris celle des fabricants de génériques, pour la distribution des thérapies combinées utilisées dans le cadre des programmes d'aide du gouvernement des Etats-Unis.

"Nous allons tenir la promesse du président", a affirmé M. Tommy Thompson, le ministre américain de la santé et des services sociaux.

"Nous allons aider à stopper cette pandémie."

"Aujourd'hui, je suis heureux d'annoncer que nous avons mis au point une procédure plus rapide d'homologation des combinaisons de médicaments antirétroviraux. Nous allons en outre créer les conditions qui permettront à toutes les entreprises de soumettre des produits à l'examen de l'Administration des produits alimentaires et pharmaceutiques (FDA)." (La FDA fait partie du ministère de la santé et des services sociaux.)

M. Thompson a tenu ces propos le 16 mai, lors d'une conférence organisée à Genève la veille de l'ouverture des travaux de l'Assemblée mondiale de la santé (AMS), conférence annuelle des Nations unies qui rassemble des responsables de la santé et des experts du monde entier.

Dans le cadre de ce programme - qui entre en vigueur le 17 mai - la FDA a établi une procédure rapide d'examen des "produits combinés" qui rassemblent diverses molécules contre le VIH/sida dans un seul médicament, ou qui fournissent une combinaison de plusieurs médicaments dans un seul sachet, facilitant pour le patient la prise et le respect de traitements souvent compliqués.

Le commissaire par intérim de la FDA, M. Lester Crawford, croit que cette procédure accélérée permettra à la FDA d'homologuer les nouveaux produits dans des délais de quatre à huit semaines. Il a précisé que ses services étaient en outre prêts à accepter les produits de pays étrangers. "Grâce au ministre Thompson, nous avons le personnel et les fonds adéquats afin de mettre ce programme en oeuvre dans les heures qui viennent."

M. Randall Tobias, le coordonnateur américain de la lutte mondiale contre le sida, a affirmé que son bureau avait toujours été résolu à utiliser les médicaments les meilleurs et les moins chers possible, mais que jusqu'à présent, le problème était que plusieurs spécialités issues de la recherche des pays en développement n'avaient jamais été examinées par une instance régulatrice rigoureuse.

"Grâce à la nouvelle procédure de la FDA, tous les fabricants pourront soumettre, relativement facilement et rapidement, leur produit au même examen minutieux. Si ces produits répondent aux normes appropriées, et nous espérons que ce sera le cas, ils pourront bénéficier d'un financement dans le cadre du plan d'urgence de lutte contre le sida qu'a annoncé le président Bush."

"A l'instar des malades aux Etats-Unis et ailleurs dans les pays industriels, les malades africains ont le droit d'attendre de leurs médicaments qu'ils soient efficaces et inoffensifs", a-t-il dit.

M. Tobias s'est souvenu que de nombreux spécialistes faisaient valoir par le passé qu'il serait impossible de généraliser l'accès aux thérapies antirétrovirales en Afrique car les problèmes qu'une telle stratégie rencontrerait seraient trop compliqués.

"Ils avaient tort et cela se produit dans la réalité aujourd'hui", a-t-il déclaré, ajoutant : "Grâce à la générosité du peuple américain ainsi qu'à celle de nombreux pays donateurs, de donateurs au Fonds mondial, de la Banque mondiale, de sociétés du secteur privé, de fondations privées, entre autres, (...) des millions de malades supplémentaires s'ajouteront à ceux qui bénéficient déjà de traitements qui prolongent leur vie. Il faudra alors fortement accroître la quantité de médicaments disponibles afin de répondre aux besoins."

Les besoins, en matière de médicaments antirétroviraux, pourraient bien être supérieurs à la capacité des laboratoires pharmaceutiques à les produire. "Pour cette raison, et aussi pour permettre aux localités de soutenir cet effort, je pense que la production locale de médicaments, notamment en Afrique, devra s'insérer dans la stratégie à long terme de lutte contre le VIH/sida, et je tiens à encourager ce développement", a expliqué M. Tobias.

Et de souligner : "C'est aussi l'une des raisons pour lesquelles l'annonce faite aujourd'hui est si révolutionnaire. En appuyant l'utilisation, par les populations des pays pauvres, de médicaments produits dans ces pays, j'espère que l'Afrique comprend que ce que les Etats-Unis souhaitent dire c'est qu'il s'agit là d'un besoin en matière de développement et d'une occasion au plan commercial qui devraient être sérieusement considérés."

MM. Thompson et Tobias se sont déclarés encouragés par les nombreuses initiatives que met en oeuvre la communauté internationale afin de faire face au VIH/sida. "Le niveau d'optimisme, le degré de coordination et les ressources disponibles pour lutter contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme n'ont jamais été aussi importants", a fait remarquer M. Thompson.

Si le taux de prévalence du VIH/sida est plus élevé dans certains pays que dans d'autres, a rappelé M. Tobias, il n'en demeure pas moins que "ce problème nous touche tous et chacun doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour y faire face."

(Les articles du «Washington File» sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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