Le Journal de l'Economie (Dakar)
Mb. Thiam
17 Mai 2004
Dakar — Pour améliorer la production agricole, le Sénégal a mis sur pied le Projet de renforcement du contrôle de qualité et de la productivité. Il est financé par l'Espagne pour un montant de 6 milliards de francs CFA.
L'Espagne vient de mettre à la disposition du Sénégal une enveloppe de 6 milliards de francs CFA pour aider le pays à mieux exporter ses produits agricoles. Le Projet de renforcement du contrôle de la qualité et de la productivité, lancé officiellement le 11 mai 2004, vise aussi à contrôler les produits alimentaires à l'entrée pour sécuriser la santé des populations et améliorer la productivité. Le projet veut " doter l'ensemble de nos laboratoires de matériels d'analyse de la plus haute technicité et permettre de dépister tous les revers aux normes de qualité reconnues sur le plan international " selon M. Oumar Top, le directeur de cabinet du ministre de l'agriculture, de l'Elevage et de l'hydraulique. Ce qui permettra de veiller à la qualité des produit agricoles à l'entrée comme à l'exportation.
Il s'agit à travers cette initiative de promouvoir une agriculture moderne, compétitive et durable. L'horticulture joue un rôle de plus en plus important dans l'agriculture et contribue pour une part importante à la constitution du PIB agricole. Avec un taux de croissance de plus de 4 % par an de 1999 à 2000, il demeure le sous -secteur le plus porteur de la croissance économique si on valorise les opportunités pour son développement et si on sait tirer profit des dynamiques de structuration du commerce international.
Mais au préalable, il faut lever certaines contraintes comme les obstacles techniques au commerce (OTC), les mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS) et s'atteler à l'élaboration de règles nationales sur les limites maximales de résidus de pesticide. Le nouveau projet peut participer considérablement à résoudre ces problèmes.
Mais au -delà de l'horticulture, le projet concerne l'agriculture au sens large, qui s'étend des productions animales aux productions halieutiques en passant par les produits végétaux et occupe 70 % de la population active. Mais, elle ne participe pour l'heure que pour une part infime dans le produit intérieur brut. Aussi bien sur le plan da consommation nationale que dans les domaines des exportations des fruits et légumes, il question de renforcer les capacités de contrôle de la qualité des produits agricoles et d'améliorer la productivité.
Les bénéficiaires de ce projet, c'est- à- dire les producteurs, apprécient positivement sa création. C'est le cas M. Ibrahima Mbengue, président de la Fédération des producteurs maraîchers des Niayes. Cependant, pour M. Mbengue, " le projet doit impliquer les producteurs en plus, contrôler à la fois les semences et l'eau qui sont des facteurs essentiels sans lesquels il ne peut y avoir une production agricole de qualité ".
Cette crainte a été dissipée par la coordonnatrice du projet Mme Rokhaya Daba Fall qui souligne que " le projet est transversal et concerne plusieurs ministères et chacun intervient dans son domaine de compétence ".
Pour elle, l'Institut national de pédologie créé récemment de même l'Institut de technologie alimentaire sont des parties prenantes de ce projet. Selon Mme Fall, " ce sera une chaîne qui va du sol en passant par l'eau pour arriver au produit fini ".
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