Sidy Dieng
17 Mai 2004
Une rencontre avec le ministre de l'Education et quelques acquis n'ont pas altéré leur détermination. Et la grève se poursuit toujours chez les élèves ingénieurs agricoles de Thiès. Avec la certitude que la solution ne se trouve plus que chez le chef de l'Etat ou le Premier ministre.
(Correspondance) - Après leur descente à Dakar pour y organiser une marche de protestation, les étudiants de l'Ecole nationale supérieure d'agriculture (Ensa) de Thiès ont décidé de maintenir leur mot d'ordre de grève. Leur volonté est de bouder le chemin des salles de cours tant que leur plate-forme revendicative ne sera pas satisfaite. Articulée à douze points, elle comprend surtout des revendications pédagogiques et sociales.
Les étudiants exigent, entre autres, l'achat de trente ordinateurs et d'un graveur, d'une photocopieuse de grande capacité, la connexion gratuite sur Internet vingt quatre heures sur vingt quatre de façon gratuite, l'équipement de l'infirmerie, le recrutement non contrôlée de professeurs et le renchérissemnt de l'allocation pour la restauration à 2 500 francs. Du côté de la direction, on se désole de ce que les élèves-ingénieurs continuent de brandir cette plate-forme pour justifier leur mouvement d'humeur. Car, si l'on en croît le directeur de l'établissement, le professeur Pape Ibrahima Samb, tous ces points ont été débattus devant le ministre de l'Education qui avait, il y a moins d'une semaine, accepté de résoudre la majeure partie des points cités.
M. Sourang avait promis de les doter de onze ordinateurs, en plus des neufs qui seront destinés à l'administration, et d'une photocopieuse. Quant à la connexion sur internet, le blocage se situerait, de l'avis du directeur, du côté de la Sonatel, puisqu'une demande de ligne spécialisée a été déposée. Toutefois, l'administration a pris sur elle d'assurer aux étudiants la gratuité de leurs communications. A la place des chaises demandées, il a aussi été décidé d'installer des tables-bancs fixes pour éviter le déplacement du mobilier. La bibliothèque et l'infirmerie connaissent déjà un début d'exécution quant à leur équipement.
Les seuls points qui demeurent à ce jour en suspens sont le terrain de basket, la prise en charge du permis de conduite qui est une affaire personnelle et la restauration. Le noeud du problème qui oppose les élèves ingénieurs et l'administration se situerait, de l'avis du directeur, au niveau de ce dernier point. A son avis, la revendication pédagogique n'est qu'un prétexte. «Toutes les normes requises pour leur formation d'ingénieur sont largement réalisées. Le ratio d'un ordinateur pour dix étudiants est unique pour cet établissement et cette situation date d'avant la décision prise par le ministre d'ajouter onze autres ordinateurs». Le noeud du problème se trouverait donc au niveau de la restauration puisque les étudiants avaient, selon M. Samb, proposé à la direction leur propre restaurateur. Lequel a soumissionné dès l'annonce d'appel d'offres et a été retenu parmi d'autres. «Le contrat signé avec le restaurateur, selon les conditions définies dans l'appel d'offres, est de consacrer 1 900 F par étudiant et par jour pour les trois repas. Ils exigent que ce taux soit amené à 2 500 F par élève. Ce qui, de l'avis du directeur, semble déraisonnable compte tenu des 60 millions alloués pour la restauration des cent étudiants que compte l'établissement».
La crise a atteint un point tel que les responsables de l'amicale des étudiants soutiennent ne plus vouloir du directeur comme interlocuteur. Selon Ibrahima Lô, responsable de l'amicale, leur souhait est de rencontrer le président de la République et le Premier ministre pour tenter d'obtenir satisfaction.
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