Farida Belkhiri
18 Mai 2004
La pianiste autrichienne Emma Schmidt et l'Orchestre philharmonique d'Alger ont donné, dimanche dernier au palais de la Culture, deux concerts classiques au lieu d'un seul, tellement le public était nombreux !
Deux représentations plutôt qu'une ! Au lieu d'un seul concert, comme c'était prévu au programme du Festival culturel européen, la pianiste autrichienne Emma Schmidt et l'Orchestre philharmonique d'Alger se sont vus obligés de donner deux représentations pour le même concert, tellement le public était nombreux. Tandis que des spectateurs se disputaient encore des places à l'intérieur de la salle du palais de la Culture (certains ont dû s'asseoir à même le sol, faute de places), d'autres attendaient patiemment leur tour derrière des battants clos tenus soigneusement par les agents de sécurité. «Si vous sortez, vous ne pouvez plus rentrer !», dit l'agent de sécurité à l'un des spectateurs. «Si je vous laisse entrer après, les gens qui attendent dehors croiront que je fais du favoritisme, et ce sera l'émeute !», ajoutera-t-il. Une scène de déjà-vu qui rappelle les conditions dans lesquelles s'est déroulé le concert de Gnawa Diffusion.A l'intérieur de la salle, tout se déroule pour le mieux.
L'Orchestre philharmonique d'Alger, sous la direction d'Amine Kouider, se présente tout d'abord en solo avec comme avant-propos les Noces de Figaro de Mozart. Une pièce musicale satirique que l'orchestre philharmonique affectionne particulièrement et qui continue d'inspirer les plus grands chanteurs d'opéra d'Europe. La pianiste autrichienne Emma Schmidt, qui s'est déjà produite à Alger et à Oran en 2002, fait une entrée très remarquée dans une robe écarlate. Prenant place derrière le grand piano, jonché au milieu de la scène entouré de plus d'une quarantaine de musiciens, Emma Schmidt amorce le Concerto pour piano et orchestre en la majeur de Mozart. Mais avant qu'elle continue, l'orchestre philharmonique lui prépare déjà le terrain dans une combinaison d'instrumentations à corde et à vent. La pianiste autrichienne se lance donc, suivie discrètement par l'orchestre, dans la configuration d'un allegro joyeux et gai.
De l'amour et de la passion aussi sont au menu à travers l'adagio qui racontera ses malheurs et ses amours perdus avant de céder la place à allegro assai pour clore le chapitre de Mozart dans la bonne humeur. Le jumelage musical entre la pianiste et l'orchestre évolue dans un cadre très harmonieux. Chaque note est mesurée dans le ton adéquat, sans débordement aucun. Après l'allegro assai, Emma Schmidt tire sa révérence en laissant l'orchestre philharmonique s'exprimer, en solo, dans l'oeuvre de Beethoven. D'emblée, l'orchestre attaque une pièce violente allegro con brio. Le même air est traduit en plusieurs langues instrumentales. La partition, riche en mouvements, est envahie par des intonations rythmiques, vives. La pièce s'achève aussi brusquement qu'elle a commencé. Le reste du répertoire suit la même cadence, à travers andante con moto, allegro III et pour la clôture allegro IV.Quelques instants après la fin du premier récital, Emma Schmidt et l'Orchestre philharmonique d'Alger se préparent à accueillir «l'autre public» pour une deuxième représentation du même concert.
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