Brice Mbeze
18 Mai 2004
Les premiers exemplaires sont disponibles depuis hier à la Commission.
La salle ressemble à une salle de maternité. Sylvie Ndo, telle une infirmière accoucheuse veille jalousement sur le nouveau-né. Cette collaboratrice du président de la Commission de délivrance de la carte de presse joue en même temps le rôle de mère. "Il a poussé le premier cri à 9h ce matin", déclare-t-elle, un sourire figé aux lèvres comme pour dire que les premières copies sont disponibles depuis hier matin. Le nouveau-né est posé lui-même sur la table qui a le visage d'une couveuse. La literie est constituée essentiellement de la paperasse ornant le décor. Le visiteur peut alors le contempler. Première caractéristique: il est beau. Deuxième signe: il a une forme rectangulaire. Troisième point : la carte de presse ressemble à la carte nationale d'identité informatisée. La têtière "Carte de presse" est écrite en français et en anglais. Les couleurs nationales, le vert, le rouge et le jaune, brillent en bas. L'affiliation (nom, prénom, fonction) du propriétaire suit. Sa signature est apposée au bas du document.
Tels sont, entre autres, les éléments constitutifs du recto. Au verso maintenant sont mentionnés le mode d'emploi., et la date de péremption. Mai 2006 peut-on lire. La nouvelle carte a un délai de validité de deux ans. Dans la salle voisine, toute la famille est réunie autour de son chef. Alain Blaise Batongue, le secrétaire permanent jubile. Richard Ekoka Sam Ewandé, le maître des lieux reçoit les visiteurs. Il s'apprête même déjà à aller faire la déclaration. Avant de battre le tam-tam dans une radio de la place, histoire d'annoncer la nouvelle aux amis et connaissances, il donne quelques informations. "Nous avons délivré 200 cartes sur une demande de 260. La commission a siégé le 30 avril et le 12 mai. Après le 20 mai, elle va encore se réunir à la seule condition que le nombre des dossiers soit significatif." Il apporte des assurances sur la sécurisation de la nouvelle carte. "Toutes les mesures ont été prises pour éviter les fraudes".
Tous ceux qui seraient tentés par la contrefaçon n'ont donc qu'à bien se tenir. La principale précision de l'échange est structurée autour de la légitimité du statut du journaliste. Après le briefing, on retourne à la maternité pour contempler de nouveau le bébé. Sa maman lui a déjà fait porter les habits. Il est plastifié. On sort de la maternité avec une seule envie: celle d'aller déposer rapidement son dossier. Pour ce qui concerne les nouvelles : le bébé et la maman se portent bien.
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