La Presse (Tunis)

Tunisie: Télécommunications : promouvoir le partenariat entre les opérateurs des deux rives

I.haouari

18 Mai 2004


Le parc des technologies de la communication El Ghazala a abrité, hier, les deuxièmes rencontres méditerranéennes d'affaires sur les technologies de l'information et de la communication et multimédia placées cette année sous le thème les «e-3M Tunisie 2004».

29 entreprises et organismes français et méditerranéens ont pris part à cette manifestation organisée sous l'égide du ministère des Technologies de la communication et du Transport au profit des organismes spécialisés dans les Ntic, afin de rapprocher les start-up du Nord et du Sud dans le cadre de la stratégie de mise en réseau des pôles méditerranéens de production de contenu lancée depuis trois ans à Marseille. Ces rencontres ont ainsi servi de toile de fond pour présenter les nouveaux usages en matière de technologies de l'information, mettre en relation l'offre et la demande, favoriser la création de partenariats et valoriser le savoir-faire des entreprises et opérateurs présents. Les interventions se sont articulées au cours de cette première journée autour du développement numérique en Afrique, de la fracture numérique et de la contribution des Ntic au développement durable.

S'exprimant sur les profondes mutations économiques, sociales et culturelles qui ont été générées par l'introduction des Ntic, M. Ahmed Mahjoub, président-directeur général de Tunisie Télécom, a souligné à ce propos que cet impact était essentiellement tributaire de l'ampleur de la diffusion des nouvelles technologies dans les différents secteurs économiques du pays. «L'introduction de la technologie numérique de la téléphonie mobile et de l'internet a révolutionné le paysage numérique, a affirmé l'opérateur tunisien de la téléphonie fixe et mobile. Aujourd'hui, un milliard de personnes à travers le monde possèdent un téléphone portable. En outre, Internet a favorisé l'émergence d'un nouveau modèle économique. De plus en plus de personnes investissent dans les nouvelles technologies de l'information».

En effet, selon les études réalisées, les investissements dans les TIC varieraient pour les pays de l'Ocde dans une fourchette comprise entre 12 et 28% et représentent entre 4 et 17% de la valeur ajoutée des entreprises. Citant l'exemple de la Tunisie, M. Mahjoub a, par ailleurs, affirmé que les nouvelles technologies représentent 3,2% de la valeur ajoutée des entreprises, en précisant à ce propos que ce chiffre sera revu à la hausse et passera à 7% au cours du Xe Plan. L'opérateur a, par ailleurs, précisé que 40% des PME et des PMI sont connectées à l'internet et que presque autant de sociétés ont mis en place des systèmes d'information informatisées, signalant que l'utilisation des TIC aide, en effet, les entreprises à élargir leur gamme de produits, à personnaliser les services qu'elles offrent afin de mieux répondre aux demandes de leurs clients et d'être, par conséquent, plus compétitives.

S'inspirant, en outre, de l'expérience de l'Australie qui a généralisé l'utilisation de l'intranet afin d'améliorer les conditions de travail et la gestion des ressources financières et humaines au sein des entreprises australiennes, M. Mahjoub a précisé à ce propos que «la réforme structurelle est essentielle pour bien réussir à tirer parti des TIC», et que Tunisie Télécom procède actuellement à l'élaboration d'un document définissant les procédures financières et commerciales de l'institution qui servira de base à la mise en place d'un système informatisé afin d'améliorer les prestations clientèle.

Poursuivant sur sa lancée, le P.-d.g. de Tunisie Télécom, qui a rappelé les mesures prises par le Président au cours des quatre dernières années pour favoriser le développement et l'utilisation des nouvelles technologies de l'information et de la communication dans les secteurs clés du pays - réductions tarifaires et subventions à hauteur de 50% pour les frais de mise en oeuvre des sites web - a annoncé, en outre, les objectifs qui ont été fixés pour le long terme. L'opérateur public projette notamment d'étendre son réseau mobile à quatre millions d'abonnés - le parc de Tunisie Télécom compte actuellement trois millions d'abonnés -, de moderniser sa gestion financière et commerciale par l'introduction de l'intranet, de consolider ses réseaux et d'investir davantage dans la technologie IP. «Nous avons déjà lancé un appel d'offres pour l'introduction de la technologie IP dans notre institution, souligne M. Mahjoub. Nous avons également d'autres attentes comme celle d'étendre notre réseau de fibres optiques qui est actuellement de 3.000 km. Il est question d'ici 2006 de développer ce réseau qui doit atteindre 10.000 km, de développer également le service ADSL et la mobilité haut débit. Actuellement, nous sommes en train de mettre en place de nouveaux services. Il s'agit de mettre en place un système de signalisation des dérangements par SMS et de développer à partir du 1er juin pour le réseau de téléphonie mobile un service SMS international».

La contribution des TIC dans le développement de la société de l'information est le second thème sur lequel est intervenu M. Antoine Veran, directeur de Monaco Télécom, opérateur de téléphonie mobile situé à Monaco. L'opérateur français, dont 45% du capital est détenu par l'Etat monégasque, a mis l'accent sur l'importance des rencontres qui permettent de mettre en exergue le savoir-faire des entreprises locales et de favoriser les échanges et le développement de partenariat entre les opérateurs spécialisés des deux rives de la Méditerranée. L'opérateur a, par ailleurs, précisé que Monaco Télécom avait implanté une antenne en Tunisie qui «exploite les atouts du satellite pour proposer des services dans les zones dépourvues de structures haut débit». Ce dernier a signalé, toutefois, que leur entreprise proposait des solutions qui s'adaptent à celles développées par les systèmes existants, ajoutant «que des efforts sont fournis pour développer les activités de Monaco Télécom dans le Maghreb».

Comment les TIC peuvent contribuer à réduire les fractures entre les différentes franges de la société ? Comment la communauté internationale peut-elle mettre en place des mécanismes appropriés pour exploiter les potentialités des TIC afin d'assurer à long terme un développement durable qui toucherait toutes les composantes des activités humaines ? Enfin, comment concevoir des TIC adaptées à toutes les catégories sociales ? «Le plan d'action issu de la société de l'information qui s'est tenu à Genève a défini dix cibles de référence pour mettre en place des TIC au service du développement durable, répond Mouldi Miled, qui a présenté un exposé sur le thème de la société de l'information, de Genève à Tunis. Il est question notamment de définir les acteurs au niveau des nations qui auront pour mission de mettre en place des mécanismes et d'élaborer des cyberstratégies qui permettront de promouvoir une utilisation efficiente des TIC dans leur pays».

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