Marie-Annick SavripÈne
18 Mai 2004
Port Louis — Des bénévoles pour accompagner des personnes malades dans leurs derniers jours. C'est ce que recherche l'Association des soins palliatifs de l'île Maurice (ASPIM) dans le but d'étendre son service.
L'expression "soins palliatifs" est encore méconnue à Maurice. Il s'agit de soins actifs dans une approche globale de la personne en phase évoluée ou terminale d'une maladie potentiellement mortelle. Dans un tel cas, la prise en compte et le soulagement des douleurs physiques, ainsi que la souffrance psychologique, devient primordiale.
Les soins palliatifs impliquent un accompagnement par une équipe de soignants qui comprennent aussi des bénévoles. Ils sont là pour écouter le malade tout en respectant sa liberté de pensée afin de rendre sa douleur plus humaine et plus supportable.
"Il y a des choses que le malade ne peut exprimer à ses proches déjà attristés et désemparés par son état. Il lui faut une personne neutre, formée à l'écoute et qui saura l'accompagner durant ses dernières heures pour qu'elle meure dans la dignité", explique Marie-Claire Lagesse, une des chevilles ouvrières de l'ASPIM.
Cette association naît en 1998 à la suite d'une rencontre entre Marie-Claire Lagesse et Sonia Desvaux. La première, fascinée par un écrit sur les soins palliatifs, se rend en France pour une formation intensive en écoute active auprès de l'Association des soins palliatifs (ASP) de France. La seconde s'intéresse au sujet après avoir accompagné un proche dans ses derniers moments. Elle suit la même formation que Marie-Claire Lagesse.
Cause commune
Ayant le même objectif, elles décident de faire cause commune afin de fonder l'ASPIM. Elles sont rejointes par Catherine Mayer et d'autres membres. Les trois font venir une responsable de formation de l'ASP de France, ainsi qu'un appel aux bénévoles. Bon nombre de personnes, dont des femmes en majorité, répondent et bénéficient d'une formation à l'écoute.
A ce jour, l'ASPIM en compte 25 qui se dévouent chaque jour dans trois cliniques des Plaines-Wilhems et des maisons de retraite. Cet accompagnement se fait aussi à domicile sur demande. L'ASPIM souhaite actuellement avoir de nouveaux volontaires afin de toucher le plus grand nombre de malades,. "Si nous voulons couvrir l'île, nous devons avoir un plus grand nombre de bénévoles venant de toutes les régions de l'île", déclare Sonia Desvaux.
Une session de sensibilisation sur les soins palliatifs a lieu ce samedi 22 mai à 9 heures au Bureau de l'éducation catholique (BEC) à Rose-Hill. Elle sera animée par Suzanne Choffel, responsable des bénévoles en soins palliatifs à l'hôpital de Villejuif à Paris et présidente de l'Association du soutien au deuil. "Il n'est pas nécessaire d'être dans le monde médical ou paramédical, ni d'avoir de grands diplômes et encore moins le Certificate of Primary Education pour devenir bénévole. Le tout est d'avoir du coeur et la formation fera le reste", affirme Marie-Claire Lagesse.
Depuis quelque temps, le ministère de la Sécurité sociale s'intéresse de près aux soins palliatifs. Des rencontres régulières avec les membres de l'ASPIM pourraient peut-être déboucher sur la création d'unités palliatives dans les hôpitaux comme c'est le cas à l'étranger. Des unités composées d'un médecin, du personnel infirmier, d'un psychologue et des bénévoles formés en accompagnement en fin de vie.
"Ce serait l'idéal mais pour l'instant, nous n'en sommes pas encore là", ajoute Marie-Claire Lagesse qui convie toute personne intéressée à venir les rejoindre au BEC samedi.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2004 L'Express. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.