Sud Quotidien (Dakar)

Sénégal: Immatriculation informatisée des pirogues : l'Etat cherche des partenaires pour financer l'opération

Moussa Diop

21 Mai 2004


Un gel du parc piroguier pourrait être décrété pour une meilleure gestion des ressources halieutiques, eu égard à la pression actuellement exercée sur la biomasse.

Cette hypothèse n'est pas à exclure au terme de la généralisation de l'immatriculation informatisée des pirogues souhaitée par les acteurs du secteurs. Reste que si les conclusions de l'expérience menée par le bureau Port-System-Dakar sont pertinentes, pas moins de 650 millions Fcfa sont nécessaires pour la généralisation du système.

Les responsables de la Fédération nationale des groupements d'intérêt économique de pêche (Fénagie-Pêche) ont souhaité qu'une campagne de communication et d'information sur le processus d'immatriculation informatisée de la flotte de la pêche artisanale soit organisée afin de mieux sensibiliser les pêcheurs sur les avantages de ce système. Un délai de dix-huit mois est sollicité pour passer à la phase de généralisation de l'immatriculation informatisée de l'ensemble de la flotte artisanale estimée entre huit et dix mille pirogues. Après l'expérience pilote menée le bureau d'études Port-System-Dakar et qui a permis de procéder à l'immatriculation de la flotte dans certaines localités comme Dakar, c'est l'ensemble de la flotte nationale qui est désormais ciblé. Une proposition de Manuel de procédures d'immatriculation a été faite par le bureau d'études qui ne devrait cependant plus être seul à mener l'expérience. Les pêcheurs ont également invité l'État à rechercher les partenaires nécessaires pour le financement de l'opération qui est estimée à quelque 650 millions Fcfa.

Selon des estimations, quelque 95 % des pirogues sont déjà immatriculées à Dakar, alors que dans d'autres ports de pêche du pays, le système doit partir à zéro. S'y ajoute que certaines pirogues ont fait l'objet d'une double immatriculation, d'où des errements notés et qui seront désormais corrigés grâce à l'utilisation de l'informatique. Au-delà du décompte du nombre de pirogues qui empruntent quotidiennement la mer au Sénégal, l'enjeu reste le contrôle et l'estimation des prises ainsi que le ravitaillement en carburant des embarcations qui bénéficient d'une détaxe de la part de l'État. L'introduction des technologies de l'information et de la communication dans l'univers de la pêche permet par ailleurs une meilleure gestion des données de captures dans le dessein d'avoir une plus grande lisibilité de l'effort de pêche. Si dans les rangs de la Fénagie-Pêche, l'on semble conscient de la pression exercée sur les ressources halieutiques, l'intention inavouée reste pour l'État un meilleur contrôle de l'accès à la mer. D'ailleurs certains n'hésitent pas à parler d'un probable gel du parc piroguier. En tout cas, l'ambassadeur de Suisse au Sénégal a appelé les acteurs à prendre conscience des dangers qui guettent la mer. " Des mesures énergiques visant à préserver les ressources halieutiques s'imposent le plus rapidement possible. Comme toute ressource naturelle, la biomasse doit être gérée avec discernement et avec le souci de garantir sa pérennité. Or la situation actuelle ( ) fait peser un danger sur cette pérennité ", a estimé M. Hürzeler.

Les responsables de la Fénagie-Pêche ont exprimé le souhait de voir les pêcheurs suffisamment sensibilisés pour la généralisation du système, au terme de la journée de restitution des résultats de la phase expérimentale de l'immatriculation informatisée des pirogues, menée par le bureau d'étude Port-System-Dakar, dans le cadre du projet pilote " Protection et gestion des ressources halieutiques au Sénégal. Les conclusions tirées de l'expérimentation ont en effet été présentées aux acteurs de la pêche artisanale en présence de Djibo Leyti Ka, ministre de l'Économie maritime et des Transports maritimes extérieurs, mercredi dernier 19 mai. Des conclusions jugées pertinentes par le ministre de l'Économie maritime et des Transports maritimes extérieurs, Djibo Leyti Ka qui entend valoriser l'expérience pour la protection des ressources halieutiques du Sénégal et au besoin apporter les correctifs nécessaires. " Des actions ont été menées, mais nous devons admettre que les registres d'immatriculation disponibles actuellement ne donnent pas une bonne vision de la situation, soit parce qu'un grand nombre de pirogues ne sont pas immatriculées, soit parce que certaines pirogues sont immatriculées plusieurs fois ( ) en raison de la migration des pêcheurs ", a souligné Djibo Ka.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2004 Sud Quotidien. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Sénégal

Rubriques