Le Journal de l'Economie (Dakar)

Sénégal: Revue de programme Banque mondiale - Sénégal : les taux de décaissements s'améliorent

Mbaye Thiam

7 Juin 2004


Dakar — Le Sénégal et la Banque mondiale ont procédé à la revue de leur programme de coopération la semaine dernière. Tous les secteurs de coopération ont connu des progrès exceptés ceux du transport et de la santé. De même, les taux de décaissement ont évolué positivement en passant de 12,7 % en juin 2003 à 20,4 % actuellement.

Le taux de décaissement du portefeuille de la Banque mondiale s'est amélioré pour cette année. Selon le ministre de l'Economie et des finances M. Abdoulaye Diop ce " taux est passé de 12,7 % en 2003 à 20,4 %, dépassant légèrement la moyenne africaine qui est de 20 % ". Le ministre de l'économie l'a déclaré au cours de la revue de programme de coopération de la Banque mondiale avec l'Etat du Sénégal qui s'est déroulé du 1er au 2 juin 2004. John Mc Intire directeur des opérations de la Banque mondiale au Sénégal, en Gambie et en Guinée Bissau abonde dans le même sens en constatant que " la santé du portefeuille s'est améliorée depuis 12 mois ". Actuellement, le portefeuille du volume d'engagement de la Banque au Sénégal porte sur plus de 800 millions de dollars. Le Sénégal figure aussi sur l'agenda de la Banque mondiale parmi les pays prioritaires en Afrique au Sud du Sahara. L'intervention de la Banque au Sénégal touche de nombreux secteurs : la lutte contre pauvreté, l'éducation, la santé, la promotion du secteur privé, le développement rural, les transports, l'énergie , l'hydraulique , le développement des collectivités locales, l'environnement etc.

Dans ses secteurs d'intervention, des améliorations ont été notées.

Cependant ceux de la santé et du transport restent les mauvais élèves du groupe. Mais selon M. Abdoulaye Diop, " la nouvelle ministre de la santé va prendre à bras le corps les problèmes de décaissement des projets concernant son département".

Actuellement, le Programme de développement intégré de la santé (PDIS) dont le budget est fixé à 50 millions de dollars, connaît des insuffisances de disponibilités financières de même que des retards dans le lancement des appels d'offre.

Pour lever ces contraintes, les responsables envisagent de prendre un ensemble de mesures. Il s'agit d'abord d'accélérer l'exécution des activités inscrites dans les plans et d'accroître les performance de la direction de l'administration générale et de l'équipement ( Dage). En outre, il faut aussi renforcer la performance de la prestation des services surtout concernant la nouvelle politique curative pour le paludisme et enfin améliorer la gestion du secteur en révisant certains décrets. Les résultats attendus sont des accouchements assistés et l'amélioration notable de certains indicateurs comme le renforcement de la couverture sanitaire, l'amélioration de la chaîne de froid, l'acquisition d'ambulances etc.Pour le sida l'objectif fixé est de ne dépasser le taux de prévalence de 3 %. Des plans sectoriels par régions seront aussi mis sur pied selon le Dr Ibra Ndoye, responsable du programme. Pour le programme de lutte contre le sida, le taux de décaissement est 17 %

Dans le domaine du transport, les performances de mise en ouvre restent largement insuffisantes. Les points qui méritent une attention sont le renforcement du Cétud et le lancement des programmes d'investissement en matières d'infrastructures routières. Ce renforcement passe par le recrutement d'une assistance technique externe qui permettra d'avoir un impact réel sur les objectifs de développement.

Les responsables ont déclaré qu'un ensemble de travaux vont débuter dans la région de Dakar très prochainement pour la mise en place d'infrastructures pouvant fluidifier la circulation routière dans la capitale. Les appels d'offres seront lancés bientôt pour les travaux routiers pour un montant de 19 millions de dollars. Les problèmes de circulation pèsent lourdement sur l'économie. Depuis quelques années, l'économie sénégalaise perd par an une somme estimée à 110 milliards à cause des problèmes liés au transport.

La nouvelle politique de la Banque mondiale introduit plus de souplesse dans le financement des dépenses nécessaires à la réalisation des objectifs de développement des opérations. Cette politique repose sur trois principes directeurs. Il faut que les dépenses soient productives, que l'incidence des opérations financées sur la viabilité budgétaire du pays soit acceptable et que des dispositions acceptables de supervision soient en place notamment des dispositions de supervision fiduciaire.

Pour cette année, l'accent est mis sur la passation des marchés. De nombreuses faiblesses ont été identifiées. Il s'agit des plans de passation des marchés qui ne sont pas régulièrement actualisés, le manque de suivi et de mise à jour, les retards dans la procédure de passation, la multiplicité des signataires souvent absents etc.

Des efforts sont faits pour corriger ses faiblesses. Ces actions consistent d'abord à actualiser le plan de passation des marchés sur une base au moins trimestrielle. Ensuite, il faut remplir mensuellement la fiche d'avancement des activités de passation des marchés et recourir aux consultants si le besoin se fait sentir. Sans oublier de simplifier le circuit de signature et visa des marchés en accompagnant le dossier d'une fiche de circulation lors des signatures et visas. Il est également prévu la formation de spécialistes de passation de marché pour combler certaines lacunes car selon M. Daouda Diop, directeur de la coopération économique et financière au ministère de l'économie et des finance " la passation des marché est une préoccupation centrale et pour cela il faut la prendre à bras le corps pour éviter le moins de non objection ".

Parallèlement au thème la passation des marchés, les réflexions ont aussi porté sur les performances fiduciaires de décaissement et de gestion financière. Pour ce point précis, un ensemble de faiblesses sont identifiées. Elles pour noms : mauvais classement des dossiers et absences de certaines pièces comptables, absence de lien entre le classement de la comptabilité et celui de la passation des marchés, fournisseurs non informés des modalités de réglement, mélange de fonds de contrepartie lorsque plusieurs projets sont gérés par la structure etc. Pour éradiquer ces faiblesses, les actions préconisées de veiller à l'exhaustivité des pièces en mettant en place un classement dynamique et accessible puis cordonner le classement entre le service comptable et le spécialiste de la passation des marchés. En outre, il faut informer le fournisseur des modalités de paiements dans la lettre d'invitation.

Pour ce qui est du mélange des fonds, respecter strictement la gestion séparés des fonds selon les sources de financement.

En somme, les principales recommandations tournent autour de l'amélioration du portefeuille en changeant la façon de faire, la mise en place de suivi-évaluation pour les différents projets et une amélioration de la passation des marchés.

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