Le Journal de l'Economie (Dakar)
Pape Djiby Ba
21 Juin 2004
Dakar — L'assurance voyage est désormais obligatoire pour les voyageurs en direction de l'Europe. Les compagnies ont commencé leurs offres qui varient.
C'est effectif depuis le 1er juin 2004. Tout solliciteur d'un visa de courte durée dans un des pays européens concernés par l'accord de l'espace Schengen devra se munir obligatoirement d'une assurance voyage.
Déjà en vigueur dans de nombreux pays étrangers, la mesure prend aujourd'hui de la dimension et se voit élargie aux frontières du Sénégal et du Mali. Il s'agit de couvrir les frais médicaux et hospitaliers occasionnés au voyageur par une maladie, un accident ou simplement les frais de rapatriement de la dépouille en cas de décès. L'opération, selon la présidence du Conseil de l'UE, nécessite un capital garanti d'au moins 30.000 euros et doit être souscrite ici même au Sénégal. Avec des dérogations cependant pour les personnes invitées qui peuvent être prises en charge par l'hébergeant.
Dans tous les cas cependant, l'assurance voyage doit être valable sur l'ensemble du territoire des Etats qui appliquent la convention de Schengen, durant tout le séjour. Il sera extrêmement difficile de tricher sur le chapitre puisque la preuve de l'assurance-voyage sera demandée au moment de la délivrance du visa et exigée à tous. Sans exception.
Depuis quelques jours, les candidats au voyage squattent les compagnies et interpellent leurs courtiers pour s'enquérir du prix exact de la prime à payer, non sans cesser de se plaindre des nouvelles exigences de l'UE qui seraient toutes destinées à freiner l'émigration. La même fièvre est observée aux guichets des compagnies d'assurances de la place qui, prises au dépourvu par l'initiative essaient de retrouver leurs esprits et de s'organiser pour faire face.
Et si certaines d'entre elles (assez rares du reste) sont quand même en mesure de répondre à la nouvelle exigence par le biais de leurs dirigeants qui ont reçu une notification depuis l'Europe et grâce à leurs partenaires, d'autres déplorent au contraire de n'avoir été informé que par voie de presse. Une contrainte à gérer donc avec le maximum de célérité même si dans tous les cas, le temps est nécessaire pour étudier les dossiers et se tenir prêt à faire face aux assurés potentiels avec des offres de prime qui tiennent compte des capacités financières.
En réalité, l'assurance-voyage n'est pas un produit nouveau sur le marché. Avant son exigence par les autorités européennes, beaucoup de nos compatriotes la souscrivaient de leur propre gré. La fourchette des primes variait alors de 7.000 francs à 17.000 francs pour des couvertures qui requièrent un capital garanti de 0,5 à 2 millions de francs. Les principales différences s'expliquant par des variations dépendant des compagnies et de leur taille, d'une part, et de l'autre par les conditions de souscription. Les choses n'ont pas beaucoup bougé.
Ce que la disposition européenne introduit donc de nouveau c'est le caractère obligatoire de la police vers tous les voyages " Schengen " les soins médicaux et d'urgence enfin l'importance accrue du montant minimal de la couverture.
Ainsi, si certains grandes compagnies, pour un séjour allant d'un jour à trois semaines, voire un mois vendent la prime à 32.000 francs CFA, d'autres la proposent entre 20.000 francs et 22.000 francs. Tout en refusant de profiter de la situation, certaines compagnies comme Axa, Alliance, Cnart, estiment toutefois que la prime gravitant autour de 30.000 francs CFA par personne est tout à fait raisonnable, du moment que pour l'acquisition d'un visa Schengen, le client, quel qu'il soit, est toujours prêt à payer le prix fort. Cependant que d'autres comme la Sonam, sont toujours en train d'étudier la nouvelle en gelant l'offre.
Les clients dans cette affaire ? Ce qui les énerve le plus dans la nouvelle disposition Schengen, c'est qu'après avoir fourni des documents administratifs au prix de mille efforts, il faille aujourd'hui multiplier plusieurs fois le montant minimal de la couverture exigée.
Cette disposition en outre, n'est pas bien comprise de tous les candidats au voyage, car bon nombre d'entre eux, se référant aux réclames des compagnies d'assurances parues dans la presse ces dernières semaines, croient ferme qu'ils doivent verser autour de 20 millions de francs pour obtenir le sésame, alors que cette somme ne constitue que le montant que l'assureur qui accepterait de couvrir un voyageur, se verrait obligé de débourser en cas d'accident ou de malheur dans l'espace Schengen.
Enfin, il est à signaler que les séjours longue durée ne sont pas visés par les nouvelles dispositions. Aucun mystère là-dedans, cependant, puisqu'elles ne concernent que des travailleurs ou des étudiants en règle qui sont automatiquement assurés.
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