Fraternité Matin (Abidjan)
Paulin N. Zobo
28 Juin 2004
Abidjan — Les partis politiques, très préoccupés par l'opération, appellent leurs militants à se faire identifier et à prendre une part active aux processus de recensement. Quant au FPI, il demande en plus, une aide de l'État.
Mme Diabaté recommande l'adhésion des femmes républicaines
Une femme républicaine égale à une carte d'identité ", " Femmes de Côte d'Ivoire en avant pour l'identification, gage certain de la victoire du RDR aux élections de 2005 ", "Femmes républicaines, identifions-nous pour la victoire du Docteur Alassane Dramane Ouattara en l'an 2005 ". Ces différents slogans placardés à l'intérieur de la salle François Lougah-Ernesto Djédjé du Palais de la Culture de Treichville, à l'occasion du lancement officiel de l'opération d'identification des femmes du RDR le samedi 26 juin, sont l'expression avérée de l'importance capitale que les instances dirigeantes de l'Union des Femmes pour le Rassemblement des Républicains accordent au processus d'identification. Et ce, par la sensibilisation pour une brillante victoire aux élections d'octobre 2005.
Occasion toute indiquée pour Mme Candia Camara, présidente nationale de l'UFRDR, de s'interroger sur l'opportunité d'une telle opération maintenant, alors que le processus d'identification a été lancé depuis l'an 2002.
Selon elle, la réticence observée à l'enrôlement des militantes du RDR est due au manque d'objectivité et de transparence que revêtait une telle opération, dont on a, a-t-elle poursuivi, une bonne lisibilité désormais avec la création de la Commission nationale de supervision de l'identification. Elle allie trois enjeux majeurs à cette manifestation. Politiquement, le RDR jouit d'une majorité incontestée en Côte d'Ivoire, et les femmes le démontreront en octobre 2005, en apportant leur suffrage à Alassane Dramane Ouattara. Au plan social, a-t-elle indiqué, l'enrôlement freine un tant soit peu les abus sociaux, allant des contrôles intempestifs aux délits de patronymes
Economiquement, l'identification nous apporte quelques profits substantiels à travers les fonds sociaux, pour améliorer notre cadre de vie. Saisissant cette heureuse occasion, Mme Henriette D. Diabaté, secrétaire générale du RDR, s'est félicitée de la dynamique unitaire qui se dessine dans la classe politique ivoirienne, en faisant allusion au G7. L'identification, a-t-elle révélé, est le fondement de l'existence d'une nation moderne ; car justifiera-t-elle, la formation politique des citoyens permet la réalisation des programmes de développement et met fin aux crises de toute nature.
Ensuite, elle ajoutera qu'une bonne politique d'identification accorde la libre option à tout individu de voter le candidat de son choix.
La détention d'une carte d'identité étant un droit inaliénable pour tout citoyen, Mme Henriette Diabaté a recommandé aux femmes républicaines d'adhérer massivement au processus d'identification.
Auparavant, M. Guédé Guina, maire de Daloa, Mme Affou Diaby, présidente de la jeunesse féminine du RDR et M. Coulibaly Sangafoya, président du suivi de la politique de la Commission nationale de supervision de l'identification pour le compte du RDR ont tour à tour souligné le rôle éminemment important de l'identification dans la vie d'un parti politique comme le RDR. Si pour le Pr Guédé Guina, la carte d'identité est d'abord notre identité, indispensable en tout lieu, et nous permet d'exprimer notre droit universel au vote, l'optimisme inébranlable affiché par M. Coulibaly Sangafoya quant à la victoire du RDR aux élections d'octobre 2005 est fondé, selon lui, par la création de la Commission nationale de supervision de l'identification qui travaillera désormais en toute objectivité et dans la transparence. M. Tozau, représentant le maire de la commune de Treichville, a rendu un vibrant hommage aux femmes du RDR en affirmant qu'à travers cette manifestation, elles écrivent une nouvelle page de l'histoire de notre pays. Avant d'ajouter que l'identification est un acte civique et elle s'inscrit dans le programme des Nations unies pour la population.
Quelques prestations d'artistes musiciens ont mis du baume au coeur des militantes venues nombreuses des autres communes du district d'Abidjan, suivies d'une opération simulée d'enrôlement pour laquelle l'assistance a marqué un grand intérêt.
I.Z
Le FPI pour une implication de l'Etat dans le financement de l'opération
Le comité central extraordinaire du Front populaire ivoirien (FPI) s'est réuni samedi, à l'hôtel ivoire, pour s'informer de "l'identification des personnes" en Côte d'Ivoire. A cet effet, un expert de l'Office national d'identification (ONI), M. Bédi Holi, directeur des opérations et des représentants du parti au sein de la Commission nationale de supervision de l'identification (CNSI), Mme Appia Sophie et le député Kata Kéké, ont fait des communications sur le déroulement du processus et le séminaire de Grand-Bassam. L'identification, faut-il le rappeler, est exécutée sur le terrain depuis juin 2002 par la Société ivoirienne de télécommunication (SITEL) et dont les travaux connaissent des difficultés du fait de la guerre. Les participants étaient les maires et leurs premiers adjoints, les élus des fédérations, les membres des structures spécialisées, les conseillers économiques et sociaux et les députés
Au terme des échanges, des recommandations ont été faites aussi bien à l'endroit du Président de la République que des militants. Ainsi, il a été demandé au Chef de l'Etat, entre autres, de renforcer les moyens institutionnels et financiers de l'opération d'identification via l'ONI, de faire face à la question de l'incapacité financière du concessionnaire, la SITEL. Par ailleurs, il devra résoudre la question du certificat de nationalité ivoirienne, (un des documents exigés) qui n'est pas un document fiable car n'étant qu'une présomption de nationalité. Enfin, le Président de la République est sollicité afin de favoriser l'accès de certaines catégories de populations notamment celles vivant dans les zones assiégées et les démunies à l'opération.
S'agissant des militants du FPI, il leur a été demandé de s'impliquer dans la sensibilisation à l'opération et dans son contrôle, de soutenir financièrement les camarades démunis, susciter une entrée massive de militants dans les différentes structures ou comités de suivi tant au niveau départemental, Sous-préfectoral que communal. Enfin, un rapport est envisagé à la fin de l'opération.
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