Val A.
29 Juin 2004
analyse
Le calendrier de la session ordinaire de l'Assemblée nationale indique que demain mercredi 30 juin à 9h, le Premier ministre, Jacques Sylla, présentera son rapport d'activités annuel devant les députés. Effectivement, l'article 92 de la Constitution stipule que « à la première session ordinaire, le Gouvernement présente à l'Assemblée nationale un rapport annuel d'exécution de son programme. La présentation sera suivie d'un débat ».
Le même calendrier prévoit qu'après le Premier ministre, le vice-Premier ministre, Zaza Ramandimbiarison, fera face aux élus ce jeudi, en deux séances, le matin et l'après-midi. Puis, chacun des ministres défilera à partir du mardi 6 juillet, le ministre de l'Economie, des Finances, et du Budget en tête de peloton.
Par étape
S'il fallait s'en tenir aux termes exacts de la Constitution, il s'agirait ainsi pour le gouvernement de présenter « un rapport annuel d'exécution de son programme ». Ce qui signifie l'état général de la réalisation de ce programme annoncé il y a un an. S'il fallait également s'en tenir aux explications fournies par le même gouvernement à la fin de l'année dernière, au moment du vote de la Loi de Finances 2004, cette loi de finances a assigné aux différents ministres une exécution par étape de leur programme interne respectif. C'est-à-dire, ils seront jugés à partir de leur performance compte tenu du délai établi à la lumière de ce budget-programme. En une année, beaucoup d'événements ont quelque peu secoué l'Exécutif, notamment le passage de deux cyclones ravageurs, la dépréciation de la monnaie nationale, le déséquilibre technique provoqué à tort ou à raison par les mesures de détaxation, l'inflation galopante, ainsi que les manoeuvres de déstabilisation opérées par une opposition prenant de plus en plus des allures de guérilla.
Nouveaux entrants
Le Gouvernement sera jugé sur tout ce qui s'est produit. Bien que certains faits ne puissent lui être imputables. Les pressions sur un éventuel remaniement devenant de plus en plus fortes, l'on présume que ce rapport général à l'Assemblée nationale constituerait un dernier test avant qu'un changement ne s'opère au niveau du gouvernement. Chaque mois, en effet, ces pressions se font entendre sans que personne ne puisse garantir une position sans équivoque du président de la République sur la question. Dans les coulisses du pouvoir, si l'on reste prudent sur les éventuels noms des nouveaux entrants, l'on chuchote, par contre, les patronymes de ceux qui seraient appelés à quitter l'équipe. Ou ceux qui seraient mutés à un autre département.
En minorité
Pour le moment, une séance (mensuelle) de questions-réponses entre les membres du gouvernement et les députés se tiendra ce jour au palais de Tsimbazaza. Un avant-goût de ce qui va se passer dans les jours qui viennent. Faut-il rappeler que le gouvernement actuel, comme le Premier ministre l'a fait remarquer, est constitué par des pro-régime et des personnalités et responsables travaillant avec l'ancien pouvoir ? Pire pour certains, le parti majoritaire, Tim, s'y trouve en minorité. Les uns diraient que cette situation a provoqué un déséquilibre des responsabilités, les autres soutiendraient qu'il fallait responsabiliser les tenants du régime et éviter une forme de réconciliation bâtarde. En tout cas, parmi les motivations des actuels ministres se trouve la formation qu'ils viennent de suivre au Canada. Au moins, ils peuvent espérer rester plus longtemps pour pouvoir appliquer la leçon.
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