Fara Diaw
2 Juillet 2004
Le recteur de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), le Pr. Abdou Salam Sall, a souhaité, hier matin, la création d'une polyclinique internationale au sein de la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d'Odontostomatologie et un développement accru de l'intégration des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication (NTIC) dans les domaines de la recherche, des échanges scientifiques et surtout de l'enseignement, à travers ses volets formation et perfectionnement spécialisé, tant à Dakar qu'au niveau décentralisé.
Le recteur de l'UCAD, le Pr Abdou Salam Sall, qui ouvrait les travaux des18es journées annuelles de chirurgie organisées par le département de chirurgie et des Spécialités Chirurgicales de la Faculté mixte de Médecine, de Pharmacie et d'Odontostomatologie (FMPOS) axées pour cette édition sur le thème des « complications en chirurgies », a souligné que la Faculté de Médecine et de Pharmacie, qui détient en tout 333 enseignants et chercheurs, peut (et doit) s'engager résolument dans les voies novatrices dans le cadre des réformes actuellement mises en oeuvre au sein de l'UCAD. Il a énuméré cinq axes retenus par l'UCAD pour le devenir futur de ses écoles et instituts supérieurs de formation et, parmi ceux-ci, on note l'eau et la qualité, la valorisation de la biodiversité, la santé, la pêche et l'aquaculture. Il a indiqué que la Santé ne concernait pas seulement les professionnels de la Médecine, mais intéresse aussi d'autres secteurs comme l'Economie, les Sciences, la Sociologie, les Sciences Juridiques, etc.
UNE UNIVERSITE DE DEVELOPPEMENT
Les problèmes de santé, comme tant d'autres qui concernent d'autres sujets cruciaux parmi lesquels l'autosuffisance alimentaire, l'habitat et la préservation de l'environnement, se posent en grand nombre et de façon cruciale à nos pays. « Et du fait de leurs facteurs étiologiques et des réponses qu'ils requièrent, a dit le recteur, la solution à ces problèmes nécessite des échanges rapides d'informations scientifiques, une collaboration pluridisciplinaire, dans le cadre de projets concrets, une mobilisation adéquate de ressources et une gestion transparente et démocratique dans la sérénité de l'espace universitaire ».
« Ce sont des enjeux qui se placent dans l'avenir des universités, surtout celles des pays en voie de développement, dans un contexte mondial marqué par l'accélération de l'évolution des savoirs et le mouvement rapides des informations à travers les NTIC », a indiqué le Pr. Sall, qui s'est dit conforté par la place accordée, pour cette édition des journées de chirurgie, à l'éthique et à l'apport des NTIC dans la formation des assistants et des étudiants.
« Les moyens, a-t-il toutefois dit, ne seront à notre disposition que si nous prouvons que nous sommes efficients dans l'imagination et la mutualisation des compétences », a ajouté le Recteur qui répondait ainsi au Pr. Mouhamadou Ndiaye, chef du département de Chirurgie et des spécialités chirurgicales qui déplorait les difficultés financières pour la tenue de leurs rencontres scientifiques et l'insuffisance de ressources humaines pour les postes d'enseignement.
MOMENT D'ÉVALUATION
Le Pr. Doudou Thiam, doyen de la FMPOS de l'UCAD, a, lui, relevé le fait que ces journées constituent un moment favorable à l'évaluation, grandeur nature, des capacités pédagogiques des jeunes enseignants avant les concours d'agrégation. Il s'est félicité de la «domestication des NTIC» dans l'enseignement et la formation.
Selon le chef du département de Chirurgie et des spécialités chirurgicales, « les journées de chirurgie sont organisées depuis 19 ans dans le but de participer à l'activité globale de recherche au niveau de la Faculté et, plus généralement, dans l'animation de l'espace universitaire ».
« Elles avaient été organisées en 1986, a-t-il souligné, pour relever le niveau scientifique au niveau du département de chirurgie et des spécialités chirurgicales. Depuis, chaque année, les journées se tiennent avec un thème qui a été choisi pour permettre à chacun de produire des travaux scientifiques qui puissent s'y intégrer ou en dehors du thème et présentés sous forme de communication », a précisé le Pr. Ndiaye, par ailleurs chef du service de Chirurgie cardiaque.
Les journées ont permis, après 18 ans, de faire en sorte que le département de chirurgie représente au niveau de l'espace universitaire un modèle pour ce qui concerne les productions scientifiques, mais également pour l'encadrement des enseignants et de leur promotion sur le plan de la recherche.
«Ces deux thèmes se recoupent, parce que si la qualité est optimale, les complications sont réduites, et si on veille à connaître parfaitement les complications, nous pourrons définir les chemins par lesquels nous devons passer pour améliorer la qualité des soins», a précisé le Pr. Mouhamadou Ndiaye.
HOMMAGE A FEU LE Pr. IDRISSA POUYE
«Pour cette année, nous avons introduit un élément nouveau en y intégrant le personnel paramédical et nous nous consacrons à faire de l'enseignement destiné à ce personnel dont le rôle, dans la qualité des soins, est fondamental dans les actes chirurgicaux».
Enfin, un vibrant hommage a été rendu par les différents orateurs à un des grands maîtres de la Faculté de Médecine et de Pharmacie, feu le Pr. Idrissa Pouye, rappelé à Dieu il y a de cela quelques semaines. Le Pr. Idrissa Pouye, rappelle-t-on, a beaucoup contribué, au sein de l'Ecole de Médecine de Dakar, à la formation de nombreux médecins et de spécialistes, surtout dans le domaine de la traumatologie et de l'Orthopédie. Il a été un des fervents maître d'oeuvre de la création du Centre de Traumatologie et d'Orthopédie (CTO), devenu depuis 8 ans Hôpital général Grand-Yoff (HOGGY). Il était, d'ailleurs, le président du conseil d'administration de cet établissement de santé.
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