L.a.
2 Juillet 2004
Baptisée «Miroir», l'exposition des amateurs de la photographie du club culturel Tahar-Haddad flirte avec des thèmes plus ou moins philosophiques, se réclamant proches de l'existentialisme, subtilement concoctés par l'art de la photographie.
Depuis l'entrée du patio de ce monument historique, vous êtes éblouis par le magnétisme émanant de cette lumière rouge vif. C'en est une, parmi plusieurs recherches picturales, pour incarner les inévitables sources de la vie: l'eau, la terre, le soleil et le corps humain. Ce qui est stupéfiant dans un des tableaux, c'est l'idée intelligente de Hafedh Baccouri, qui a composé un corps de mannequin, élaboré par le collage des fragments de papier-photo, couleur rouge. Un corps bien allongé sur une colline que l'auteur a monté par de véritables éponges marines. Avec des coups de pinceau pastellisés, l'artiste rend compte de la nécessité de ces éléments vitaux dans la composition de la beauté naturelle de la vie.
Des cimetières et des habitations
Les cimaises accueillent également les impressions de Souad Ben Hissi, de Anis Mili, de Zakaria Chaïbi, de Chafik Gaïès, de Zied Ben Romdhane.
C'est aussi le cas de Nader Mahjoub qui chante «Sept neuvième», ou bien Mounir Mabkhout avec son oeuvre intitulée «Ainsi font font», ainsi que Atef Trabelsi dans son opération de calcul «Moins dix 1».
Ramzi Derouiche se propose, lui, de jouer avec le feu de «Jamra». Neïla Ben Sassi opte pour une liberté intitulée «Nulle part». Ilyès Ben Saâd nous offre des équations à résoudre avec son tableau «Effet». Salma Mejri regarde la vie à travers son «Miroir». La suite des thèmes de la vie est narrée par le regard de Inès Bahri.
Ces photographies d'art interpellent l'attention par l'émergence des idées créatives. Surtout quand on voit la spiritualité que dégage une oeuvre en particulier, qui superpose le cimetière et les habitations. Une image symbolique résumant la vie et la mort dans une éternelle dialectique. Quid du sentiment de recueillement ou du renoncement à la vie ?
Au vu de ces tableaux, on présume certainement que ces artistes ont jonglé avec les jeux de lumières, réussi à travers la technologie de pointe à illustrer leur ingéniosité dans la technique du photoshop. Des couleurs qui semblent brodées par des flammes de feu et extirpées de la nuance d'une lumière aveuglante. Comme celle qu'éjecte un flash.
Des images à fortes résonances et qui sont aussi porteuses d'un message, grâce à la densité émotionnelle de matières généreusement travaillées par les amateurs de ce club de l'art de la photographie.
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