Patrick Hilbert
5 Juillet 2004
Port Louis — Elle ambitionne de s'emparer de 10 % des parts du marché mauricien. La filiale de la Caisse d'Epargne démarre ses activités aujourd'hui. Pour attirer ses clients, elle mise sur l'accueil et l'"E-Banking".
La Banque des Mascareignes compte ouvrir six succursales à travers le pays.
Une onzième banque commerciale s'ajoute aujourd'hui au paysage financier mauricien. Il s'agit de la Banque des Mascareignes, filiale de la Caisse d'Epargne, 3e banque française. Mais comment compte-t-elle se frayer une place dans un marché local apparemment saturé ?
Tout simplement en offrant un service totalement différent de celui qui se fait aujourd'hui, répondent ses dirigeants. "Nos agences seront tournées vers l'accueil et le conseil personnalisé. Chaque client, peu importe son milieu ou sa classe sociale, aura un conseiller qui l'aidera à planifier son futur", souligne le directeur général de la banque, Christian Montagard.
La Banque des Mascareignes démarre ainsi ses opérations un an après une demande de licence auprès des autorités mauriciennes. Elle cible en premier lieu le Mauricien moyen, les commerçants et les moyennes et grandes entreprises. Il s'agit, selon la direction, d'assister le client-partenaire dans des projets ou dans le développement de l'entreprise selon qu'il s'agisse d'un individu ou d'une entreprise. L'idée de départ de la Caisse d'Epargne, à savoir accompagner l'évolution des petites gens, sera appliquée à Maurice.
Pour faciliter la vie du client, la banque mise sur les nouvelles technologies. "Nous aurons des libre-services au lieu de guichets. Cela évitera des fils d'attente interminables. Nous comptons aussi promouvoir le E-banking. Pour cela, nous mettons en place un système entièrement sécurisé qui sera opérationnel d'ici quelques semaines", ajoute Christian Montagard.
En somme, ce n'est plus le client qui va à la banque, mais la banque qui va au client. Pour le permettre, six succursales (Flacq, Grand-Baie, Quatre-Bornes, Curepipe, Rose-Hill et Tamarin) devraient ouvrir leurs portes dans les 18 mois à venir.
"Nous voulons entretenir une vraie relation de confiance avec chaque client. C'est d'ailleurs pour cela que nous faisons de gros investissements dans la formation de nos employés", affirme Bernard Bobrowski, directeur du développement de Financière Océor, autre filiale de la Caisse d'Epargne.
"Le but n'est pas de brader les prix"
Mais "nous serons respectueux du marché au niveau des tarifs. Le but n'est pas de brader les prix", promet Bernard Bobrowski. Ainsi malgré un développement dans toutes les régions de l'île dans un laps de temps assez court, il ne s'agit pas de mener une guerre éclair en pratiquant des taux d'emprunts et d'intérêts nettement plus avantageux que ceux pratiqués par la concurrence. Cela dit, l'institution compte offrir des formules très attrayantes au niveau des plans épargne-logement.
La direction de la banque veut se donner le temps pour pénétrer le marché. A terme, l'objectif fixé est de s'emparer de 10 % des parts de marché. Pour atteindre ce but, Rs 150 à 200 millions seront investies au départ.
Même si la Banque des Mascareignes est à capitaux français, elle rejette toute comparaison avec la Banque nationale de Paris intercontinentale, qui a plié bagages, il y a quelques années. "Notre mission n'est pas la même. De plus, nous sommes là pour durer et pas pour faire un grand coup puis partir", assure Bernard Bobrowksi.
La Caisse d'Epargne est par ailleurs présente à Maurice dans l'offshore depuis 1991 à travers la Mascareignes International Bank.
Et pourquoi s'intéresser à Maurice à ce moment précis alors que la Caisse d'Epargne est surtout axée sur le territoire français ? Il s'agit, explique la banque, d'un projet pilote visant à se développer dans un territoire autre que français. "L'expérience ici nous servira de pilote pour ailleurs. Cette implantation est notre premier point d'ancrage dans l'outre-mer étranger. Maurice sert de modèle ", avoue Bernard Bobrowski.
EXPANSION
Profil du troisième réseau bancaire de France
La Banque des Mascareignes est une filiale à part entière de la puissante Caisse d'Epargne. Depuis plusieurs années, cette dernière se voyait bien sous le soleil de Maurice.
Elle avait d'abord déjà manifesté son intérêt pour la reprise de la Delphis Bank. Il en était de même lorsque la BNPI avait annoncé son intention de quitter Maurice. Cependant, pour diverses raisons, les négociations n'ont pas abouti.
En France, elle est un poids lourd de l'industrie bancaire française. Elle est le troisième réseau bancaire de la Métropole, organisé en 32 caisses d'Épargne régionales avec, à la tête, la Caisse nationale des Caisses d'Épargne.
Depuis sa création en 1818, le groupe n'a cessé d'étendre ses tentacules. Aujourd'hui, il a un portfolio de 26 millions de clients, 4 640 agences et 44 600 employés.
Pour l'exercice 2002, le groupe a enregistré un bénéfice net en hausse de 21 % pour atteindre 952 millions d'euros. Ses revenus ont pour leur part progressé de 14 % pour s'élever à 6,5 milliards d'euros.
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