Moustapha Barry
3 Juillet 2004
Les Journées annuelles de chirurgie ont démarré avant-hier. Elles ont pour thème les complications en chirurgie qui interpellent autant le chirurgien que le malade. C'est pourquoi, plus de 80 communications sont prévues pour fouiller le sujet et chercher des solutions permettant de minimiser le risque chirurgical.
Le département de chirurgie de la faculté de Médecine, de Pharmacie et d'Odonto-Stomatologie de l'Ucad tient, depuis avant-hier, ses 18e journées annuelles de chirurgie. Le thème de cette année porte sur "les complications en chirurgie". Des sous-thèmes sont au menu. Comme la qualité des soins, le dossier infirmier et l'éthique médicale. Pour le chef de département de chirurgie, le Pr Mouhamadou Ndiaye, "les complications en chirurgie interpellent tous les chirurgiens ainsi que leurs malades. Les complications sont redoutées par ces derniers et sont à l'origine de la question qui est toujours posée : quel est le risque de cette intervention ?" Pour lui, plus de 80 communications seront présentées pour fouiller le sujet et proposer des solutions afin de minimiser le risque chirurgical. La table-ronde sur la démarche du processus qualité en chirurgie participe à atteindre cet objectif, à réduire "le risque évitable à son strict minimum grâce à la standardisation et à l'évaluation continue des procédures de soins per et peri-opératoire".
Pour sa part, le doyen de la faculté de Médecine, de Pharmacie et d'Odonto-Stomatologie, le Pr Doudou Thiam considère que ces journées sont "un forum privilégié pour des échanges d'expériences entre enseignants et chercheurs, mais aussi un moment favorable à l'évaluation, grandeur nature, des capacités pédagogiques des jeunes enseignants avant les concours d'agrégation". Les complications sont, selon le Dr Bay Karim Diallo, secrétaire général du comité d'organisation des journées, "le fait à la fois du chirurgien et du malade. Ce dernier peut être à l'origine des complications quand il est diabétique, par exemple. Quant au chirurgien, il peut créer des complications si, dans son intervention, il perfore une veine, un nerf...". Et le Dr Diallo précise que des dispositions sont prises pour minimiser ces complications. "Il s'agit de l'anesthésie. Mais en cas d'urgence, cela est pratiquement impossible", explique-t-il. Cependant, pour le Dr Diallo, "un bon diagnostic conduit à une indication précise avec comme conséquence probablement une intervention correcte, sans surprise". Malgré tout, il réclame l'amélioration du plateau technique comme le matériel radiologique (scanner, imagerie par résonance magnétique), le matériel fibroscopique et endoscopique. D'ailleurs, une assemblée générale constitutive s'est réunie, hier, dans ce cadre.
De son côté, le Pr Mouhamadou Ndiaye en a profité pour plaider la cause de son département, en réclamant un laboratoire de chirurgie expérimentale. "La réalisation de notre projet de laboratoire de chirurgie expérimentale nous ouvrira de grandes perspectives dans ce domaine. De même, l'implication du département dans la réorganisation des Certificats de spécialisation par la mise en place d'un tronc commun adapté aux différentes spécialités chirurgicales est souhaitées par la majorité des enseignants et des étudiants". Le Pr Ndiaye a aussi demandé "la mise en commun de moyens ainsi que l'ouverture de nouveaux terrains de stage (qui) permettra d'atteindre ces objectifs et de doter nos pays de spécialistes respectés, c'est-à-dire compétents et responsables parce que bien formés. Nous en avons la volonté, donnez-nous les moyens", a dit le chef de département. Le recteur de l'Ucad, Abdou Salam Sall, qui a ouvert les journées, a annoncé la création de cinq écoles doctorales. Il s'agit des écoles doctorales sur l'eau et la qualité de l'eau, sur la valorisation biochimique, sur la santé avec l'implication non pas seulement de la faculté de Médecine, mais également de celles des Sciences, du droit, du département de sociologie, sur la pêche et sur l'aquaculture. Quant aux moyens, le recteur indique que leur obtention dépend de l'efficience du système mis en place. "Les moyens ne seront à notre disposition que si nous prouvons que notre système est efficient. Pour construire l'efficience de notre système, l'Ucad doit polariser, notamment la faculté de Médecine, l'ensemble des structures sanitaires de Dakar, Thiès, et même celles de Kaolack. Si vous vous mobilisez, l'argent sera trouvé". Mais pour le recteur de l'Ucad, c'est "la gestion qui pose problème. Il faut dépasser cela pour la transparence".
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