R->Propos recueillis par Claude Tadjon
6 Juillet 2004
interview
Le directeur sortant explique les origines de la crise financière
Le conseil d'administration vient de mettre un terme à vos fonctions en résiliant votre contrat. Quelle est votre réaction ?
La volonté du conseil d'administration de procéder, pour la troisième fois, à la prorogation de mon départ à la retraite n'as pas reçu mon assentiment. Je n'aspire plus qu'à me reposer après 35 ans de service. Je ne considère pas cette séparation comme une sanction mais comme la possibilité enfin de pouvoir jouir d'un repos mérité après d'appréciables services rendus à la Caplame.
Comment pouvez-vous parler d'appréciables services rendus alors que la Caplame est au bord de la faillite, les employés réclament à peu près 18 mois d'arriérés de salaire et on vous accuse de malversation financière ?
Je parle d'appréciables services rendus parce qu'un total de plus de 15 milliards de Fcfa est à mon actif. Les budgets, les bilans et les rapports financiers adoptés chaque année par le conseil d'administration et l'assemblée générale peuvent en témoigner. L'entreprise compte également plusieurs réalisations dont les chaînes d'usinage, 70 magasins de stockage éparpillés dans le département de la Ménoua, l'électrification d'une vingtaine de village pour un coût total de 600 millions de Fcfa non-dévalués... Les employés ont raison de manifester pour exiger ce qui leur revient de droit. Toutefois, nous avons été mis dans l'incapacité d'honorer cette charge pour plusieurs raisons. D'une part, les fonds de la Caplame estimés à 800 000 000 de Fcfa, sont bloqués dans les banques en liquidation parmi lesquelles la Meridien Biao et le Crédit agricole. Par ailleurs, un montant de 700 000 000 de Fcfa représentant des crédits en espèces et en matériels accordés à certains planteurs membres de la coopérative restent à ce jour non-remboursés. D'autre part, l'Uccao doit à la Caplame plus de 3 milliards de Fcfa correspondant au produit de la vente du café. L'explication des responsables d'antan [Pierre Nzefa est l'actuel Dg de l'Uccao Ndlr] est que cette argent a été affecté à d'autres coopératives membres. C'est le lieu de rappeler que c'est l'Uccao qui vendait le café des six coopératives avant de répartir le produit de la vente. Malheureusement selon les besoins exprimés, et non pas selon les situations des comptes de chacune. La chute drastique des cours du café sur le marché international a entraîné la baisse de nos activités car les planteurs se sont rabattus sur des produits d'auto consommation.
Le conseil d'administration sera-t-il sensible à ces arguments, il vient de commander un audit général sur votre gestion...
Si le conseil d'administration le veut, il peut commander autant d'audits qu'il le souhaite. Je suis serein car ma gestion ne souffre d'aucune malversation. Tous mes rapports financiers annuels ont été approuvés et les documents comptables l'attestent. Si on peut récupérer ne serait-ce qu'un infime partie des fonds bloqués ici et là, la Caplame doit pouvoir faire face à ses difficultés actuelles que je considère comme passagères.
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