La Tribune (Algiers)

Algérie: Rencontre UGTA - gouvernement : Ouyahia accepte d'aborder l'article 87 bis relatif au SNMG

Faouzia Ababsa

7 Juillet 2004


Le palais du gouvernement a été le théâtre hier d'une rencontre semi-officielle entre le chef de l'Exécutif et l'ensemble du secrétariat national de l'UGTA. M. Ouyahia était accompagné de quatre ministres, à savoir ceux de l'Habitat, du Travail et de la Sécurité sociale, de l'Industrie et de la Participation et de la Promotion des investissements, mais aussi de ses plus proches collaborateurs.

Aucune décision n'a été prise lors de ce conclave tenu à huis clos, parce que tout simplement il n'était question que de passer en revue certains dossiers et s'enquérir de l'avancée des travaux des groupes mixtes installés lors de la bipartite de septembre dernier. Le statut de la Fonction publique, on s'en doutait, s'est taillé la part du lion, tout comme la problématique des corps communs du même secteur. Il a été convenu par rapport à cela de laisser le groupe de travail finaliser le document. Quant aux divergences apparues à l'occasion de la proposition de la Direction générale de la Fonction publique de 20 nouveaux articles disposant d'un «dégraissement» voilé des fonctionnaires, tout en maintenant des postes budgétaires ouverts, les deux parties ont convenu que dans tous les cas de figure ce sera à la bipartite de trancher définitivement la question. Le problème des vacataires et des contractuels a également été abordé entre les deux partenaires sociaux. Tout comme d'ailleurs la problématique de l'indemnité du Sud pour les non-résidants et les fonctionnaires travaillant au sud du pays. Il a été également question du dossier de la protection sociale avec son corollaire la retraite, la sécurité sociale et la médecine du travail.

Là aussi, l'organisation syndicale et le gouvernement ont convenu de laisser les groupes de travail finaliser leurs documents, avec cette précision qu'il n'a à aucun moment été question de remise en cause du régime de retraite en vigueur.C'est-à-dire un système de retraite par répartition basée sur la solidarité entre les salariés. Cela vient mettre un terme, en tout cas pour le moment, aux supputations et autres polémiques conséquemment aux déclarations faites par le ministre du Travail il y a quelques jours selon lesquelles le système était à revoir en raison du déséquilibre de la Caisse nationale de retraite. Rappelons que Tayeb Louh avait démenti les informations selon lesquelles il aurait affirmé que l'âge de départ à la retraite sera revu à la hausse ce qui remet en cause la loi votée en 1997 et qui dispose que le salarié pouvait prétendre au repos mérité après 32 ans de service et ce, quel que soit son âge. M. Louh avait précisé, en marge de la réunion du groupe parlementaire du FLN au sein même de l'APN, qu'il n'était plus question de départ à la retraite sans conditions. Pour en revenir à la rencontre d'hier, il faut préciser que les deux partenaires ont décidé de réactiver le groupe de travail sur le secteur public économique. Le chef du gouvernement, selon les informations que nous avons pu recueillir à l'issue du conclave, a même précisé que s'il y a eu des dérapages de la part de certaines SGP, ils seront corrigés.

Il a affirmé également que les fédérations devaient être consultées sur tout ce qui touche l'avenir de leur secteur tout comme la centrale syndicale au demeurant. Mais le dossier le plus attendu était, à n'en point douter, celui du fatidique décret législatif introduisant l'article 87 bis, à la loi régissant les relations de travail et relatif à la détermination du calcul du SNMG. On se souvient que l'UGTA s'était quelque peu fait avoir et ne s'était rendue compte de la supercherie qu'après que les travailleurs eurent commencé à se plaindre des miettes supplémentaires rajoutées dans leurs fiches de paie alors que les augmentations du SNMG à l'issue des précédentes tripartites étaient annoncées en grande pompe, à chaque fois 2 000 DA de plus. Il faut dire qu'à l'époque de l'introduction de cet amendement, l'UGTA comptait dix représentants au sein du Conseil national de transition. Et si la Centrale avait réussi à sanctionner ses syndicalistes en raison de l'adoption de la loi sur la privatisation en 1995, notamment l'article 5, elle ne s'était pas penchée sur le 87 bis. Lors de la réunion d'hier, le chef du gouvernement a déclaré qu'il acceptait le principe d'en discuter à l'occasion de la prochaine bipartite. En tout état de cause, celle-ci ne saurait trancher la question en dehors du patronat. Ce qui revient à dire que si décision il y aura, ce sera dans une tripartite. Mais le fait qu'Ahmed Ouyahia ait accepté le principe de l'aborder de manière sérieuse, c'est un bon signe et laisse espérer les 7 millions de salariés que compte le pays.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2004 La Tribune. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Algérie

Rubriques