Gomond Edmond
8 Juillet 2004
L'usage plus efficace des ressources internes ou externes de manière à véritablement permettre aux pauvres d'avoir accès aux soins de santé, à l'eau, à l'électricité, de pouvoir s'instruire, etc; est au centre des préoccupations du rapport 2004 de la Banque mondiale sur le développement mondial.
Cette préoccupation a fait l'objet du débat lors de la vidéoconférence qui a eu lieu, le mardi 29 juin dernier, à l'Ecole nationale d'administration (ENA), au Centre d'éducation à distance de Côte d'Ivoire (CED-CI).
Le thème, cette année, du rapport de la Banque mondiale sur le développement mondial est : "Faisons en sorte que les services soient disponibles et fonctionnent aussi pour les pauvres". L'analyse du rapport est basée sur les services qui sont directement liés au développement humain à savoir l'éducation, la santé, l'eau, l'assainissement et l'électricité. Les gouvernants et leurs administrés ont recours à diverses formules pour organiser les services relatifs à ces secteurs (santé, éducation, eau, électricité, assainissement). Mais le rapport indique que les services échouent parce que les dépenses publiques bénéficient généralement plus aux personnes nanties qu'aux pauvres et que les financements destinés aux prestataires de services n'arrivent pas à destination.
Par ailleurs, la qualité des services est médiocre. En Ouganda, moins de 13% des dépenses récurrentes arrivent aux écoles primaires. En Guinée-Conakry, 70% des médicaments disparaissent.
Les interventions des participants des sites de Côte d'Ivoire, du Bénin, du Sénégal et de la Mauritanie, à la vidéoconférence ont permis de constater que les pauvres ont des difficultés pour avoir accès aux services à cause de l'éloignement de leurs domiciles, du manque de moyens financiers (payer les fournitures scolaires, payer l'ordonnance médicale ), du manque de moyens de déplacement, etc.
Pour que les pauvres puissent bénéficier des services, le rapport propose aux bailleurs de fonds de s'atteler à renforcer et non à diluer les responsabilités entre les politiques, les prestataires et les pauvres, les trois principaux maillons de la chaîne de l'organisation des services. "Si les pauvres se voient offrir un plus grand nombre d'options et s'ils participent davantage à la mise au point des modes de prestation, ils seront mieux en mesure de surveiller les prestataires de services et de les amener à respecter certaines règles de conduite", suggère le rapport. Pour le rapport, il faut donner aux citoyens défavorisés les moyens de mieux se faire entendre, par la voie des urnes et un large accès à l'information.
Dans ces conditions, ils pourront davantage influer les gouvernants et contrer les détournements des services publics au profit des classes plus favorisées pour cause de clientélisme politique.
Le rapport dit que les gouvernants doivent récompenser ou pénaliser les prestataires de services dans leur mission pour les amener à s'appliquer davantage.
Selon le rapport, il faut réformer non seulement les modalités de prestation des services et les institutions publiques. Il faut aussi modifier la façon dont une grande partie de l'aide est acheminée. Lorsque les gouvernants, les populations et les bailleurs de fonds instituent un ensemble d'incitations pour promouvoir ces changements, ils doivent sélectionner minutieusement les problèmes auxquels ils choisissent de s'attaquer. Le rapport précise qu'ils doivent être conscients des difficultés que présente la mise en oeuvre des réformes et doivent s'armer de patience.
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