Fraternité Matin (Abidjan)
Bakayoko Zeguela
9 Juillet 2004
Abidjan — Le concept de fatigue au sport est très subjectif, d'où son abord difficile. Et pourtant, l'encadrement technique et médical doit pouvoir déceler, assez tôt, les premiers signes de fatigue chez un athlète. Il faut également en déterminer les causes et prendre les mesures qui conviennent. En effet, se retrouver avec des athlètes fatigués dans le groupe est une situation bien peu enviable.
La fatigue peut être définie comme un état d'épuisement se traduisant par une sensation d'inconfort physique et psychique, avec une incapacité à supporter des charges de travail élevées. En d'autres termes, la fatigue est un signe d'alarme qui apparaît "lorsque pour une performance égale, la dépense énergétique est plus élevée ". La fatigue est autant difficile à qualifier qu'à quantifier, du fait même de sa nature subjective. On peut néanmoins distinguer 4 types de fatigue.
1/ La fatigue physiologique :
Elle est normale. Elle survient après un effort physique éprouvant. L'organisme délivre un signal d'alarme pour exiger l'arrêt d'un effort qu'il ne peut plus tenir. Les rythmes cardiaques et respiratoires sont élevés, on note un essoufflement et une fatigue musculaire. Il suffit d'observer un temps de repos suffisant pour que tous ces paramètres se normalisent. L'entraînement a pour but de retarder l'apparition de ce type de fatigue.
2/ La fatigue pathologique :
Le sportif peut présenter une affection qui évolue sur un mode aigu ou chronique, occasionnant un état de fatigue.
·Les affections aiguës : il s'agit de maladies dont les signes se manifestent de façon aiguë, voire bruyante. C'est le cas entre autres de certaines maladies du sang (anémie, leucémie, etc.) et de certaines maladies infectieuses (virales, parasitaires, bactériennes) : les états grippaux, les fièvres palustres, la fièvre typhoïde, les fièvres éruptives, etc..
·Les affections chroniques : elles sont nombreuses. Les signes évoluent lentement, à bas bruits et déterminent des états de fatigue : les cancers, les maladies cardio-vasculaires, pulmonaires, digestives, psychiques, etc. Pour lutter contre la fatigue pathologique, il faut traiter l'affection en cause.
3/ L'état de surentraînement :
On parle de surentraînement lorsque pour un même effort, l'athlète n'arrive plus à récupérer malgré un temps de repos apparemment suffisant. C'est un état difficile à gérer. En effet, dans les programmes de préparation, il y a des phases successives où l'on pousse l'athlète au maximum de ses possibilités, voire au-delà, afin d'atteindre un niveau de forme physique excellent, pour la période de compétition. C'est le principe de la surcompensation. Le surentraînement est difficilement quantifiable. On note cependant une augmentation de la température corporelle, du rythme cardiaque et de la pression artérielle de repos. L'athlète peut présenter des signes digestifs (diarrhée, constipation, vomissement, digestion lente, ), des signes pulmonaires (bronchite, toux, ), des signes ORL (angine, sinusite, otite, ). Il signale surtout des troubles de la concentration, des troubles du sommeil (insomnie, cauchemar, hypersomnie) et des troubles du caractère (irritabilité, apathie). Lorsqu'un athlète présente des problèmes récurrents au niveau des os (fractures de fatigue), des muscles (crampes, courbatures, claquages, etc.), des articulations (douleurs), des tendons et des ligaments (tendinites), il faut penser également à un problème de surentraînement. Un bilan paraclinique complet doit être réalisé. Il faut suspendre l'activité sportive principale, sans arrêter totalement le sport. On conseille des activités non contraignantes, de plein air, telles que la marche, la natation, les randonnées, etc. L'athlète reçoit également les soins médicaux que nécessite son état.
4/ La fatigue psychologique ou l'état d'inhibition :
Il s'agit d'un état assez complexe où coexistent une démotivation totale, une baisse de l'estime de soi, une envie de tout arrêter et un repli sur soi. C'est une véritable dépression. L'athlète ressent une profonde lassitude sans que ses capacités physiques ne soient altérées. Cet état survient généralement après une succession de contre-performances. Dans ce genre de situation, il faut tenter de remotiver l'athlète en favorisant la discussion, lui redonner confiance tout en positivant ses acquis. Il est souhaitable d'observer un repos sportif. La pratique d'activités de détente est recommandée : plage, pique-nique, cinéma, lecture, voyage, dancing, etc. Une psychothérapie est souvent très bénéfique.
La notion de fatigue est très importante à cerner au sport. Une mauvaise gestion de l'activité physique peut entraîner des résultats catastrophiques au cours d'une saison. Il est donc important, pour le médecin ainsi que pour l'entraîneur, de bien connaître les athlètes qu'ils encadrent, d'être à leur écoute et surtout d'accepter qu'un athlète puisse parfois présenter un état de fatigue
Par le Dr Allangba Eric *
Sur le billard
Volonté politique sans argent
En Côte d'Ivoire la marche de l'initiative d'accès aux antiretroviraux renforcée par le fonds de solidarité mis sur pied pour accompagner le processus, a été émaillée de ruptures de médicaments à n'en pas finir. A première vue, on a envie de donner raison à ceux qui à Vancouver disaient que l'Afrique y compris la Côte d'Ivoire n'assurerait pas une distribution correcte de ces médicaments avec lesquels il est proscrit d'avoir des ruptures. Mais dans le fond, il ne s'agit pas de problème de distribution, c'est-à-dire d'accessibilité. Le mal provient plutôt de l'absence de ressources financières qui ne permet pas ainsi une disponibilité des médicaments.
Le Fonds de solidarité nationale créé par le Président de la République (c'est la continuité) pour soutenir l'initiative venue des Nations unies, n'a pas suivi l'évolution de la maladie. Le nombre de malades augmente et l'argent à débloquer par l'Etat reste figé. 700 millions depuis ces dernières années. Ajouté à cela, le fait que cet argent met du temps à être décaissé. Ce qui conduit la PSP à devoir des arriérés de plusieurs mois à ses fournisseurs. Dans de telles conditions, la PSP a beau jouer sur son expérience de distribution des médicaments pour éviter les ruptures de stocks, ellessont inévitables : Rupture pour impayés, rupture pour arrêt d'approvisionnements. Et les choses n'ont pas changé malgré la création d'un ministère spécial pour la lutte contre le sida en janvier 2001. Le budget alloué au fonds de solidarité n'a pas augmenté et les procédures de décaissement de cette manu sont restées lourdes et lentes. Comme si la volonté politique n'a pas été suivie d'efforts financiers. Outre les ruptures, le manque de ressources a entraîné un arrêt de nouvelles inclusions. Ainsi, depuis au moins quatre ans, le nombre de personnes sous traitement antirétroviraux à prix subventionné est resté le même : 2300 à 2500.
Mais le hic est que les personnes bénéficiaires décédées ne peuvent être officiellement remplacées. Alors que comme nous le disait une personne vivant avec le vih " le montant de l'argent alloué au fonds n'a pas diminué ". Cependant, il ne sera plus question de tout cela désormais avec le plan d'urgence du président américain qui vient donner une bouffée d'oxygène à ce fonds en attendant son déploiement véritable. En effet, les personnes bénéficiant déjà de la subvention nationale se soignent désormais à 5000F par trimestre contre 5000 à 10 000F par mois. Il y a forcément un gain d'argent qui devra permettre de nouvelles inclusions sans conditions. Reste le noeud gordien du décaissement par le Trésor pour le paiement des fournisseurs. On n'est pas encore sorti de l'auberge en attendant que tous les fonds extérieurs annoncés soient effectivement disponibles.
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