United States Department of State (Washington, DC)
9 Juillet 2004
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Washington, DC — Les Etats-Unis continueront d'exercer des pressions sur le gouvernement soudanais pour qu'il mette immédiatement fin à la crise humanitaire à laquelle le Darfour est en proie, a déclaré le secrétaire d'Etat des Etats-Unis, M. Colin Powell, lors de la conférence que le Centre d'études stratégiques et internationales (CSIS) a consacrée à l'Afrique le 8 juillet.
"Seuls les actes, et non les paroles, peuvent gagner la course contre la mort au Darfour", a-t-il dit. "Un trop grand nombre de personnes ont déjà péri. Nous ne pouvons pas perdre plus de temps. Nous devons, au sein de la communauté internationale, redoubler nos efforts afin d'aider ceux que la violence, la famine et les maladies mettent en péril au Darfour."
Le secrétaire d'Etat a prononcé son discours le même jour que la publication d'un rapport sur la politique africaine des Etats-Unis préparé par le Centre d'études stratégiques et internationales à la demande du Congrès. Les auteurs du rapport recommandent que les Etats-Unis accroissent leur aide à l'Afrique dans divers domaines, dont la lutte contre le terrorisme, l'infrastructure médicale et les opérations de maintien de la paix.
Dans son discours, M. Powell a touché de nombreux domaines de la politique africaine du gouvernement Bush. Il a fait état de divers programmes américains d'aide au développement de l'Afrique, dont la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique et le Compte du millénaire, qu'il a qualifié de "programme d'aide au développement le plus important depuis le plan Marshall".
On trouvera ci-après des extraits de ce discours.
(Début des extraits)
Département d'Etat des Etats-Unis Bureau du porte-parole Le 8 juillet 2004
(...)
Au cours des trois dernières années et demie, le gouvernement Bush s'est employé à établir des partenariats fructueux avec les pays africains. Ces partenariats sont issus de l'engagement commun des Etats-Unis et des pays africains en faveur de la liberté. Cette liberté se traduit par des peuples libres et par l'économie de marché.
De concert avec les pays africains, nous créons des partenariats politiques, des partenariats qui encouragent la démocratie, la bonne gouvernance, la santé et le bien-être de l'un des plus grands atouts de l'Afrique, en dehors de ses richesses naturelles, à savoir sa population.
Nous formons des partenariats économiques qui créent des conditions propices aux échanges commerciaux et au développement nécessaires à une croissance durable dans ces pays. Nous établissons aussi des partenariats dans le domaine de la sécurité qui contribuent à faire progresser la lutte mondiale contre le terrorisme.
Nous oeuvrons de concert en vue de mettre fin aux conflits déstabilisateurs dans le continent qui causent tant de dévastation et de misère, des conflits du genre de ceux que l'on observe au Soudan, au Liberia, au Congo et ailleurs. A l'heure actuelle, nous abordons une fois de plus le problème que constitue le conflit dans la partie ouest du Soudan qui fait peser une menace sur ce pays et qui risque de compromettre ce que nous avons réussi à faire ces derniers mois en ce qui concerne le règlement du conflit Nord-Sud dans ce pays.
Comme vous le savez bien, je suis allé au Soudan la semaine dernière, au même moment que deux parlementaires, MM. Wolf et Brownback. Le secrétaire général de l'ONU, M. Kofi Annan, s'y est aussi rendu à ce moment-là. M. Annan et moi avons pu nous rencontrer pour échanger des informations et pour veiller à transmettre le même message au gouvernement soudanais.
Au cours de ma visite, comme au cours de celles de MM. Wolf, Brownback et Annan, nous avons tous observé les souffrances auxquelles certains habitants du Darfour sont actuellement en proie. Nous avons tous vu des personnes qui avaient été chassées de leurs foyers par les actes terribles de violence commis au Darfour.
Les membres du personnel de notre Agence pour le développement international et d'organisations non gouvernementales avec lesquels je me suis entretenu m'ont dit qu'ils avaient des difficultés à apporter des vivres et des médicaments et à fournir un abri à ceux qui en avaient tant besoin et qui sont plus d'un million. Nous ne savons pas exactement dans quelle mesure ce nombre dépasse 1 million, mais il est au moins de 1,2 million, si ce n'est plus.
La commission de l'Union africaine pour le respect du cessez-le-feu, qui commence maintenant à s'organiser et à entreprendre ses travaux, pourra, espérons-nous, être sous peu dans une meilleure position pour surveiller ce qui se passe au Darfour. Le général qui est à la tête de cette mission, le général Okonkwo, du Nigeria, est une personne que nous connaissons bien. C'est le même général qui a contribué l'an dernier à stabiliser la situation au Liberia.
Lors de nos entretiens avec des membres du gouvernement soudanais, nous leur avons présenté la réalité des faits au Darfour, qu'il s'agisse de la destruction de villages, des viols, des assassinats et des obstacles à la distribution des secours. Le secrétaire général de l'ONU, M. Annan, et moi avons obtenu du gouvernement soudanais ce que celui-ci a appelé des engagements fermes à prendre des mesures immédiatement afin de supprimer ces obstacles, de mettre fin à la violence et de le faire d'une manière dont nous pourrons observer les résultats.
Ces derniers jours, depuis ma visite au Soudan et depuis celles de MM.
Wolf, Brownback et Annan, le gouvernement de ce pays a fait des déclarations au sujet du contrôle des djandjawids, d'un acheminement plus libre de l'aide humanitaire, de la levée des restrictions en matière de visas ainsi que de la cessation de son soutien à ceux qui sont résolus à poursuivre la violence au Darfour. Nous continuerons d'exercer des pressions sur Khartoum et de suivre de près ses actions.
Nous continuerons également de veiller à ne pas avoir obtenu seulement des promesses, mais des résultats tangibles, parce qu'il est tout à fait clair que, avec l'arrivée de la saison des pluies, la situation sur le terrain doit changer, et ce rapidement. Des centaines de milliers de personnes sont en danger. Certaines d'entre elles sont déjà condamnées à mourir étant donné les conditions dans lesquelles elles vivent à l'heure actuelle ; elles ne réussiront pas à vivre jusqu'à la fin de l'année ou jusqu'à l'automne. C'est pourquoi il faut que la situation s'améliore immédiatement. Si ce n'est pas le cas, alors les Etats-Unis et la communauté internationale devront envisager d'autres mesures.
Les Etats-Unis ont élaboré un projet de résolution qui fait actuellement l'objet de négociations avec plusieurs membres du Conseil de sécurité et qui demande au gouvernement soudanais de s'acquitter immédiatement de tous les engagements qu'il a pris pour mettre fin à la violence et pour permettre au personnel des organismes d'aide et aux observateurs internationaux d'avoir accès au Darfour.
Le projet de résolution demande instamment aux belligérants de conclure sans tarder un accord politique. Il engage tous les Etats à prendre des sanctions contre les milices djandjawids et contre ceux qui les aident ainsi que contre ceux qui ont contribué à créer cette situation tragique.
Un trop grand nombre de personnes ont déjà péri. Nous ne pouvons pas perdre plus de temps. Nous devons, au sein de la communauté internationale, redoubler nos efforts afin d'aider ceux que la violence, la famine et les maladies mettent en péril au Darfour.
C'est toutefois au gouvernement soudanais qu'il incombe le plus de faire face à cette catastrophe, d'exercer son contrôle sur ceux qui commettent cette épuration ethnique et de sauver la vie des habitants du pays. Comme je l'ai dit au président Béchir, au vice-président Taha, au ministre des affaires étrangères Ismail, au ministre de l'intérieur et à d'autres membres du gouvernement, les Etats-Unis tiennent à voir un Soudan uni, prospère et démocratique et sont prêts à oeuvrer de concert avec le gouvernement soudanais. Nous avons fait des progrès au lac Naivasha. Nous avons signé des protocoles qui sont susceptibles de mettre fin à ce terrible conflit qui dure depuis vingt ans. Les dispositions relatives à la sécurité font l'objet de négociations. Nous espérons qu'un accord général sera conclu.
Nous tenons à normaliser nos relations avec le Soudan, mais cette normalisation ne peut avoir lieu tant que la situation terrible qui existe au Darfour ne sera pas réglée. Il nous faut voir régner la paix sur tous les fronts, non pas seulement le front Nord-Sud, mais aussi le front Est-Ouest.
Le président Béchir s'est engagé à de multiples reprises à oeuvrer en faveur de la paix, et il l'a fait de nouveau lorsque nous nous sommes entretenus. Le président Bush, le Congrès des Etats-Unis, le secrétaire général de l'ONU et la communauté internationale veulent plus que des promesses. Nous voulons voir des améliorations considérables sur le terrain dès maintenant. En dépit des promesses qui ont été faites, nous n'avons pas encore constaté ces améliorations considérables. Seuls les actes, et non les paroles, peuvent gagner la course contre la mort au Darfour, et nous n'aurons de cesse d'exercer des pressions à cet effet.
Nous oeuvrerons aussi de concert avec la communauté internationale afin de veiller à ce que tous les pays qui se sont engagés à apporter une aide financière tiennent leurs promesses. Les Etats-Unis sont au premier rang des pays qui viennent en aide aux sinistrés du Darfour et nous comptons y rester, mais il est temps que toute la communauté internationale s'acquitte des engagements financiers qu'elle a pris.
Nous avons fourni 132 millions de dollars rien que cette année et prévu 160 millions de plus pour les douze prochains mois.
Le conflit et le chaos du genre que nous observons au Soudan privent les Africains de l'avenir auquel ils aspirent, de l'avenir qu'ils méritent. Le but d'une Afrique en paix n'est pas irréaliste. C'est un but réalisable si nous nous attelons à la tâche. Les Etats-Unis continueront d'oeuvrer de concert avec leurs amis africains et avec la communauté mondiale pour contribuer à mettre fin à ces conflits et à apporter des secours à ceux qui en ont si désespérément besoin.
Nous continuerons de faire tout ce que nous pouvons pour faciliter la conclusion d'accords de cessez-le-feu, comme maintes personnes ici présentes l'ont fait dans des pays tels que le Soudan, la République démocratique du Congo, la Côte d'Ivoire, le Liberia et de nombreux autres pays. Ces accords sont encourageants, mais leur suivi par les Africains eux-mêmes est essentiel si l'on veut qu'ils soient appliqués. Nous continuerons de coopérer avec les Africains, par l'intermédiaire de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest et au sein de l'ensemble de la communauté internationale, afin de panser les plaies des pays ravagés par la guerre et de faire en sorte que la violence ne refasse pas son apparition, tâche que nous accomplissons actuellement au Liberia pour apaiser la situation.
Nous avons joué un rôle essentiel en soulageant le peuple libérien du fardeau que constituait un gouvernement inepte, corrompu et meurtrier.
Nous avons fortement insisté pour que le Conseil de sécurité adopte la résolution 1532. Cette résolution exige que les Etats membres de l'ONU bloquent les avoirs financiers et les ressources économiques de M.
Charles Taylor, de sa famille et de ses collaborateurs. En février, la Conférence pour la reconstruction du Liberia a permis à des membres de la communauté internationale à s'engager à apporter une aide financière. Pour leur part, les Etats-Unis ont déjà décaissé 114 millions des 200 millions de dollars qu'ils s'étaient engagés à verser, et je tiens à remercier les parlementaires ici présents et, par leur intermédiaire, le Congrès pour nous avoir aidé à venir en aide au Liberia. Le Congrès sera informé sous peu de l'affectation des 86 millions de dollars restants, et nous exhortons les autres pays, tout comme nous l'avons fait au sujet du Soudan, de verser promptement leurs contributions.
Le fait le plus important, c'est que nous oeuvrons de concert avec les Africains pour nous attaquer aux causes des conflits. Ces conflits ont lieu parce que la population est mécontente et qu'elle ne voit pas de possibilité d'améliorer ses conditions de vie. Les pays dont les habitants ont un gouvernement réceptif à leurs demandes et non corrompu, des possibilités économiques et un espoir pour l'avenir sont des pays où les conflits et le chaos ne font pas rage et où les tyrans et les terroristes ne peuvent pas dominer.
Dans le cadre d'un ensemble de programmes et de nouvelles mesures audacieuses, le président Bush et son gouvernement oeuvrent de concert avec les Africains pour les aider à progresser vers une plus grande démocratie, de plus grandes possibilités, une plus grande sécurité et un plus grand espoir quant à un avenir empreint de paix pour leurs enfants.
Nous avons en effet maintenu ou accru notre aide à l'Afrique dans pratiquement toutes les catégories de l'aide. Les Etats-Unis ont aussi contribué à créer un nouveau consensus international sur la nécessité d'encourager le développement au moyen d'une aide axée sur la croissance.
L'expérience montre que l'aide au développement donne les meilleurs résultats lorsqu'elle est réservée aux Etats qui gouvernent avec justice, qui adoptent une politique économique judicieuse et qui investissent dans le domaine social et dans l'infrastructure du pays afin de mieux l'adapter au XXIe siècle et de permettre aux jeunes de s'adapter à notre nouveau siècle.
Cette ligne de conduite influence nos programmes d'aide à l'Afrique, et les Africains eux-mêmes ont adopté des stratégies visant à favoriser la stabilité et la prospérité dans cette même optique, telles que le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) que vous tous connaissez si bien.
Notre aide bilatérale directe à l'Afrique continue de constituer un instrument essentiel, et pendant l'année budgétaire en cours (2004) nous fournissons à ce continent plus de 2 milliards de dollars d'aide.
Ce montant vient s'ajouter aux sommes que l'Afrique peut s'attendre à recevoir dans le cadre du Compte du millénaire et de l'aide à la lutte contre le sida. Pendant l'année budgétaire 2005, nous renforcerons nos programmes en cours et approfondirons notre engagement.
Dans le cadre du Compte du millénaire, initiative très novatrice du président, nous espérons fournir 5 milliards de dollars par an à compter de 2006. Lorsqu'on considère ce programme dans sa totalité - 1 milliard de dollars la première année, 2,5 milliards de dollars que nous espérons obtenir d'un Congrès généreux la deuxième année et 5 milliards de dollars chaque année à partir de la troisième année - on peut dire qu'il s'agit du programme d'aide au développement le plus important depuis le plan Marshall (...)
Le président a annoncé ce programme dans son discours sur l'état de l'Union en janvier 2003, et dix-huit mois après, ce qui est incroyable pour Washington, nous avons mis en place une société. Je suis le président du conseil d'administration de cette société. Celui-ci a commencé de fonctionner. Nous avons obtenu 1 milliard de dollars de crédits budgétaires du Congrès, qui est en général favorable à ce programme. Nous avons déjà commencé à passer des contrats avec les pays qui doivent recevoir ces fonds.
Nous sommes heureux de pouvoir dire que, sur les 16 pays que nous avons récemment sélectionnés pour bénéficier de ce programme, 8 sont des pays africains : le Bénin, le Cap-Vert, le Ghana, le Lesotho, Madagascar, le Mali, le Mozambique et le Sénégal. Dans une dizaine de jours (...) le conseil d'administration se réunira de nouveau pour commencer à sélectionner les critères que nous allons adopter pour la prochaine tranche. Ce n'est pas une action ponctuelle. Lorsque nous conclurons un contrat avec chacun de ces pays pour ce premier million de dollars, il s'agira d'un programme pluriannuel. D'autres pays pourront recevoir la même sorte d'aide dans les années à venir.
Ce qui m'a impressionné le plus, ce n'est pas seulement la gratitude des 16 premiers pays, mais le fait que les ministres des affaires étrangères de tant d'autres pays m'ont demandé : "Qu'est-ce qu'il nous faut faire pour participer ? Quelles sont nos obligations ?" Je leur ai dit : "C'est bien simple. Montrez-moi ce que votre pays fait dans les domaines suivants : bonne gouvernance, Etat de droit, lutte contre la corruption, respect des droits de l'homme, adoption de l'économie de marché. Montrez-moi que votre pays s'oriente dans la bonne direction. Je pourrai même vous donner une petite aide financière pour vous permettre de vous orienter dans cette direction. C'est là la tendance de l'avenir, et la façon dont vous avez agi par le passé fait partie du passé. Si vous voulez bénéficier de ce programme, si vous voulez préparer votre pays pour le XXIe siècle et vos jeunes pour ce qui les attend, alors vous devez vous orienter dans cette direction."
Nous ne faisons pas cela au détriment des pays qui ne se sont pas encore orientés sur cette voie, parce que notre aide au développement distribuée par l'USAID et dans le cadre d'autres programmes a aussi augmenté fortement au cours des dernières années.
Le président fait donc tout ce qu'il a dit qu'il ferait pour ce qui est d'appuyer nos programmes dans les pays en développement et en particulier dans les pays africains.
La lutte contre la pandémie de sida est également à notre ordre du jour pour le monde entier, mais tout particulièrement pour l'Afrique.
Notre coordonnateur de la lutte mondiale contre le sida, M. Randy Tobias, a déjà affecté 865 millions de dollars à la prévention ainsi qu'aux soins et aux traitements dans les 15 pays les plus touchés du monde, dont 12 sont en Afrique.
Quelque 8.000 malades meurent chaque jour. Aujourd'hui, l'arme de destruction massive la plus dangereuse du monde est le sida. Vous avez lu les informations que M. Kofi Annan a diffusées ces deux ou trois derniers jours: 3 millions de décès par an, et des projections faisant état de 5 millions de morts par an. C'est inacceptable, et nous devons lutter avec toutes les ressources dont nous disposons.
Les Etats-Unis, tant leur Congrès que leur gouvernement, font beaucoup. Le reste du monde doit suivre le pas. C'est une maladie que l'on peut endiguer. La lutte contre cette maladie comporte de multiples aspects, qu'il s'agisse de l'information des jeunes, de la prévention, de l'abstinence, des médicaments antirétroviraux et de la baisse de leur prix, de la recherche d'un traitement ou de la stigmatisation des sidéens, qui doivent s'inscrire dans une approche globale. Nous devons en outre nous attacher à créer des partenariats avec les gouvernements, les entreprises, les organisations religieuses, les ONG et les collectivités locales afin de sauver des vies et de réduire les souffrances sur l'ensemble du continent africain.
(...)
L'objectif ultime de tous ces efforts n'est pas de trouver de nouvelles méthodes d'aide, mais de se servir de cette aide pour permettre à l'Africain moyen de prendre son destin en main. Nous voulons aider les Etats africains à parvenir à un stade où leurs citoyens seront non seulement capables de subsister, mais de réussir.
Nous ne nous préoccupons pas seulement d'aide, mais aussi de commerce, afin de créer les conditions susceptibles d'attirer dans ces pays non pas des aumônes, mais des investissements. La charité ne mène pas bien loin. Au bout du compte, ce qui importe, ce sont des sociétés fonctionnelles qui attirent le commerce et qui rétablissent la dignité dans chaque foyer et dans l'ensemble d'un pays qui se tient fièrement campé sur ses deux pieds et qui ne se contente pas de demander une aide.
La loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique va dans ce sens en attirant de nouveaux investissements, en créant de réels emplois et en aidant à tisser des liens commerciaux mutuellement bénéfiques. L'ensemble des exportations dues à l'AGOA a augmenté de 55% en 2003 pour atteindre 14 milliards de dollars, soit largement plus de la moitié des exportations globales de l'Afrique subsaharienne vers les Etats-Unis.
Toutefois, nous ne nous concentrons pas uniquement sur l'aide au développement et sur la lutte contre le sida. Je suis particulièrement fier du Partenariat pour les forêts du bassin du Congo (PFBC), qui est une autre façon d'établir une coopération novatrice avec des gouvernements africains, des organisations non gouvernementales et le secteur privé. Ce partenariat contribuera à sauvegarder le précieux patrimoine naturel de l'Afrique tout en stimulant le développement, à faire en sorte qu'on exploite ce patrimoine de façon rationnelle, sans lui porter atteinte, tout en en tirant des avantages économiques afin de réduire la pauvreté et de renforcer la bonne gestion des affaires publiques.
Grâce au PFBC, nous soutenons un réseau de parcs naturels et de zones protégées, des concessions forestières bien gérées et la création de débouchés économiques pour les collectivités qui dépendent de la forêt et de la faune et de la flore sauvages de la région.
Lors de l'une de nos tournées en Afrique, Walter (Kansteiner) et moi sommes allés au Gabon. Nous avons visité l'un des parcs naturels établis par le président Bongo, qui a décidé de créer des réserves naturelles sur 10% du territoire du pays. (...).
Nous sommes très fiers de cette initiative. Le président Bush est très fier que les Etats-Unis soient l'un des principaux artisans de cette initiative. Nous y avons consacré 55 millions de dollars la première année, et nous allons faire plus, parce que c'est important.
"Nous aiderons les pays de ce continent", a récemment déclaré le président Bush, "à améliorer leur santé, leur éducation et leurs échanges avec le monde. Ensemble, nous pouvons faire en sorte que cette décennie soit celle de la montée de la prospérité et de l'expansion de la paix en Afrique." Tel est notre objectif, et le président m'a donné pour mission de contribuer à la réalisation de cet objectif.
Récemment, durant le Sommet du G8 qui s'est tenu à Sea Island (Géorgie), le président Bush a réaffirmé cet engagement lors de son entretien avec les dirigeants du Nigeria, du Sénégal, de l'Afrique du Sud, de l'Algérie, du Ghana et de l'Ouganda. Avec l'appui des deux partis du Congrès et le soutien de tous ceux qui ont fait profiter ce groupe éminent de leur expérience, les Etats-Unis vont continuer de coopérer avec leurs amis africains. Nous oeuvrerons dans le cadre de partenariats afin d'édifier une Afrique où le respect des droits de l'homme, la bonne gestion des affaires publiques et les possibilités économiques seront la norme. Ensemble, nous soutiendrons les efforts des pays africains qui réforment leur économie, afin qu'ils soient plus concurrentiels sur les marchés mondiaux qui s'étendent de Pretoria à Paris, de Nairobi à New York et de Tombouctou à Tokyo.
Nous voulons voir une Afrique où les hommes puissants ne considèrent pas que les investissements étrangers consistent à déposer dans des banques étrangères des milliards volés au pays. Ensemble, nous voulons aider les Africains de tout le continent à avoir des écoles et des établissements médicaux dignes de ce nom, de l'eau potable, des réseaux routiers et ferroviaires en bon état, de l'électricité et, par dessus tout, accès à Internet. Nous voulons que les grandes richesses naturelles de l'Afrique, pétrole, diamants et bois d'oeuvre, soient exploitées au profit de la population au lieu de servir à alimenter des conflits interminables.
Ensemble, nous oeuvrons à l'avènement du jour où l'Afrique sera un continent de pays en paix sur leur territoire et avec leurs voisins.
En bref, nous coopérons avec les Africains et leurs amis dans l'ensemble de la communauté internationale afin d'accélérer la venue du jour où tous les Africains éprouveront de nouveau de l'espoir, pourront mettre de la nourriture sur leur table et envisageront un avenir meilleur pour leurs enfants.
(...)
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