Le Soleil (Dakar)

Sénégal: Conférence sur la négritude : Thierry Sinda, ou le retour en Afrique d'un «français noir»

Thierry Sinda, écrivain d'origine congolaise, est né en France, il y a une quarantaine d'années. Il y vit toujours, après plusieurs séjours en Afrique, notamment au Sénégal où il fut élève pendant un an à l'ex-lycée Van Vollenhoven, actuel Lamine Guèye.

L'écrivain français d'origine congolaise, Thierry Sinda, revient au Sénégal pour présenter son livre «Voyage en Afrique, à la recherche de mon moi enivré». Cet ouvrage de 112 pages a été publié en juin 2003 aux Editions Atlantica-Séguier. Une séance de dédicace est prévue samedi prochain à 15 heures au Centre culturel Blaise Senghor où l'auteur animera également une conférence sur le thème, «Mouvement littéraire de la Négritude». Son livre est un «drame poétique (...), un assemblage de poèmes racontant une histoire». C'est la première oeuvre d'une série d'ouvrages (drame poétique sur l'amour et autres études littéraires) que prépare actuellement Thierry Sinda, professeur de Lettres, critique de cinéma et fondateur de «La feuille», revue cinématographique du monde noir. Son «Voyage en Afrique» sera également dédicacé le 24 juillet à 10 heures à la libraire Clairafrique, en face de l'église Saint Dominique de l'avenue Cheikh Anta Diop.

Le livre, qui fera l'objet d'une représentation scénique à Blaise Senghor sous la direction de la comédienne Joséphine Mboup, se présente comme une réminiscence du théâtre antique en vers. L'auteur fait une présentation aérée de son texte écrit comme une prose et disposé avec une certaine fantaisie. Cela apporte un peu de dynamisme à la lecture en cassant une monotonie soporifique. Le procédé est résolument iconoclaste, mais cadre bien avec cette problématique d'une nouvelle littérature africaine que l'auteur revendique. Cette littérature de « ce jeune Français noir qui quitte Paris pour l'Afrique » alors qu'on était jusqu'ici confronté au voyage dans le sens inverse.

Son père Martial Sinda, qui vit en France, est considéré comme le premier poète de l'Afrique Equatoriale Française avec son oeuvre «Premier chant du départ» publié en 1955 chez Seghers et qui avait reçu, dès l'année suivante, le Grand Prix littéraire de l'AEF. La Négritude a été le sujet de la thèse de doctorat que Thierry Sinda a soutenue en 2000 à Cergy Pontoise. Lors de sa conférence de samedi prochain, il abordera les aspects générationnels (années 1940, 1950 et 1960), mais également l'étude du symbolisme, le romantisme et le surréalisme. L'aboutissement de tout cela est ce mouvement qu'il appelle «néo-négritude», considéré comme une revendication reformulée des valeurs culturelles du monde noir.


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