Senghane Senghor, militant libéral à Kaolack
15 Juillet 2004
opinion
Après la longue traversée du désert en compagnie de Me Wade, les anciens libéraux de Kaolack doivent déchanter et comprendre qu'ils sont voués aux gémonies.
Le parti a déçu dans le choix des hommes, mais aussi dans les politiques qui sont menées depuis l'avènement de l'alternance. Au delà des militants, tous ces électeurs qui avaient porté leur espoir sur ce nouveau régime ne se reconnaissent pas dans la manière actuelle de faire. Le scepticisme et l'indignation ont commencé quand maître Wade, pour des intérêts politiques nous dit-on, a commencé à faire revenir à la surface ces éléments de l'ancien régime qui ont été honnis le 19 mars 2000. Peut-on parler de changements réels à Kaolack ? Non. puisque ce sont les pires responsables socialistes qui sont remis au devant de la scène.
Les bons socialistes, dignes, immaculés n'ayant rien à se reprocher sont restés au bercail. Seuls les traîtres, les douteux, sans scrupules, ont quitté le Ps pour les prairies bleues. Les artisans de l'alternance au Saloum sont là. Est-il besoin de rappeler qu'ils ont réalisé cette prouesse sans Salif Bâ, El Hadji Malick Guèye, Abdoulaye Diack, Mor Maty Sarr, Daouda Faye (ils étaient tous au Ps jusqu'en mars 2000). Même Khalifa Niass a toujours brillé par son absence. En effet, l'inacceptable est que le secrétaire général national veuille nous prendre pour des inconditionnels, des gens acquis à sa propre cause. Me Wade ne pense-t-il, pas comme Aristote qu'«il y aurait par nature, des êtres faits pour obéir et d'autres destinés à commander».
Après avoir fait de nous des escaliers jusqu'à son accession à la magistrature suprême, il nous trouve subitement incapables au point d'aller fouiller dans le camp des vaincus pour nous trouver de nouveaux leaders politiques. La situation de Kaolack est ésotérique. Le dicton wolof campe bien le sujet «Politik yégoul alakhira». Qu'est-ce que ces gens-là qui font qu'on nous abhorre tant aujourd'hui n'ont pas manigancé pour empêcher cette alternance ? On essaye de nous imposer Salif Bâ qui, en dehors des problèmes d'expression qu'il a, ne peut mobiliser qu'en dehors de la ville. Officiellement, le parti ne soutient personne, officieusement c'est lui qui est congratulé publiquement par le président à l'inauguration du marché aux poissons et lors du dernier périple de Me Wade. Pourquoi toutes ces manières abjectes ? La sujétion doit cesser.
Pour paraphraser Abourizk ,Wade ne travaille que pour son propre prestige. Ce qui l'intéresse c'est la pérennité de son magistère et l'inscription de son nom dans les annales de l'histoire du Sénégal (Porte du millénaire, Promenade des Thiessois, Coeur de ville à Kaolack, etc.) Le luxe n'est pas à l'ordre du jour pour les Kaolackois, ils ont surtout besoin de travail pour une jeunesse désoeuvrée. De la promesse d'une autre usine de sel entre les deux tours de la présidentielle, nous sommes passés par la promesse des engins recyclés par les pays développés pour faire face à la saleté de Kaolack pour en venir aujourd'hui à une activité de pisciculture dans les zones inondables de la ville. De qui se moque-t-on ?
Jeunes de ce pays, vous qui ne bénéficiez que d'une seule nationalité (sénégalaise), prenez conscience de votre importance dans les partis politiques. Sans la jeunesse, pas de politique. Que cette nouvelle majorité de «ndiaga ndiaye» , les pourboires et certains émoluments ne vous détournent pas de l'essentiel : le Sénégal de demain, ce pays nous sera légué. Barrons la route à tous ces marchands d'illusions, ces chercheurs de primes politiques qu'on peut bien nommer les fossoyeurs de la République qui ont fini par confirmer leur incompétence.
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