16 Juillet 2004
opinion
Il fut un temps, guère lointain où les portes de Rebeuss étaient grand ouvertes à l'éternel secrétaire général du Pds (dans le sens liberté vers cachot, bien sûr).
C'était du temps où Wade était sous le coup d'un «flagrant délit permanent» pour crime d'ambition présidentielle. Un procureur avait trouvé cette monstruosité juridique pour tenir un gîte au chaud dans les cachots de la République à l'opposant qui troublait les nuits du pouvoir Ps.
En ces temps-là Serigne Diop, Mbaye-Jacques Diop ou autres Abdoulaye Diack mettaient tous leurs talents à faire en sorte que jamais il n'y ait d'alternance politique au Sénégal. Les médias d'Etat leur étaient largement ouverts. Et ils ne se privaient pas de peindre Wade sous les traits d'un dangereux anarchiste dont l'accession au pouvoir ouvrirait le règne du chaos.
Seule la presse privée assurait le service public de l'information. Les démocrates de ce pays ont encore à l'esprit des souvenirs impérissables de ces moments épiques où la tragédie a été maintes fois évitée par la détermination de ceux qui n'acceptèrent pas l'arbitraire. Au nombre de ceux-ci, les journalistes: on a tous en mémoire cette inoubliable «une» de Sud Quotidien: «le flagrant délire d'un procureur».
Le persécuté d'antan est à présent au pouvoir, mais ceux qui ont pu nourrir l'illusion que se levait l'aube des libertés s'aperçoivent qu'on est au plus noir de la nuit. Il faut dire qu'aux premières heures de l'alternance, la vigilance générale s'était assoupie et les tourments infligés aux libertés passaient pour des dérapages regrettables sans lendemain. Mais déjà le monstre (pour reprendre la très juste qualification des journalistes) était en gestation.
En effet, le monstre est dans la Constitution qui accorde des pouvoirs quasiment sans limites à un homme, le président de la République, et sans d'autres contrepoids que virtuels. Le Forum civil ne se gêna pas de s'associer à la mise en scène "incivile" d'un débat sur le projet de Constitution dont la seule finalité était d'obtenir le renvoi de l'Assemblée où le Ps était majoritaire au grenier et de lui substituer un parlement plus accommodant. On se souvient tous du non-débat organisé dans les jardins de la présidence dont la presse était exclue - sauf les médias d'Etat - avec pour maître de cérémonie le président du Forum civil: un citoyen fut publiquement et violemment pris à partie pour avoir osé exploré certaines idées sur le traitement de la rébellion. Le mal-pensant fut traité pire que les rebelles dont le chef est souvent reçu au Palais.
De même, lorsque le Populaire s'avisa d'offrir à ses lecteurs un rappel des événements majeurs ayant ponctué la sanglante rébellion en Casamance, l'auteur des
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2004 Wal Fadjri. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.