Faouzia Ababsa
19 Juillet 2004
140 terroristes recherchés se trouvent à l'étranger, pour certains en détention et pour d'autres en liberté. C'est ce qu'a affirmé Farid Bencheikh, directeur d'Interpol Alger dans un entretien accordé à notre confrère El Bilad et publié dans son édition d'hier.
Des mandats d'arrêts internationaux ont été lancés contre eux. Ce criminologue a également indiqué que les Algériens qui ont commis des actes criminels ou terroristes et qui ont été arrêtés sur le territoire national conséquemment à un mandat d'arrêt international, seront jugés en Algérie en vertu de la nationalité et des lois nationales. «Cela bien sûr après avoir demandé et obtenu son dossier de la part du pays dans lequel ils auront commis ces actes», ajoute-t-il. D'ailleurs, dira l'invité de notre confrère, l'Algérie a déjà eu à juger et condamner des nationaux impliqués dans des affaires de terrorisme et criminelles à l'étranger sans que pour autant ils ne soient extradés. L'auteur de La symbolique de l'acte criminel : une approche psychanalytique, paru en 1998, indiquera que Interpol Alger et l'ensemble des services de sécurité travaillent en étroite collaboration avec leurs homologues étrangers, notamment dans les échanges d'informations et de renseignements. «Il nous arrive de transmettre aux services étrangers des renseignements concernant des Algériens arrêtés chez eux et soupçonnés de terrorisme ou de tout autre crime.»
A propos du terroriste Mokhtar Ben Mokhtar, M. Bencheich a affirmé que ses services ont reçu il y a peu de temps des bulletins de la part de plusieurs pays qui le réclament, «notamment des pays qui s'intéressent au commerce des armes. Les recherches et les enquêtes se poursuivent pour l'arrêter. Cela, en sachant qu'il active toujours au Sud». Et le psychanalyste en criminologie d'ajouter : «Sa tête est mise à prix en raison de sa dangerosité et de la dangerosité de ses activités [trafic d'armes]. Aussi, la surveillance est accrue et ses mouvements sont surveillés au sud du pays et dans le Sahel.» Les services de sécurité algériens ont reçu plusieurs correspondances des Etats-Unis, de France, de Grande-Bretagne et d'Allemagne, sollicitant des renseignements et des informations sur cet individu pour savoir quel est le degré des liens qu'il a avec Al Qaïda et le degré de son implication dans certains actes terroristes à l'image de l'enlèvement des touristes étrangers.
Abordant la cybercriminalité et l'utilisation d'Internet par les terroristes, M. Bencheikh a indiqué qu'il a reçu dernièrement une correspondance européenne concernant un Algérien qui a tenté de donner des informations sur les groupes terroristes à des personnes de l'autre côté de la Méditerranée et ce à travers le courrier électronique qu'il envoie à partir d'un cybercafé se trouvant dans l'est du pays. «Nous avons mené une enquête et nous avons réussi à déterminer le site électronique ainsi que le cybercafé d'où ont été envoyés les messages. Les recherches se poursuivent pour interpeller l'auteur.» A la question de savoir si les services de sécurité algériens sont aptes à déterminer les lieux et les pays qui hébergent les sites Internet qui font l'apologie du terrorisme, M. Bencheikh dira : «Nous avons déterminé un site pour la propagande et l'apologie appartenant au Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC).
L'hébergeur du site se trouve à Washington. Nous avons donc saisi les Etats-Unis les sollicitant pour mener l'enquête et les recherches nécessaires afin de connaître avec précision la société qui héberge le site du GSPC. Nous attendons toujours la réponse.» A propos de Abdelmoumen Khalifa, le directeur d'Interpol Alger a déclaré que selon les informations en sa possession, le patron du groupe effondré se trouve en Grande-Bretagne. Cependant, les autorités britanniques ont refusé de l'extrader en ce sens qu'elles émettent beaucoup de réserves notamment l'inexistence de convention d'extradition entre les deux pays. «Nous poursuivons tout de même les discussions jusqu'à ce que nous convainquions les autorités britanniques à l'extrader.» Au sujet de son éventuel déplacement et installation au Brésil sous une fausse identité, M. Bencheikh a indiqué qu'il n'était pas au courant et que de toutes les façons, il allait transmettre une correspondance à la Grande-Bretagne et au Brésil pour confirmer ou infirmer cette information rapportée par la presse.
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