Youcef Salami
19 Juillet 2004
En réunion hier au siège de PROMEX, organisme sous tutelle du ministère du Commerce, chargé de la promotion du commerce extérieur, le ministre du Commerce, Noureddine Boukrouh, a fait connaître un plan de lutte contre l'informel.
Il s'agit d'un programme à multiples volets soumis déjà à l'appréciation du gouvernement. Celui-ci l'a avalisé et attend du concert. Noureddine Boukrouh s'est attardé sur l'essentiel, indiquant qu'il est question dans ce plan d'un travail graduel, étalé dans le temps, et non d'une campagne, d'une chasse aux sorcières ou de quelque chose de spectaculaire. Et de promettre cependant : une telle action contre un fléau devenu une menace sociale ne demeurera pas au stade d'écrits ou de théories. Sa mise en application passe par une révision de fond en comble de la fonction de contrôle, en y mettant les moyens techniques et humains. Il est ainsi attendu la mise en pratique d'un programme de formation au profit d'agents de contrôle, l'affectation d'équipements importants (valisette de contrôle, voitures ) aux services de contrôle, notamment dans la région sud, le recrutement de mille cinq cents universitaires Il est également prévu la création d'une agence de risques liés à la consommation et la mise à niveau de certains textes de loi se rapportant au commerce. Ce faisant, le gouvernement veut faire preuve de transparence et de sérieux en matière commerciale et donner du sens à l'économie de marché atrophiée aujourd'hui par une économie informelle en «expansion», dissuasive pour l'investissement étranger.
Etant engagée dans un processus de négociations avec l'Organisation mondiale du commerce (OMC), l'Algérie est appelée à s'adapter aux normes voulues par cette institution multilatérale. Et de ce point de vue, mettre de l'ordre dans son commerce intérieur et extérieur est dans l'ordre des choses. Tout doit ainsi changer, les méthodes de travail au département du Commerce comprises. Le secrétaire général au ministère du Commerce, présent à la réunion d'hier, l'a dit. Il a fait savoir que le ministère du Commerce vient de créer une direction des ressources humaines. C'est à elle qu'échoit la gestion des carrières des agents et des cadres commerciaux. Et dans cet ordre de réorganisation, des cadres commerciaux ont été promus à la suite d'un concours interne, d'autres le seront à l'avenir. Il y aura aussi de la formation au bénéfice du personnel commercial.
Aussi des conventions ont-elles été signées avec le ministère de la Formation professionnelle à l'effet de mettre à niveau les connaissances des agents commerciaux et des contrôleurs. Dans l'agenda du ministère de tutelle, il est également programmé des cycles de post-graduation à l'intention de fonctionnaires éligibles à une formation spécialisée en économie, par exemple. Aussi des conventions pourront-elles être conclues avec l'université d'Alger dont dépend l'Institut des sciences économiques ou avec des écoles ou instituts étrangers. Noureddine Boukrouh a déclaré à ce sujet qu'il a inscrit ce qu'il a prévu en matière de formation dans l'ordre du jour de la visite du Premier ministre espagnol, Zapatero, à Alger mercredi dernier. Il l'a fait aussi avec les Français et les Américains.
Noureddine Boukrouh a estimé qu'il y a des possibilités de trouver avec ces partenaires des formules de financement ou autres. Les réformes commerciales touchent aussi les chambres de commerce et d'industrie. Il est ainsi prévu une rénovation des institutions existantes et d'en créer d'autres. Et elles s'étendent aux directions commerciales de wilaya. Les contours de ce qui est contenu dans cette réforme locale sont consignés dans un dossier soumis déjà au gouvernement.Il est utile de souligner qu'une panoplie de textes de loi liés au commerce a été adoptée par le Parlement ces dernières années. D'autres projets de loi confectionnés dans la même veine sont attendus. Des textes d'application sont aussi à venir.
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