Fraternité Matin (Abidjan)

Côte d'Ivoire: Félix Houphouët-Boigny - Relations bilatérales : les ministres des affaires étrangères de Côte d'Ivoire de 1960 à 2004

Ernest Simon Aka

22 Juillet 2004


Abidjan — " Cerveau politique de premier ordre, de plain-pied avec toutes les questions qui concernent non seulement son pays, mais aussi l'Afrique et le monde entier, ayant chez lui une autorité exceptionnelle. Et au dehors, une indiscutable influence, et les employant à servir la cause de la raison ".

Ainsi, écrivait Le Général de Gaulle, dans ses mémoires, à propos de Félix Houphouët-Boigny. Le premier Président de la République de Côte d'Ivoire, élu au suffrage universel le 27 novembre 1960. Après la proclamation, le 7 août de la même année, de l'indépendance de la Côte d'Ivoire. Coïncidence malheureuse. Celui qui aura marqué de son empreinte politique la Côte d'Ivoire moderne, l'Afrique et le monde va tirer sa révérence le 7 août 1993. Après avoir été reconduit dans ses fonctions lors des présidentielles successives. La carrière politique de Félix Houphouët-Boigny se dessine en 1944. Cette année-là, il crée le Syndicat agricole africain, le premier organisme autonome d'Afrique noire. Pour soustraire les petits planteurs de l'exploitation de l'administration et du secteur privé européens. Abandonnant, de facto, sa carrière médicale pour " se consacrer totalement à l'action politique ".

L'ancien ministre d'Etat français, de juin à novembre 1957, puis ministre de la Santé Publique jusqu'en mai 1958, est né le 18 octobre 1905 à Yamoussoukro, au centre de la Côte d'Ivoire. Il était de l'ethnie Baoulé. Après des études à l'Ecole Supérieure de Bingerville et à l'Ecole William Ponty, à Gorée, au Sénégal, Félix Houphouët-Boigny sort major de sa promotion à l'Ecole de médecine de Dakar.

Les services de santé de l'administration de l'Afrique occidentale française bénéficieront de sa disponibilité et de son amour au travail de 1925 à 1940. Des obligations familiales ont failli mettre un terme à ce parcours médical. En 1932, Houphouët-Boigny est désigné pour être chef de canton. Il se désiste en faveur de son jeune frère à la tête de la chefferie. Mais, huit ans plus tard, il n'y échappe pas suite à la mort de ce dernier. L'auteur de la " Loi Houphouët-Boigny " pour l'abolition du travail forcé postule, en 1945, à un poste de député à la première Assemblée constituante française. Malgré la violente opposition de l'administration coloniale. Une année après, sous son initiative et sa présidence, a lieu à Bamako le Congrès constitutif du Rassemblement Démocra-tique Africain (RDA). Il sera élu président de ce parti et du Parti Démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI). Conseiller général de Côte d'Ivoire de 1946 à 1952, Houphouët-Boigny sera élu en 1947 au Grand Conseil de l'Afrique occidentale française (AOF). Il en deviendra le Président de mai 1957 à mai 1958. L'ascension politique du futur Premier ministre de Côte d'Ivoire (30 avril 1959) connaîtra un virage décisif en février 1949. Au cours d'une réunion publique à Treichville, un quartier d'Abidjan, des incidents ont lieu faisant de nombreux morts et blessés.

Un mandat d'arrêt est lancé contre Félix Houphouët-Boigny. Il évite un piège à Yamoussoukro. Mais, plusieurs de ses amis, tombés dans l'escarcelle de l'administration coloniale, seront jugés et condamnés. En France où il se retrouve en 1951, le ministre délégué à la Présidence du Conseil (du 1er février 1956 au 13 juin 1957) trouve un nouvel appui politique : l'Union Démocratique et socialiste de la Résistance de René Pleven et François Mitterand. Houphouët se désolidarise de son allié, le Parti Communiste français et adhère au parti de François Mitterand. Après la grande victoire du R.D.A aux élections législatives de 1956, il " accepte de participer au gouvernement français ". Félix Houphouët-Boigny prendra une part active dans la mise au point de la Loi-cadre sur l'autonomie interne des territoires français d'Afrique. L'arrivée au pouvoir du Général de Gaulle marque une nouvelle ère pour l'Afrique. Houphouët, ministre d'Etat qui participera à l'élaboration de la Constitution de la Vème République, remettra sa démission du poste de ministre de la République française le 8 janvier 1959. Pour conduire son pays à l'indépendance.

Siméon Aké

Premier Conseiller près la Mission de Côte d'Ivoire, auprès des Nations unies à New York de mars 1961 à mars 1963.

C'est par cette nomination que Feu Siméon Aké, né le 4 janvier 1932 à Bingerville, fait son entrée dans l'univers diplomatique ivoirien. Après avoir servi en qualité de chef de cabinet au ministère de la Fonction publique de 1959 à 1961. Ses études de Droit à l'Université de Dakar, au Sénégal, sanctionnées par une licence obtenue en 1957, puis un diplôme d'Etudes Supérieures de Droit Public un an après, à la Faculté de Droit et des Sciences Economiques de l'Université de Grenoble (Isère, France) le prédestinaient à cette carrière. Elle sera riche en enseignements, sous la houlette de Félix Houphouët-Boigny. Siméon Aké a eu un privilège : faire pratiquement toute sa carrière dans les méandres de l'Organisation des Nations-unies à New York. Un passage tout de même à Londres d'avril 1964 à août 1966. En qualité d'Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire près les Royaumes de Grande-Bretagne et de l'Irlande du Nord, de Suède, du Danemark et de la Norvège, avec résidence à Londres. Par la suite, il aura passé 11 ans aux Nations-unies (de septembre 1966 au 20 juillet 1977). Siméon Aké sera Ambas-sadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire, Représentant permanent de la Côte d'Ivoire auprès de l'Organisation des Nations-unies à New-York. En cette qualité, il a été successivement élu vice-président du Conseil du Programme des Nations-unies pour le Développement, Vice-Président du Conseil Economique et Social des Nations unies, Président de la Commission de visite des Nations unies au Sahara Occidental et Président du Conseil économique et social des Nations unies. Un retour au pays pour assurer les fonctions de ministre des Affaires Etrangères du 20 juillet 1977 au 30 novembre 1990. Et revoilà Siméon Aké en République Fédérale d'Allemagne et au Saint-Siège, au Vatican. Membre du Comité directeur du Parti Démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), il deviendra membre du bureau politique du même parti. Siméon Aké, ministre des Affaires Etrangères du 20 juillet 1977à novembre 1990, est détenteur de plusieurs distinctions étrangères.

Amara Essy

Les Nations unies, S.E.M. Essy Amara les a pratiquées. Président du Groupe des 77 de Genève en janvier 1997, il assumera les fonctions de Vice-Président de la Première Commission de l'Assemblée Générale des Nations unies (questions politiques et désarmements), puis, au même poste, il s'occupera des questions économiques et financières. Avant de présider le Conseil de Sécurité et la 49ème Session de l'Assemblée Générale de l'Organisation des Nations unies du 20 septembre 1994 au 20 septembre 1995. S.E.M. Essy Amara a participé à plusieurs conférences internationales qui ont regroupé ministres et chefs d'Etat et de gouvernement de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA). Tout comme celles de la Communauté Economique de l'Afrique de l'Ouest. Titulaire d'une licence en Droit Public, d'un diplôme d'Etudes Supérieures de Droit Public et d'un diplôme de la Dotation Carnégie pour la paix internationale (Diplomatie), S.E.M. Essy Amara a été nommé ministres des Affaires Etrangères en novembre 1990.

M'Boua Christhophe Valentino

Ministre des Affaires Etrangères après avoir été Conseiller aux Ambassades de Côte d'Ivoire à Paris, Moscou, Tunis et Ottawa, S.E.M. M'boua Christophe Valentino, né le 7 avril 1942 à Addah (Jacqueville), est diplômé en maîtrise de Droit international et de 5 certificats de Doctorat à l'Institut universitaire des Hautes Etudes internationales de l'Université de Genève. Depuis 1997, il est chef du Comité de suivi de la Coordination de la politique de coopération au secrétariat général du ministère d'Etat, ministère des Affaires Etrangères.

Gomis Providence Charles

Ambassadeur Extraordinaire et Pléni-potentiaire de la République de Côte d'Ivoire près la République Fédérative du Brésil, en février 1978, puis près les Etats unis et le Mexique avec résidence à Washington, S.E.M. Gomis Providence Charles est nommé ministre des Relations Extérieures le 10 mars 2000. Il est né le 5 février 1941 à Grand-Bassam et est titulaire du Baccalauréat série philosophie. S.E.M. Gomis décrochera un Bachelor of Arts (licence de sciences politiques) UCLA, un master of Arts (Diplôme d'études supérieures de Lettres UCLA, un certificat de stage en Diplômatie de la Carnégie School of Advanced Internatio-nal Studies-Washington D.C (USA) et un certificat de stage de l'Institut de développement économique de la Banque Mondiale-Washington DC (USA). Un ensemble de connaissances en économie qui aura permis à M. Gomis d'être chef de cabinet du ministre de l'Economie et des Finances et administrateur de société de 1967 à 1973 et trois années plus tard, président du Conseil de la Bourse des Valeurs.

Sangaré Abou Drahamane

Docteur en Droit Public à la Faculté de Droit de l'Université d'Abidjan, Docteur en Droit à l'Institut du Droit de la Paix et du Développement (IDPD) de Nice, di-plômes d'Etudes Supérieures de Droit Public et Approfondies de Science Politique, M. Sangaré Abou Drahamane est nommé ministre d'Etat, ministre des Affaires Etrangères le 27 octobre 2000. Maître-Assistant à la Faculté de Droit de l'Université d'Abidjan, il connut les affres de la vie de journaliste. Directeur de publication de "La Voie", il est emprisonné à la Maison d'arrêt et de Correction d'Abidjan (MACA) d'avril à décembre 1994. Pour "incitation à la violence" en tant que directeur de publication, suite à un article de presse : " L'équilibre de la terreur ", paru dans "La Voie". Secrétaire général, porte-parole du Front Populaire Ivoirien, M. Sangaré Abou Drahamane est né le 9 mars à M'bahiakro.

Bamba Mamadou

Ministre d'Etat, ministre des Affaires Etrangères depuis le 13 mars 2003, date de la formation du présent Gouvernement de Réconciliation nationale, S.E.M. Bamba Mamadou assurait les fonctions de ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de la Réforme administrative.

Député à l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire, il est membre de la Délégation du Parlement ivoirien à la session de l'ONU (Conseil de Sécurité) en 1989. Titulaire d'une maîtrise en Economie Publique, S.E.M. Bamba Mamadou a obtenu un DEA en Monnaie et Finances à l'Université Clermont-Ferrand, puis un Doctorat en Monnaie, Finances et Croissance à l'Université Paris X.

Il est médaillé de l'Etat du Nebraska et de Nasheville (Etats-Unis d'Amérique)

Source

Ministère d'Etat, ministère des Affaires étrangères

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