Fraternité Matin (Abidjan)
J. G
23 Juillet 2004
Abidjan — Sijiri Bakaba a été nommé directeur par décret présidentiel le 20 décembre 2000. Sa gestion de ce grand rêve des artistes et comédiens de Côte d'Ivoire est décriée.
Avoir un espace d'expression avait été un rêve caressé depuis par les artistes ivoiriens qui étaient obligés de jouer dans les centres culturels étrangers. Ils eurent-cadeau royal-un Palais. Un Palais de la culture, un joyau architectural qui semble leur échapper à cause des tarifs qu'ils jugent élevés. Retour sur l'historique avant leurs griefs.
Construit sur le site Lagbo, ancien village Anoumanbo, le Palais de la culture déploie son imposante stature entre les ponts Houphouët-Boigny et Général de Gaulle. Ce joyau qui donne au front lagunaire de Treichville un rien d'air altier-il est étendu sur une superficie de 2,5 hectares-est le fruit d'une coopération sino-ivoirienne. C'est le mercredi 26 juillet 1995 que le Président Henri Konan Bédié, alors Président de la République de Côte d'Ivoire, en pose la première pierre, au terme de trois années d'âpres discussions entre parties ivoirienne et chinoise. Trois années, si l'on s'en tient à 1992, année où la Chine esquisse les premiers pas de la coopération, en octroyant cent millions de Yuan remnibi-l'équivalent de 5,5 milliards de F.CFA avant la dévaluation. Trois années aussi durant lesquelles les discussions achoppent sur le type d'architecture à adopter. La partie chinoise, soucieuse de faire porter au Palais de la culture son empreinte architecturale bute sur l'opposition de la partie ivoirienne. La Côte d'Ivoire estimant que la coopération implique l'échange tant en terme économique qu'esthétique souhaite voir l'édifice symboliser l'idée de symbiose censée marquer toute coopération.
En définitive, quand en juillet 1995, le Président Bédié pose la première pierre du Palais de la Culture, l'on croit réglée la question du modèle : le Palais ne sera ni un pagode chinois ni un siège Akan. Mais un joyau de modernité bâti "autour d'un axe principal sud-est / Nord-ouest à la fois réel dans l'espace virtuel dans son tracé permettant l'éclatement du Palais" ajoutent, de manière docte. Deux architectes ivoiriens ont ravi le marché du théâtre de verdure : Sossah Francis et Edmond Konan Koffi. La durée des travaux est fixée à 30 mois, annonce-t-on, dès 1995, mais c'est seulement en octobre 2002 que le dernier pavillon de l'ouvrage-le théâtre à ciel ouvert sera prêt. D'un coût fixé à 13 milliards F CFA, selon la convention signée en 1992, le Palais de la Culture reviendra en définitive à plus de 21 milliards de F. CFA, les travaux de construction ayant plus d'une fois été interrompus. Toutes chose qui engendreront des frais supplémentaires. Censés verser, respectivement, les sommes de 7 milliards et de 6 milliards, les parties chinoise et ivoirienne débourseront en fin de compte 12 et 9 milliards, pour mener à bien la matérialisation de leur coopération.
La signature de contrat signée le 26 mars 1994 au cabinet du ministre de la Culture, entre les ministres Zadi Zaourou, Tiapani et la délégation chinoise conduite par M. Wang Feng, aura débouché, au terme de plus d'une péripétie, sur une issue heureuse.
Le Palais de la Culture, tel que livré, est composé de deux parties dont la première couvre une superficie de 8500m2, constituée de bâtiments entièrement couverts : galerie d'exposition, locaux administratifs et techniques, théâtre d'enregistrement et de répétition de 300 places, théâtre dramatique de 700 places, théâtre de concert de 1500 places. La deuxième partie s'étend sur une superficie de 1750m2. C'est le théâtre a ciel ouvert. Il donne sur le plan d'eau lagunaire et est doté d'une capacité de 3000 places dont 2500 assises. L'ouvrage est conçu en demi-cercle, sous forme de gradins en béton armé. L'ensemble de l'édifice est fondé sur des pieux de 25 mètres de profondeur et couvre une superficie totale de 16.250m2.
Outre la réalisation d'une plate-forme pouvant accueillir plus de 300 véhicules, 10.000m2 d'espace vert sont prévus. L'entretien et la maintenance des équipements du joyau nécessitent une bagatelle de 2 milliards de francs CFA par an.
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