Le Journal de l'Economie (Dakar)
Malick Sylla
19 Juillet 2004
Le Crédit Lyonnais Sénégal a connu, au titre de l'exercice 2003 un résultat bien meilleur que celui de 2002. Le résultat net et le total bilan connaissent respectivement une hausse de 12,82 % et 19,8 %, même si le produit net bancaire chute de 4,45 %.
Le Crédit Lyonnais Sénégal vient rendre public son rapport annuel arrêté au 31 décembre 2003. Ainsi, contrairement à l'exercice 2002 où une forte baisse de 34 % du résultat net avait été notée par rapport à 2001, la banque affiche en 2003 un résultat bien meilleur qui se situe à 1,940 milliards. Ce qui représente une progression de 12,82 %. Le Crédit Lyonnais relève ainsi progressivement la pente. Néanmoins, les résultats de 2003 restent bien en-deça de ceux de 2001 qui avait vu la banque réaliser un exercice faste avec 2,6 milliards de résultat net.
Le produit net bancaire (PNB), équivalent du chiffre d'affaires pour les entreprises ordinaires, s'élève à 6,483 milliards de francs CFA, en baisse de 4,45 % par rapport à l'exercice 2002. Il se décompose en nets d'intérêts pour 4,187 milliards (-3,47 %), en commissions pour 2,186 milliards (-6,16 %) et en profit de change pour 110 millions (-6,65 %). Les responsables de la banque estiment, dans leur rapport présenté au conseil d'administration, que la baise régulièrement du dollar tout au long de l'exercice écoulé a induit une chute des résultats de change. Il en était de même en 2002. Toutefois, les commissions encaissées en 2003 ont permis de couvrir les frais de personnel à hauteur de 107 % contre 135 % en 2002.
Les frais généraux de la banque ont enregistré une augmentation de l'ordre de 15 %, s'établissant à 3,526 milliards. Cette augmentation s'explique par la mise en ouvre de la monétique, le démarrage des activités Western Union (transfert d'agent rapide) et l'implantation d'une nouvelle agence à l'Unité 4 des Parcelles assainies sur la route du Golf. La baisse du PNB et la hausse des charges ont comme conséquence d'affecter négativement le résultat d'exploitation. Celui-ci enregistre en effet une forte baisse de l'ordre de 24,46 % en s'établissant à 2,411 milliards. Les dirigeants ont dû faire des provisions de 659 millions de francs au titre des débiteurs douteux devant l'incertitude pesant sur quelques engagements. Dans le même temps, des reprises de francs ont été réalisées à hauteur de 865 millions sur d'anciennes provisions devenues sans objet.
Le total bilan du Crédit Lyonnais s'établit à 117,248 milliards contre 97,844 milliards en 2002. Comme on le voit est énorme puisqu'il exprime une hausse de 19,8 % par rapport à l'exercice antérieur. En 2002, le total bilan enregistrait une baisse de 6 % par rapport à 2001. La même tendance à la hausse est notée pour ce qui est des dépôts de la clientèle. En effet, ils se chiffrent à 92,374 milliards de francs contre 73,137 milliards au 31 décembre 2002, soit 26,3 % de progression. Dans ces ressources collectées, la part des dépôts à vue et d'épargne est de 64,984 milliards (70,3 %) tandis que celle des dépôts à terme est de 27,390 milliards (29,7 %). Exprimés en capitaux moyens, les dépôts de la clientèle ont progressé de 6 %.
Les crédits consentis à la clientèle connaissent aussi une nette progression contrairement à l'année 2002 où on avait noté une baisse de 12,24 %. En effet, ils s'élèvent à 81,907 milliards en 2003 contre 70,610 milliards en 2002, soit une hausse de l'ordre de 15,9 %. Il faut noter que dans la typologie des crédits, le court terme prédomine avec une proportion de 71,74 %, soit 58,763 milliards en valeur absolue. La banque souligne néanmoins que les crédits court terme ont enregistré une variation positive de 17,167 milliards, soit 41,2 %, en raison de la transformation de certains crédits à moyen terme en prêts spot. Suite à ces transformations et à des remboursements anticipés, les crédits à moyen et long termes connaissent une baisse de 20,2 %. Cependant, exprimés en capitaux moyens, les crédits à la clientèle n'ont augmenté que de 4 % par rapport à 2002, permettant à la banque de maintenir l'excédent de trésorerie et d'éviter de recourir au marché interbancaire durant l'exercice 2003.
Au titre du respect de la réglementation prudentielle, les commissaires aux comptes notent que le seuil fixé par la banque centrale n'est pas respecté pour ce qui est du ratio de structure du portefeuille qui se chiffre à 9 % au 31 décembre 2003 alors que le seuil minimum exigé est de 60 %. Il faut signaler, sur ce volet, que le Crédit Lyonnais s'est légèrement amélioré par rapport à 2002 où le ratio était de 8 %. Dans le même ordre d'idée, les commissaires aux comptes soulignent dans leur rapport qu'ils ont relevé au 31 décembre 2003 deux engagements de la banque individuellement supérieurs à 75 % des fonds propres effectifs. Les normes prudentielles de la BCEAO précisent que le montant total des risques pouvant être pris sur une seule et même signature est limitée à 75 % de fonds propres effectifs de la banque. Ceux du Crédit Lyonnais s'établissent à 9,796 milliards en
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