Ndakhté M. GAYE
27 Juillet 2004
Les paysans ont bénéficié de remise de dette pourquoi pas nous, se demandent aujourd'hui les pêcheurs saint-louisiens qui se disent avoir été victimes des mêmes catastrophes qui ont conduit l'Etat à éponger les dettes des paysans. Depuis huit ans les pêcheurs guet-ndariens traînent une dette de 300 millions qui les empêche d'accéder au crédit auprès de la Cncas.
Le Syndicat national des pêcheurs et mareyeurs du Sénégal (Spms) demande au gouvernement l'épongement de 300 millions de francs de dettes que les professionnels du secteur de la pêche doivent à la Caisse nationale de crédit agricole du Sénégal (Cncas). Les paysans ayant déjà bénéficié d'une telle remise de dette, le Spms veut la pareille pour les pêcheurs. Le secrétaire général dudit syndicat, que nous avons rencontré dimanche dernier en marge des travaux du Collectif des Saint-Louisiens relatifs au foncier, fonde sa requête sur le fait que les pêcheurs saint-louisiens sont "victimes" des mêmes intempéries qui ont frappé les paysans. "Nous avons subi des dommages dus aux calamités naturelles. Nos embarcations ont été saisies par les garde-côtes togolais, bissau-guinéens et marocains", rappelle Bara Sène leader du Spms dont le siège se trouve à la langue Barbarie (Saint-Louis). Ce passif que les pêcheurs guet-ndariens (mool) traînent comme un boulet les empêche depuis huit ans d'accéder au crédit auprès de la Cncas de Saint-Louis.
Or, plaide notre interlocuteur, "les mools sont confrontés à beaucoup de problèmes récurrents qui, pour l'essentiel, tournent autour de l'absence d'infrastructures fonctionnelles, l'insuffisance de la fabrication de glace, l'inexistence de moyens logistiques, la vétusté du parc automobile pour les mareyeurs, le manque d'espace pour la transformation des produits de la mer. En plus du retard de l'implantation des récifs artificiels qui devraient permettre la reproduction des poissons et leur repos biologique".
En attendant que des solutions durables soient trouvées à ces maux, comme c'est le cas actuellement à Dakar et dans d'autres ports de pêches, le leader du Spms fait remarquer qu'à Saint-Louis, les professionnels de ce secteur se contentent du chenal de délestage qui, dit-il, "fait la fierté de tous les pêcheurs". En effet, explique notre interlocuteur, "ce chenal de délestage constitue pour nous une sorte d'embouchure qui présente beaucoup d'avantages". Et Bara Sène de poursuivre : "grâce à cette embouchure, la prise d'espèces pélagiques a connu une hausse de 12 mille tonnes cette année puisqu'elle est passée de 23 mille tonnes en 2003 à 35 mille tonnes en 2004". Aussi, le syndicaliste plaide-t-il en faveur de la stabilisation de ce chenal de délestage, de son dragage et de son balisage pour faire revenir dans les eaux de Saint-Louis les espèces perdues ou rares et maintenir celles en voie de disparition.
La construction de ce dispositif permet de dégager le surplus d'eau de la mer. Huit mètres de large et quatre mètres de profondeurs avaient été creusés à cet effet. D'après Bara Sène, cela s'est transformé en embouchure opérationnelle d'à peu près trois cents mètres de large et cinq à six mètres de profondeur. Ce qui suscita un sentiment de bonheur chez les pêcheurs ndar-ndar qui, selon notre interlocuteur, réclamaient depuis quinze ans ce chenal de délestage.
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