Le Soleil (Dakar)

Sénégal: Début de l'hivernage à Matam : les risques d'inondations persistent

Aly Bandel Niang

27 Juillet 2004


La région de Matam a vécu un week-end pluvieux. Plus de 140 mm ont été enregistrés dans les zones de Matam et de Ourossogui. En ce début d'hivernage, de réelles menaces pèsent sur les localités situées sur le long du Fleuve, particulièrement au niveau de la partie du Dandé-Maayo. De la même manière, les ouvrages situés sur la Route Nationale ne sont pas non plus épargnés. Malgré les efforts consentis cette année par les autorités du ministère de l'Equipement et des Transports terrestres, le danger reste toujours présent.

Après une pause pluviométrique de plus d'une semaine, le ciel vient de rouvrir ses vannes sur la nouvelle région de Matam. Depuis vendredi dernier, il pleut sur Matam. Selon les services météorologiques, toute la région est actuellement bien arrosée, même si on relève un déficit comparé aux années précédentes. Jusqu'au lundi, un cumul de plus cent quarante millimètres a été enregistré dans cette zone. Au moment où les exploitants des terres de cultures s'activent sur leur périmètre, tout en remerciant le ciel, le sentiment est aujourd'hui tout autre dans les zones du Dandé-Maayo.

Ici les populations gardent toujours en mémoire l'épisode de l'hivernage dernier, pendant lequel de nombreux sinistres avaient été vécus, du fait des inondations. Cette année encore, le danger est bien là. Avec cette importante quantité d'eau recueillie depuis le début de l'hivernage, tout le Dandé-Maayo est complètement coupé du reste du pays. Joindre les localités comme Waoundé, Thiemping, Odobéré-Garli et de l'autre côté, Dondou-Nguijilone ou encore Sadel est devenu un véritable casse-tête, si ce n'est tout simplement impossible à bord de véhicules.

Depuis quatre jours d'ailleurs, c'est le transport fluvial qui a repris, au grand bonheur des piroguiers qui sont restés pendant plus de huit mois en chômage technique. Un enclavement qui, faut-il le rappeler, complique le déplacement vers cette zone ou les tarifs de transport ont fini d'être revus à la hausse. Désormais, le voyage dans ces deux zones du Dandé-Maayo ne se font qu'une foi par jour. Les pirogues arrivent au quai de débarquement de Matam le matin, pour ne repartir qu'en début d'après-midi. Ce qui fait qu'en cas de force majeure, comme l'évacuation des malades pose problème.

Sur la question, le vieux Hamidou Diaw, rencontré au quai de débarquement de Matam, laisse entendre : « vous l'avez, vous-même, constaté ; c'est encore le calvaire. Actuellement, tous nos déplacements sont limités ». Il ajoute qu'il y a « une forte menace des inondations, parce que ce que nous vivons actuellement est inquiétant. Une pluie sans arrêt pendant quatre jours ! Il y a véritablement de quoi avoir peur, si l'on sait qu'une crue du Fleuve est aussi à prévoir dans les prochains jours ».

Au niveau des villes comme Matam et Ourossogui, cette pluie ininterrompue depuis le début du week-end dernier n'a pas fait que des heureux. La capitale régionale est totalement envahie par les eaux de ruissellement. Les rues devenues impraticables. Le quartier Médina Gounass est sous les eaux, comme c'est le cas d'habitude pendant l'hivernage. Située dans une cuvette, ce quartier, l'un des plus peuplés, est le lieu de rencontre de toutes les eaux de ruissellement de la ville. Dans ce quartier, les habitants ne dorment plus que d'un seul oeil. En attendant le déploiement des motos-pompes, ce sont les jeunes qui tentent de creuser des petits canaux pour évacuer l'eau des maisons. A ce propos, selon l'adjoint au Gouverneur chargé des Affaires administratives, qui assure l'intérim, les dispositions sont déjà prises pour faire face à toute éventualité.

Au cours de cet entretien, il a tenu à faire une précision : « jusqu'à aujourd'hui (NDR : lundi) il ne m'a encore été signalé aucun dégât sur l'étendue de la région ». « N'empêche, poursuit-il, le comité de suivi et de gestion des inondations est sur place et à l'écoute de toutes informations utiles. Nous sommes prêts à nous déployer en cas de catastrophe, qu'on ne souhaite pas bien sûr. Déjà, nous espérons des moyens de la Direction de la Protection Civile, qui est encore une foi décidée à nous appuyer. A cela s'ajoute que nous disposons ici de sacs à terre et d'autres matériels d'intervention. Tout cela pour dire que nous gérons la situation », fait comprendre l'adjoint au Gouverneur de Matam.

Ce week-end pluvieux a surtout été marqué par des coupures d'électricité et des perturbations sur le réseau téléphonique. Le trafic routier n'a pas encore subi de grands dommages. Les ouvrages, qui ont été réhabilités par l'Agence Régionale des Travaux Routiers (ARTR) tiennent encore. Mais il faut dire qu'ils sont tout de même sous la menace, si l'on en juge par leur vétusté très avancée.

Au village de Aouré par exemple, le pont est toujours par terre. A l'heure actuelle, il n'existe qu'une déviation pour relier les deux bouts. Ce qui pose problème pendant la pluie, d'autant plus qu'elle est située dans un marigot. Sur place, l'autorité administrative rassure qu'une équipe de veille est à pied d'oeuvre, au cas le trafic routier serait interrompu.

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