Le Quotidien Mutations (Yaoundé)

Cameroun: Les échos de la DSX : les banques, la bourse et les épargnants

Pascal E. Dang

28 Juillet 2004


opinion

A la question de savoir si la bourse peut dans une certaine mesure, être considérée comme étant une structure concurrente aux banques, Jacques Paul Wouendji, le directeur des risques à la direction générale de la Commercial Bank of Cameroon (Cbc), est tout à fait radical.

" Les banques restent les acteurs privilégiés du marché financier. Et quel que soit le circuit que va emprunter l'épargne des agents économiques, elle finit toujours par revenir échouer dans les caisses des banques ", soutient-il en réponse à la question. Il s'agissait en quelque sorte de savoir si le choix qui va bientôt s'offrir aux épargnants, avec le début annoncé des activités de la bourse des valeurs mobilières de Douala (Dsx), pourrait porter un quelconque préjudice aux activités bancaires. En effet, ils devront avoir à choisir entre les produits classiques des banques, notamment les comptes d'épargne avec leurs divers taux d'intérêt, et l'investissement dans les actions ou les obligations dans la Stock Exchange.

Parce qu'elles savent donc qu'elles gagneront en commissions, courtage et autres dans le rôle de conseil qu'elles tiendront auprès des clients, nombre de banques ont d'ores et déjà mis en place dans leurs structures, des départements titres. D'autres par contre, encore septiques sur la réelle capacité de Dsx à démarrer ses activités, n'ont pas encore investi dans ce domaine. Dans celles qui y croient, les gestionnaires de comptes sont déjà formés à cet effet, et ceux des épargnants qui le désirent, pourront avoir auprès de ces structures bancaires, des comptes titres. Dès lors, il seront à même de passer, à travers leurs banques, des ordres d'achat et de vente d'actions ou d'obligations. " Nous avons tout intérêt à donner de bons conseils à nos clients, lorsque ceux-ci émettent le désir d'aller investir à la bourse. Il y a toujours des retombées positives à notre niveau, lorsqu'ils y font de bonnes affaires, car c'est juste un changement d'itinéraire qui est opéré, et à la fin du circuit se trouve toujours la banque ", soutient M. Wouendji.

L'on explique d'ailleurs dans les milieux bancaires que seule une certaine catégorie d'épargnants peut être intéressée par les activités boursières, car celles-ci nécessitent souvent une indisponibilité de l'épargne pour une période qui peut s'avérer longue. C'est souvent à ce prix seulement qu'ils peuvent la fructifier. Et nombre d'épargnants ne sont pas à même de se payer ce luxe, souligne t-on. L'on reconnaît par ailleurs que les épargnants qui doivent parfois choisir entre des milliers d'actions et d'obligations à la bourse, disposent souvent de très peu d'informations à cet effet. Ce choix comporte donc une importante part de risques, et seule une quantité suffisante d'argent permettra de choisir un grand nombre de titres différents, bien répartis par secteurs économiques et géographiques. Malgré cela, disposer d'un capital important, avoir le temps de s'en occuper et recevoir de bons conseils ne suffit pas toujours à annuler le risque du jeu boursier. C'est pourquoi les banques sont unanimes à penser que les produits qu'elles offrent aux agents économiques restent très compétitifs, face à ceux de la bourse.

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