28 Juillet 2004
document
Le Syndicat national des encadreurs pédagogiques de l'Education de base est opposé à la loi 013 de la Fonction publique. Mais, il se veut constructif et fait des propositions pour éviter la crise qui, dit-il, se profile à l'horizon.
Monsieur le ministre, Par communiqués n°2004-0110,0111 et 112/MFPRE/SG/DGFP/DR du 13 juillet 2004, vous lanciez un avis d'appel à candidatures pour le recrutement de 250 élèves instituteurs principaux, 80 élèves conseillers pédagogiques itinérants, 100 élèves inspecteurs de l'enseignement du premier degré.
Les termes des trois communiqués faisaient alors comprendre à la masse des travailleurs burkinabè en général et, de ceux de l'éducation de base en particulier que la loi 013/98/AN du 28 avril 1998, portant Réforme globale de l'Administration publique tant décriée et rejetée par tous, entrait dans la phase hideuse de son application.
Le bureau national du Syndicat national des encadreurs pédagogiques de l'Education de base (SNEP), après moult réflexions lors de trois rencontres extraordinaires élargies aux responsables de zones voudrait par la présente attirer votre attention sur les néfastes conséquences qui pourraient résulter d'une application aveugle de cette loi, particulièrement en ce qui concerne le secteur de l'éducation de base.
Des inconvénients de cette application
Nous ne reviendrons pas en détail sur ces inconvénients, qui, du reste ont été abondamment commentés par les camarades responsables des autres structures syndicales du MEBA.
Cependant, nous citerons en exemple : - un absentéisme plus accru des enseignants ; - les mauvais rendements scolaires ; - la hausse du taux des déperditions scolaires ; - la démotivation des enseignants...
La conséquence la plus visible, de notre point de vue, c'est que cette mesure, si elle est appliquée telle qu'elle se présente aujourd'hui, fera de notre pays non pas le 175e au rang mondial du développement mais probablement le 178e sur 177, en raison de : - la déscolarisation qui se fera massive et empêchera l'atteinte des objectifs d'Education pour tous ; - la recrudescence de la délinquance juvénile et du grand banditisme résultant de la conséquence ci-dessus citée ; - l'accroissement de la paupérisation des populations ; - la situation d'instabilité dans laquelle notre pays pourrait s'installer du fait de tout ce qui précède.
En raison de tout cela, le SNEP suggère qu'une concertation soit immédiatement engagée avec tous les acteurs afin d'examiner les propositions des uns et des autres (et nous en avons !).
Des solutions
Pour le secteur de l'éducation de base, la solution que nous préconisons est le retour rapide à un statut particulier des personnels d'enseignement et d'encadrement tel que celui prévu par le kiti n°An VII 028/FP/MF/MEBAM/TRAV/du 15/04/91 et injustement supprimé.
Ce statut pourrait être relu par la Fonction publique avec l'ensemble des acteurs intervenant dans le secteur afin de prendre en compte la spécificité du métier et de le revaloriser car tous, à commencer par son Excellence M. Blaise Compaoré, chef de l'Etat et vous-mêmes Monsieur le ministre, êtes des produits de ces enseignants dont nous, enseignants d'aujourd'hui avons des raisons d'être fiers. Devons-nous en déchanter ?
Cette relecture nous permettrait comme beaucoup l'ont déjà suggérée, de faire des amendements allant dans le sens de la prise en compte des titres de capacité et diplômes de l'enseignement supérieur.
Au SNEP, nous avons déjà réfléchi à des propositions que nous pourrions faire, si de telles négociations étaient entreprises et sommes persuadés que les autres structures en ont fait de même.
Excellence, Monsieur le ministre, la situation est préoccupante comme en témoignent les manifestations programmées ça et là et qui ne sont que les prémisses des désordres qui pourraient s'installer. C'est pourquoi, le SNEP vous exhorte à convoquer ces rencontres le plus rapidement possible afin que dans l'ordre, le respect et la paix, nous parvenions à de meilleurs accords.
En vous souhaitant une bonne réception de la présente, je vous prie de croire, Monsieur le ministre, notre entière disponibilité.
Ouagadougou, le 23 juillet 2004
Pour le Bureau National Le Secrétaire général
Boubakar LOMPO
Légende
Boubacar Lompo, Secrétaire général du SNEP (Ph. d'archives)
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2004 Le Pays. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.