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Soudan: Les réfugiés soudanais au Tchad vivent dans des conditions extrêmes

Par Wendy Lubetkin Correspondante du "Washington File"

28 Juillet 2004


Genève — La communauté internationale va devoir déployer de grands efforts pour faire face aux besoins croissants de quelque 200.000 Soudanais qui se sont réfugiés dans les régions désertiques de l'est du Tchad, a déclaré une haute responsable du département d'Etat, Mme Linda Thomas-Greenfield, lors de la conférence de presse qu'elle a donnée le 28 juillet au siège genevois de l'ONU.

"La situation dans les camps de réfugiés au Tchad est extrêmement difficile", a-t-elle dit. La sous-alimentation et les maladies diarrhéiques y sont en augmentation et l'alimentation en eau y est insuffisante.

Le personnel des organismes d'aide, qui travaille lui-même dans des conditions très difficiles, s'emploie à distribuer l'aide aux réfugiés qui arrivent au Tchad. Toutefois, sans une aide supplémentaire de la communauté internationale, il ne sera pas en mesure de satisfaire les besoins croissants.

De retour d'un voyage d'une semaine au Tchad, Mme Thomas-Greenfield était venue à Genève pour parler avec des responsables des organismes d'aide de la situation des réfugiés dans ce pays et pour encourager les pays donateurs à contribuer avec générosité à cette opération de secours qui manque de moyens financiers.

Les Etats-Unis sont de loin le pays qui apporte l'aide la plus importante au Tchad. Ils fournissent de 50 à 60 % du financement des secours dans ce pays, a-t-elle dit en indiquant que divers pays devraient contribuer plus à ce financement.

Il est difficile, a-t-elle souligné, de prévoir combien de réfugiés risquent d'arriver au Tchad. "On espère que des couloirs "humanitaires" vont s'ouvrir au Darfour de sorte que les sinistrés n'éprouvent pas le besoin de franchir la frontière pour obtenir une aide et une protection au Tchad."

A l'heure actuelle, de 200 à 300 réfugiés arrivent à la frontière tous les jours. Il se peut que d'autres ne puissent pas la franchir à cause de l'insécurité qui règne dans la région ou à cause des pluies. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a élaboré des plans d'urgence pour 100.000 réfugiés de plus.

L'acheminement des vivres dans la partie est du Tchad constitue l'une des "opérations logistiques les plus difficiles" que Mme Thomas-Greenfield ait observées. "Les routes ne sont pas très bonnes.

La saison des pluies a commencé. La plupart des gros camions ne peuvent pas emprunter les routes pendant la saison des pluies. Les distances sont immenses."

Dans le désert où les 11 camps de réfugiés sont situés, l'eau est "probablement ce dont les réfugiés ont le plus besoin", a-t-elle dit.

"Sans eau, toutes sortes de problèmes font leur apparition, qu'il s'agisse de problèmes médicaux ou sanitaires."

Le Haut-Commissariat des réfugiés prévoit 15 litres d'eau par personne par jour, mais certains camps au Tchad ne peuvent fournir que 6 litres par personne. Dans un camp où elle s'est rendue, les réfugiés étaient privés d'eau ce jour-là parce qu'il n'était pas possible de pomper l'eau d'un puits à cause de la panne d'une génératrice.

Par ailleurs, quelque 80 % des réfugiés sont soit des femmes soit des enfants. Il s'ensuit que le Haut-Commissariat des réfugiés a besoin de s'occuper tout particulièrement de la question de la sécurité dans les camps.

Mme Thomas-Greenfield a déclaré qu'elle avait été frappée par la situation des membres du personnel des organismes de secours qui vivaient dans des conditions extrêmement difficiles et dont certains dormaient en plein air la nuit. "Ils consacrent leur énergie à la distribution d'une aide aux réfugiés jour et nuit et tiennent très peu compte de leurs propres besoins. Un grand nombre d'entre eux vivent sans abri, sans eau, sans nourriture."

Le gouvernement tchadien, a-t-elle dit, fait preuve d'une grande hospitalité à l'égard des réfugiés en fournissant des terrains pour les camps. En outre, "la population locale apporte un soutien très généreux, mais (...) elle vit elle-même dans des conditions extrêmement difficiles (...) Je pense que les agences de développement devront aussi s'intéresser à la situation des habitants des zones situées près des camps de réfugiés."

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