Notre Voie (Abidjan)

Côte d'Ivoire: Désigné meilleur animateur de l'année 2003 - Didier Bléou : "Désormais, le public sera plus exigeant avec moi"

Eric Cossa et Serikpa Benson

29 Juillet 2004


Didier Bléou a été sacré meilleur animateur de l'année 2003 par le public qui a participé au vote concours initié par la FEPART-CI. Si l'animateur ne boude pas son plaisir, il reconnaît cependant qu'il ne s'y attendait pas du tout. Entretien avec le jeune loup du micro.

Une semaine après votre sacre comme meilleur animateur de l'année 2003, comment vous sentez-vous ?

Ça va. Dans la tête je me sens bien. J'ai été félicité par des amis et des parents à l'intérieur comme à l'extérieur du pays.

Vous attendiez-vous vraiment à ce prix avec des concurrents comme John Jay, Serges Fattoh ?

Non pas du tout. C'est le public qui juge. Il n'y a pas d'audimat ici pour apprécier le travail qu'on fait. Ce qui fait qu'on ne peut pas savoir d'avance si je pouvais être choisi ou pas par le public. Il n'y a jamais eu un tel concours ici. C'est une première.

Qu'est-ce qui a fait pencher la balance en votre faveur ?

Je ne sais pas. Moi-même je me pose la question (rires). Mais il y a peut-être quelque chose qui me lie au public qui m'a élu. Il a certainement voulu témoigner cela. Le public seul a ses arguments et ses raisons.

Pensez-vous être un animateur modèle ?

Noon ! Je suis un homme. J'ai des qualités et des défauts. Mais je pense que mes qualités sont plus importantes que mes défauts. C'est pour cela certainement que j'ai été désigné par le public meilleur animateur de l'année écoulée.

Mais ce titre n'est-il pas une charge un peu trop lourde pour votre jeune carrière ?

Vous auriez voulu qu'on me reconnaisse mes qualités dans ma tombe ? (rires) Non ! Un prix, c'est toujours bien. Il faut le prendre comme un don du ciel, un cadeau de Dieu. Il ne faut pas cracher dessus. Nous sommes nombreux à pratiquer ce métier. Et si j'ai été choisi par le public, je ne peux pas bouder mon plaisir. Un challenge ? Oui et non à la fois. Oui parce que désormais le public sera plus exigeant avec moi. Non, parce que je ne vais pas changer ma façon d'animer. C'est le travail que je fais qui a été primé. Donc je reste dans mon registre.

Pendant vos émissions, on vous a parfois vu vous énerver dans les coulisses, surtout quand tout ne tourne pas rond

Ça arrive quand il y a un problème de synchronisation entre le réalisateur, les techniciens et moi. Cela me met hors de moi. Mais cela fait partie du quotidien des émissions. En général, les problèmes sont vite aplanis car je suis entouré d'une équipe de professionnels.

Avez-vous d'autres projets ? Par exemple présenter des émissions de débat politique, de sport, le journal télévisé

Je pense qu'un homme de média doit connaître ses limites. Il doit pouvoir avoir l'honnêteté de reconnaître que dans tel domaine, il ne peut pas faire le travail qu'on lui demande. Moi par exemple, je ne souhaite pas présenter les débats politiques. Je préfère suivre ces débats à la télévision. Présenter des émissions de sport ou le journal télévisé ? Pourquoi pas, car j'ai reçu une formation de journalisme à l'EFAP comme mon ami Lanciné Fofana de la Première qui est de la même promotion que moi.

Quels sont vos rapports avec les autres animateurs et les acteurs du show biz de manière générale ?

J'ai de bons amis dans le milieu. Mais comme dans toute corporation, il y a des gens qui ne sont pas toujours francs dans leurs rapports. Prenons le cas des producteurs et des artistes. Quand ils ont besoin de toi, ils sont là. Quand ils n'ont plus besoin de toi, c'est fini. Mais c'est ça aussi le métier et on fait avec.

Votre travail est reconnu aujourd'hui par le public à travers le prix "Eléphant d'or". Que pouvez-vous dire aux autres animateurs ?

Un message de persévérance. Il y a des moments où on est confronté à mille difficultés. Mais il ne faut jamais baisser les bras. Ahmadou Koné a dit dans son roman "Les frasques d'Ebinto" que nous sommes "la génération du sacrifice". C'est cela. Moi j'ai eu beaucoup de problème au plan professionnel. Dieu est grand, aujourd'hui ça va un tout petit peu. Il faut qu'ils aient le moral qu'il faut pour pouvoir surmonter toutes les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Parce que les difficultés font aussi partie de la vie.

Parcours

"A l'époque, pendant que j'étais étudiant, j'animais sur "Campus FM". Ensuite, je me suis inscrit à l'Ecole française des attachés de presse (EFAP) où j'ai suivi une formation en journalisme. Après ma formation, j'ai fait un stage au service journal à Radio Côte d'Ivoire. Mon stage terminé, je me suis retrouvé à Africa N°1 qui avait ouvert à Abidjan. Mais pour des problèmes politiques, cette radio a fermé. J'ai été rappelé à Radio Côte d'Ivoire par M. Paul Dokoui. C'était le 7 juin 2000, un an plus tard, je suis arrivé à TV2, et début 2004, on m'a appelé sur la Première".

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