Felix Nankasse
29 Juillet 2004
En visite au Sénégal, M. Jamal Saghir, directeur du département de l'Energie et de l'Eau de la Banque mondiale, a signé hier un protocole d'accord pour le programme eau et assainissement avec les ministères de l'Assainissement et celui de l'hydraulique.
En effet, le Programme eau et assainissement est un partenariat international administré par la Banque mondiale qui fournit une assistance technique aux gouvernements pour l'amélioration de l'accès aux services d'eau et d'assainissement aux populations défavorisées.
« La signature de ce protocole d'accord est une alliance stratégique pour la consolidation du partenariat avec le gouvernement sénégalais pour apporter un soutien aux politiques sectorielles que l'Etat est en train de mener, mais aussi de s'assurer que nous allons, dans la deuxième génération des réformes qui permettront aux plus pauvres d'accéder à l'eau et l'assainissement ». C'est en ces termes que M. Saghir a qualifié cet accord, qui permettra de mobiliser des financements pour l'exécution des projets qui seront présentés auprès des partenaires au développement avec l'appui de la Banque mondiale. Parlant de l'augmentation des tarifs de l'eau autour de 3%, M. Saghir a expliqué que cela est dû au fait que l'exploitation de l'eau est liée à toute une chaîne dont l'électricité, le pétrole et le coût de la vie. Mais, dit-il, cette augmentation a généré près de 10 milliards de FCfa dans le secteur, ce qui a permis de faire 90.000 branchements sociaux pour les pauvres, donnant ainsi la possibilité à un million de personnes de se connecter. Selon le ministre de l'Assainissement, M. Lamine Bâ, « dans le Projet eau à long terme (Pelt) financé par la Banque mondiale, le volet assainissement occupe 12% du volume global qui est de 400 milliards de Fcfa. Donc, nous avons environ, dans ce fonds, 63 milliards de FCfa destinés à financer l'environnement et l'assainissement ».
« Nous sommes en train de positionner le secteur de l'assainissement vu l'intérêt que lui porte la Banque mondiale pour que nos projets soient éligibles au niveau des instances de financement internationales », indique Lamine Bâ. Ce qui nous permettra d'attaquer, fait-il remarquer, l'assainissement en milieu urbain et rural. Quant à M. Omar Top, secrétaire général du ministère de l'Agriculture, de l'Elevage et de l'Hydraulique, il pense que ce partenariat entre la Banque mondiale et divers partenaires au développement, d'une part, et le Sénégal, d'autre part, permet de mettre en place un cadre de concertation au niveau duquel ils vont partager, échanger leurs réflexions afin que les préoccupations du gouvernement puissent être prises en compte par les bailleurs de fonds. « Pour les projets que nous sommes en train de mettre en oeuvre, révèle-t-il, les financements sont déjà disponibles, ce qui signifie que nous aurons de l'eau en quantité et en qualité jusqu'en 2015. » Dès septembre, estime-t-il, la station de Keur Momar Sarr devra permettre d'avoir 65.000 m3 qui vont combler le déficit en eau enregistré actuellement à Dakar qui est de l'ordre de 15.OOO m3. A partir de 2005, les problèmes d'eau devraient être un vieux souvenir puisque, d'ici à cinq ans, nous comptons doubler la capacité de production de Keur Momar Sarr à 130.000 m3.
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