Sud Quotidien (Dakar)

Sénégal: La presse s'associe au plaidoyer enregistrement des naissances

Samba Niébé Ba

29 Juillet 2004


Après les organisations non gouvernementales et la société civile, au tour des journalistes de se lancer dans le plaidoyer pour l'enregistrement des naissances.

Ceci, dans le cadre des activités du réseau international des journalistes pour la protection de l'enfant. Au centre des deux jours de travail ce mercredi 28 et jeudi 29 juillet, une préoccupation majeure, l'enregistrement des naissances au Sénégal dans la sous région, constitue un thème d'actualité au vu des moyens et de la campagne qui lui sont consacrés.

Le manque d'état-civil reste en Afrique et au Sénégal, une porte ouverte à tous les excès et abus sur les droits de l'enfant. La Convention relative aux droits en son article 7 stipule que, « L'enfant est enregistré à sa naissance et aussitôt dés celle-ci le droit à un nom, le droit d'acquérir une nationalité et dans la mesure du possible, le droit de connaître ses parents et d'être élevé par eux. » Dans le cadre d'une campagne nationale pour l'enregistrement universel des enfants en cours au Sénégal et dans la sous région, Plan Sénégal s'engage à côté des autorités gouvernementales et l'Unicef.

La tenue de l'atelier se place dans le cadre d'un processus qui a démarré les 19 et 21 février de cette année avec la préparation de la première conférence de l'Afrique de l'Ouest et du centre sur l'enregistrement des naissances du 23 au 24 février 2004.Les recommandations au cours de ces assises ont jeté les bases de la création de réseaux nationaux des journalistes et communicateurs pour les droits de l'enfant. Des statistiques révèlent que six enfants sur dix ne sont pas enregistrés au Sénégal à l'état-civil.

Du côté des moins de six moins le taux d'enregistrement tourne autour de 48,88 %. De fortes disparités accompagnent ces moyennes. Si Dakar a un taux de 82,6%, Kaolack affiche 44,4%. D'une manière générale, l'observation

des statistiques montre aussi que trois enfants sur quatre des zones urbaines sont enregistrées, alors que moins d'un en enfant sur l'Est en milieu rural.

La note finale sanctionnant les travaux de l'atelier de Saly constitue la conception d'un plan d'action qui va se dérouler d'octobre 2004 à décembre 2005.

Il s'articule autour de neuf grandes activités. Chacune des activités est dotée d'un contenu et d'une périodicité, en plus des observations tout le long de

son exécution. La première se résume à un état des lieux plus des émissions interactives. Des reportages dans les écoles et daaras, les centres de santé, les quartiers et rues, sur le fonctionnement de l'état-civil sont programmés dans la période du 1 octobre 2004 au 31 décembre 2004.

Le plaidoyer vise les chefs religieux, les leaders d'opinion, les réseaux des parlementaires et les associations.

Les thèmes développés sur l'état-civil, les droits et protection de l'enfant s'échelonnent du 1 octobre 2004 au 31 décembre 2005. La réalisation d'un bulletin d'information prend support sur un ensemble de séries de reportages et de dossiers sur l'état civil au cours du mois de janvier 2005.Il va avoir une parution trimestrielle tout le long du plan d'actions. Un besoin de formation se traduit par la volonté de maîtriser tous les problèmes de l'enregistrement de

l'enfant à la naissance et une meilleure connaissance des droits de l'enfant. Les mois de juin et juillet 2005 sont retenus pour cette activité.

La réalisation de spots de sensibilisation et d'émissions radiophoniques en français et en langues nationales va se traduire par des spots radio et télé,

des émissions regroupant des officiers d'état -civil, des magistrats, des Imams et des sages-femmes. En plus des débats vont être organisés. Elle va se dérouler du 1 janvier au 31 décembre 2005. Une caravane de presse est aussi prévue à travers les régions du pays pour sensibiliser le thème de la

campagne de l'enregistrement des naissances et des autres questions liées aux droits de l'enfant objet d'une attention particulière.

Des voyages d'études et un échange d'expériences figurent dans le plan d'action élaboré pour connaître les réalités des autres pays sur la question ; ils sont envisagés au cours de l'année 2005. La création d'un prix d'excellence est retenue en vue de primer le meilleur article ou reportage.

Une évaluation finale de toutes les activités menées et la définition de perspectives va se faire en décembre 2005. De l'avis du secrétaire général du réseau des journalistes et des communicateurs sénégalais pour la protection de l'enfant une conviction se dégage : « la place des enfants ,de nos enfants réside dans le fait que qu'ils soient identifiés dés leur naissance ,et là

dessus ,nous avons un rôle primordial à jouer par l'information et la sensibilisation de l'opinion. » Il a en outre invité le réseau à approfondir les axes de réflexion pour un partenariat riche, diversifié et durable.

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