Le Pays (Ouagadougou)

Burkina Faso: Culture du coton : en nette progression au Nahouri

Propos recueillis par Nouffou ZONGA (Collaborateur)

29 Juillet 2004


interview

La province du Nahouri fait partie des nouvelles zones de production cotonnière du Burkina. La culture de l'or blanc y est de plus en plus pratiquée du fait des conditions climatiques favorables. Par endroits, les opérations culturales sont difficiles à réaliser parce que le sol est constamment engorgé d'eau.

Pour en parler, nous avons rencontré le Correspondant coton (CC) de la place, Hypolite Lingani. Avec lui, nous avons abordé plusieurs questions en rapport avec la culture du Coton dans le Nahouri : la mission du CC, les difficultés qu'il rencontre, l'impact de l'abondance de pluies sur la production du coton...

Parlez-nous de votre mission dans la production du coton

Notre mission dans la production du coton consiste en l'encadrement des producteurs. Cela passe par leur ravitaillement en intrants, par l'encadrement agronomique de la production, par l'organisation de la commercialisation, de l'évaluation et de la récupération de crédits.

Quelle est la situation de la production cotonnière dans le Nahouri?

La production cotonnière au Nahouri est en nette progression, comparativement aux années passées. L'an dernier, on était à une production de 2165 tonnes, la campagne écoulée, on a atteint 3043 tonnes et cette année, sur une prévision de 3975 hectares, nous avons déjà dépassé 4000 ha. Cette production est donc en nette progression.

A quoi cela est-il dû?

Cela est dû d'une part à l'engouement des producteurs pour la production cotonnière au regard des conditions favorables qui prévalent, à savoir entre autres, l'amélioration du prix du coton qui est passé de 185 fcfa la campagne écoulée, à 210fcfa pour la présente campagne. D'autre part, les conditions climatiques ont été favorables. Cette année, nous avons reçu les pluies très tôt dans le Nahouri. Ce qui fait que nous avons des semis du mois d'avril qui, aujourd'hui, sont pratiquement en pleine capsulaison et nous avons récolté cette année, un fort pourcentage de semis de mai. C'est tout ceci qui explique la situation actuelle. Un travail de fond a été aussi fait par l'encadrement de la Sofitex et cela en collaboration avec l'union provinciale des producteurs de coton qui ont tourné pour sensibiliser les producteurs sur cette activité.

Une grande pluviométrie pourrait-elle avoir des répercussions sur la culture du coton?

En effet, dans le mois de juillet, des pluies tombent pratiquement tous les 2 jours. Cela, effectivement, a une répercussion sur la production, en ce sens que ça ne permet pas dans certaines zones, les opérations de sarclage. Nous constatons par endroits, des parcelles qui sont enherbées, où on ne peut pas effectuer ces opérations parce que le sol est constamment engorgé d'eau. Sinon pour le moment, nous n'avons pas constaté des cas d'inondation en tant que telle ou qui ont pu dévaster des surfaces de coton. Mais la répercussion, c'est seulement au niveau des opérations culturales.

Au plan national, quelle place occupe le Nahouri dans la culture du coton?

C'est difficile de pouvoir faire ressortir un chiffre en terme de classement. Le Nahouri fait partie des nouvelles zones de production qui ont commencé la production il y a à peine 8 ans dans le cadre de la relance. Mais nous disons que le niveau de production que le Nahouri a atteint est satisfaisant en ce sens que c'est en nette progression. Et vu qu'il y a toujours des potentialités pour pouvoir accroître, nous osons croire que d'ici là, le Nahouri pourrait avoir une place assez acceptable au plan national. Mais pour le moment, c'est une nouvelle zone de production. Et sur l'ensemble des cinq départements de la province, il y a trois qui produisent le coton : Guiaro en tête, suivi de Tiébélé et enfin le département de Pô.

Très souvent, les producteurs se plaignent des agents coton dont vous faites partie.

A ma connaissance, peut-être qu'ils pensent que nous avons la mission de faire le tour dans toutes les parcelles cotonnières.

Mais il faut reconnaître que le nombre d'agents est tel qu'on ne peut pas faire le tour de toutes les parcelles. Nous avons un rôle, comme je l'avais dit, de formation, d'encadrement et de sensibilisation. Nous sortons sur le terrain, mais nous ne pouvons pas voir toutes les parcelles. Et c'est ce que les producteurs doivent comprendre. Sinon, en dehors de ces cas, il n'y a pas de problème en tant que tel à notre niveau.

Quelques conseils pour les producteurs du Nahouri?

Si nous avons un message à donner aux producteurs, c'est de savoir que c'est bon de semer de grandes superficies. Mais il faut surtout les entretenir. C'est-à-dire, mettre les intrants qu'il faut, pouvoir faire les opérations à temps afin de travailler à améliorer nettement les rendements que nous avons actuellement. Pour cela, nous les exhortons à sortir pour que les formations aient lieu pendant les périodes de travail. Car beaucoup de producteurs disent qu'ils sont en plein travail et qu'ils n'ont pas le temps de venir aux formations. Pourtant, sans connaissance, sans bagages techniques, on ne peut pas réaliser une bonne productivité. Les producteurs doivent donc comprendre que la formation est nécessaire. Par rapport à la présente campagne, il faut qu'ils continuent avec beaucoup de courage, les opérations qu'ils ont entreprises afin qu'en fin de campagne, ils puissent profiter des nouveaux prix.

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