Constant R. Sabang
2 Août 2004
En 1998, la Regifercam disparait suite à la signature de la convention de concession entre l'Etat et un consortum privé, le groupement Bolloré-Saga-Sdv et Comazar.
Celui-ci créé à la place une société, la Camrail. Ses principaux objectifs, assignés à travers le contrat de concession des chemins de fer du Cameroun sont " l'accélération du processus de restructuration et de modernisation de l'outil ferroviaire et le développement d'un service de qualité pour la clientèle." Le choix de la mise en concession comme stratégie de privatisation permet ainsi à l'Etat de rester propriétaire du patrimoine ferroviaire tout en conférant à Camrail, la responsabilité en matière d'investissement, de maintenance et de gestion. L'ensemble des ouvrages et des infrastructures, dont les 1100 km de voies ferrées entre Yaoundé et Douala et entre Yaoundé et Ngaoundéré, y compris ceux réalisés par le concessionnaire, restent la propriété de l'Etat. Entre autres engagements du concessionnaire, il y a le paiement d'une redevance annuelle de l'acquisition du matériel roulant en location-vente et la mise en oeuvre d'un Programme d'investissement prioritaire.
Matérialisé récemment par un prêt de 8 milliards de l'Agence française de développement (Afd) devant servir à la réhabilitation de 263 km de voies ferrées sur le tronçon entre l'Est et le Nord du pays, à l'acquisition de six nouvelles locomotives et la remise en état des voitures de voyageurs et des wagons pour le fret. En somme une partie du plan de financement global, adopté au moment de la privatisation qui prévoyait un apport global de 37,8 milliards Fcfa. De belles perspectives pour une ligne de chemin de fer camerounais créé en 1947, mais dont le train de développement reste désespéramment en gare
Aujourd'Hui, on se rend bien compte que tous ces efforts semblent insuffisants. Et pour accompagner un redéploiement industriel de plus en plus envisagé, certains suggèrent l'installation d'une base avancée en technologie ferroviaire. Une initiative qua pourrait conduire la firme canadienne Hy-rail, qui consisterait à " fournir ( ) des pièces de rechange, des équipements techniques, des services industriels et des formations spécialisées avancées aux normes et standards internationaux de qualités ".
Ceci permettrait d'envisager dans un premier temps, une maintenance industrielle intensive, ensuite sur la construction des locomotives pour le marché africain dans l'optique du programme ferroviaire du Nepad et enfin l'extension et la densification du réseau camerounais et sa liaison avec les pays voisins, le Tchad, la Centrafrique, le Gabon et la Guinée équatoriale notamment. Selon une étude réalisée sur le sujet, " le Cameroun peut asseoir une telle stratégie en créant une synergie entre Camrail, la Société internationale des travaux ferroviaires (Sitrafer) et Hy-rail ". Une démarche qui permettrait de redresser la barre du chemin de fer Camerounais dont la gestion, au terme de la construction du pipe-line, ne devrait pas se contenter que du transport de bois, au moment même où on peut raisonnablement envisager une conjonction dont les effets bénéfiques contribueraient à soutenir la croissance économique tant souhaitée.
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