Momar Talla BEYE
14 Août 2004
(Correspondance) - Circonscrits depuis plus de deux semaines au nord du département de Linguère, les criquets pèlerins sont en train de prendre une autre destination.
Les surfaces infestées deviennent de plus en plus importantes et les essaims continuent de proliférer. Au nord l'axe Tessékré-Labgar, où ont été trouvés les premiers criquets, vu leur proximité avec la région de Matam, devrait servir de bouclier pour éviter que ces derniers franchissent la route nationale qui sépare le département de Linguère en deux parties. Mais malgré les initiatives entreprises pour contenir l'invasion mal avec la présence sur le terrain des unités de lutter de la Dpv, les criquets sont en train de changer de direction. Ils sont aujourd'hui à Kamb, Ngaraf, Khol Khol, Kadji, des villages à quelques encablures des villes de Linguère et Dakar. Hier, leur présence était visible sur la route nationale entre Dahra et Ngaraf. Le goudron était recouvert par moment par ces insectes qui meurent très souvent au contact des véhicules.
Tessékré, cette zone distante de Dakar Djolof de 10 km, jeudi dernier grouillait de monde à cause de son marché hebdomadaire. Toutes les discussions tournaient autour du péril acridien tellement cette communauté rurale est touchée. Dans cette zone, les Peulhs ne cultivent pas, les criquets n'ont mangé que les herbes courtes, de granulées sauvages. Selon Ibrahima Diop de la Dpv de Louga qui conduit une équipe de lutte dans le Tessékré, le dernier essaim est trouvé le 12 août sur l'axe Tessekré-Loumbi sur une surface de 100 ha avec une densité de 35 couples par mètre carré. Ce qui est plus inquiétant selon lui, c'est la présence d'essaims de coloration rose qui représentent des criquets sexuellement immatures et que l'on doit tout faire pour les éliminer avant qu'ils ne commencent à se reproduire. Cette année les criquets qui sont apparus dans nos localités sont de types jaunâtres, des locustes gregreaptes.
Un criquet de cette espèce mesure 50 mm, il pèse 2 à 2,5 g et a au moins 250 mg de graisse. Selon toujours Ibrahima Diop, chaque criquet mange quotidiennement l'équivalent de son poids. C'est pourquoi l'ampleur des dégâts est visible : de Kamb à Tessekré, beaucoup d'espaces jadis, herbeux sont aujourd'hui clairsemés.
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