Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: Centre Culturel Blaise Senghor : les animateurs culturels ne veulent pas de la prof

Fatou K. SENE

14 Août 2004


Hier, les acteurs et animateurs culturels ont profité de la passation de service, entre la nouvelle directrice du centre culture Blaise Senghor Mme Fatou Marie Biaye et l'ancien directeur Aldiouma Ndiaye, pour montrer leur désaccord face à cette nomination.

A peine installée, des voix s'élèvent pour contester la qualité de cette ancienne enseignante au lycée John F. Kennedy depuis plusieurs années qui se voit confier une fonction ne répondant pas à son profil. Pour le Syndicat national des acteurs culturels, il n'est pas question que ce temple de la culture soit dirigé par une enseignante. Selon ces derniers, le rassemblement d'hier, n'est que le premier jalon d'un combat qui s'annonce.

«Le Syndicat national des acteurs culturels (Synac) refuse l'installation de la craie à la place du pinceau ; les enseignants au tableau noir, laissez nous la culture ; la culture aux professionnels de la culture, du ministère au directeur». Tels sont les différents slogans affichés hier un peu partout dans le hall du centre culturel Blaise Senghor (Ccbs) pour accueillir la nouvelle directrice Mme Fatou Marie Biaye. La nomination de Mme Biaye à la tête du Ccbs ne rencontre pas l'adhésion des acteurs et animateurs culturels qui l'ont fait savoir hier. A la place du sit-in, les acteurs et animateurs culturels se sont rassemblés pour manifester leur désaccord. Sans doute pour ne pas provoquer l'intervention des forces de l'ordre appelées au centre.

Adama Diallo, animateur culturel et représentant du secrétaire général du Synac dont il est l'adjoint, parlant au nom de ses collègues clame que «le corps des animateurs montre sa désapprobation totale par rapport à la nomination de Mme Biaye et l'affectation de leur collègue Aldiouma Ndiaye le directeur sortant». Les professionnels de la culture n'admettent pas qu'un professeur de collège vienne diriger cette structure longtemps administrée par un professionnel du métier. «Nous disons qu'il y a une tradition dans cette maison dirigée depuis 1975 par un professionnel formé pour cela. Nous n'avons que le centre culturel Blaise Senghor qui est notre symbole et le combat a été longtemps mené avant qu'un animateur ne dirige ce centre et ce n'est pas aujourd'hui que nous allons baisser les bras. Le combat ne fait que commencer», durcit notre interlocuteur qui a eu à diriger le centre culturel Blaise Senghor. La culture n'est pas considérée à sa juste valeur, soulignent les acteurs et animateurs culturels, ailleurs les avis sont demandés pour la nomination d'une tierce personne à la tête d'une structure. «Si les animateurs ne sont plus capables de diriger, on a qu'à fermer l'Ecole nationale des Arts qui les forme. Nous sommes formés pour gérer et administrer de telles structures, s'ils ne nous mettent pas dans ces conditions comment pourrions-nous montrer nos capacités. Nous sommes formés pour être avec les artistes, laissez-nous avec eux, à chacun son corps», estime Adama Diallo qui s'adressait à ses collègues et à la presse.

Ancien directeur du centre culturel Blaise Senghor M. Diallo dira que «ce n'est pas parce que la culture est transversale que tout le monde doit y passer. Nous ne sommes pas d'accord avec l'épuration». Selon les animateurs soutenus par certains artistes qui étaient à leur côté hier, les enjeux du développement culturel sont ailleurs. «Ce n'est pas en déplaçant des gens que l'on fait de la politique culturelle». Interrogée sur ces contestations, la nouvelle locataire du centre culturel Blaise Senghor n'a pas voulu se prononcer. «Je répondrai au temps opportun» lance-t-elle.

Liens Pertinents

Quant au directeur de cabinet du ministre de la Culture et du patrimoine historique classé, Mor Fall qui représentait cette dernière, «tout agent fonctionnaire qui se permet de commenter une décision de mutation doit aller réapprendre les règles élémentaires de la gestion administrative. Ces mesures prises sont des décisions d'aménagement technique. Si les compétences sont dans les gestionnaires, économistes, et les enseignants, nous allons les chercher là-bas»

Pour les animateurs et acteurs culturels, le combat continue, car, estiment-ils, nous défendons notre corps.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2004 Wal Fadjri. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Sénégal

Rubriques