Notre Voie (Abidjan)

Côte d'Ivoire: Violation des Droits de l'Homme en Côte d'Ivoire depuis le 19 septembre 2002 : ce que Eugène Djué a dit aux enquêteurs de l'ONU

Didier Depry

20 Août 2004


La commission d'enquête de l'ONU sur les violations des Droits de l'Homme en Côte d'Ivoire depuis le 19 septembre 2002 a rencontré, hier, comme convenu, le "maréchal" Eugène Djué, président de l'Union des patriotes pour la libération totale de la Côte d'Ivoire (UPLTCI).

L'entretien, qui a duré 1H 30mn, s'est déroulé à l'Hôtel Ivoire d'Abidjan-Cocody. "J'ai échangé en tête-à-tête avec le président de la commission qui était accompagné d'un de ses collaborateurs", précise d'entrée Eugène Djué. Avant d'ajouter que les débats ont tourné fondamentalement autour de l'identité de l'UPLTCI et de sa mission. Eugène Djué et son mouvement ont-ils quelque chose à voir avec l'escadron de la mort ? l'UPLTCI est-elle une milice ? Pourquoi Eugène Djué pense-t-il que la France et le Burkina Faso sont impliqués dans le conflit ivoirien en tant que commanditaires ? Autant de questions auxquelles le "maréchal" Djué soutient avoir apporté des réponses claires et sans équivoque. "J'ai dit que nous ne sommes ni de près ni de loin concernés par les escadrons de la mort. Les escadrons de la mort, ce sont ceux qui ont attaqué nuitamment la Côte d'Ivoire le 19 septembre 2002 et ont semé la mort dans des milliers de familles".

A propos de l'UPLTCI, Djué a affirmé que sa structure n'est pas une milice. "Nous sommes de jeunes patriotes qui luttons les mains nues pour la paix dans notre pays".

S'agissant de l'implication de la France et du Burkina Faso dans la guerre faite à la Côte d'Ivoire, le président de l'UPLTCI a dit qu'il connaît des rebelles repentis capables de témoigner, avec preuves à l'appui, qu'ils ont bel et bien été formés, entretenus et logés par le Burkina. "La France, quant à elle, ce sont ses actes dans cette crise qui nous ont convaincus qu'elle est l'un des commanditaires du massacre des Ivoiriens. La France a refusé d'activer l'accord de défense qui la lie à la Côte d'Ivoire. A l'Ouest du pays, les soldats français assistent aux massacres des populations ivoiriens sans broncher. Ils servent bien souvent d'éclaireurs aux rebelles, comme ce fut le cas à Daloa. Quand nous allions de M'Bahiakro pour libérer Bouaké les mains nues, les militaires français ont tiré sur nous. Il y a eu des blessés parmi nous. Alors que ces mêmes soldats français ont laissé les rebelles traverser la zone de confiance pour aller attaquer Gohitafla et faire de nombreux morts et des blessés. Cela prouve que la France n'est pas neutre dans ce conflit".

Eugène Djué a soutenu, par ailleurs, au sujet d'Albert Tévoédjré, représentant du SG de l'ONU en Côte d'Ivoire, qu'il ne l'a pas menacé de mort dans la presse. "C'est un simple conseil de jeune frère que je lui ai donné en lui disant de faire attention, car la question du Et/Ou suscite la colère des Ivoiriens". Le président de l'UPLTCI lance un appel à tous les Ivoiriens sachant à se rendre à la commission d'enquête sise à l'ex- siège de la Banque mondiale sis à Cocody pour témoigner sur les exactions vécues lors de la guerre.

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