Cathy Yogo
23 Août 2004
Un atelier pour présenter des travaux de recherches se tient lundi à l'Irad.
Ambiance studieuse ce lundi à l'Institut de recherche agricole pour le développement (Irad) de Nkolbisson. Pendant trois jours en effet, avec l'université de Wageningen des Pays-Bas, la structure co-organise un séminaire atelier sur "la diversité des organismes du sol et leur impact fonctionnel dans les écosystèmes forestiers". Une cérémonie parmi tant d'autres pourrait-on dire, sauf qu'autour de ce thème, l'occasion sera également donnée à trois chercheurs camerounais, Messieur Onguene, Birang et Kanmegne, de présenter les travaux de recherches sur l'aménagement durable des sols agricoles et forestiers à partir des résultats scientifiques. A cet effet, dans une série d'exposés, l'ingénieur agronome Nérée Onguene Awana démontre l'intérêt que les agriculteurs et les décideurs ont à valoriser la culture des produits non ligneux tels que les champignons. Ils explique qu'" au delà des apports nutritionnels, les champignons sont économiquement rentable.
Du moment où, aujourd'hui ils ne poussent plus uniquement à l'état sauvage, mais peuvent non seulement être cultiver toute l'année, mais récolté en moins d'un mois". Pour ce dernier, les acteurs impliqués dans l'exploitation forestière devrait regarder avec plus de considération ces comestibles dont l'importance n'est plus à démontrer. Ils gagneraient par la même occasion à reconnaître les diverses espèces de champignons comestibles des forêts camerounaises ainsi que des arbres nourriciers des champignons symbiotiques pour mieux les exploiter. Pour faciliter la manoeuvre, M. Néré a édité une brochure présentant une vingtaine de champignons comestibles au Cameroun avec leur nom local. L'autre mérite de cette ouvrage est que son auteur a travaillé dans le Sud Cameroun, consommateur par excellence des champignons. Une étude sur la consommation de plusieurs sources de protéines dans la région de Bipindi-Lolodorf-Akom a montré que ces populations consomment en moyenne 1,5 kg de champignons par an, allant parfois jusqu'à 20 kg chez certaines personnes sans ressource. Par ailleurs, deux cents espèce de champignons ont jusque là été recensées au Cameroun. Les plus consommés figurent dans trois grands groupes.
Il s'agit entre autres de celles issues de la famille des Saprophytes dans laquelle se retrouve le Marasmium Katagensis, ou l"Abôn si" en langue bulu. Il se reconnaît à son habitat dans le sous-bois sur un tapis velouté blanc, et sa croissance en troupes nombreuses. C'est l'un des meilleurs comestibles de la zone forestière du Sud Cameroun. On le prépare dans les soupes. Il pousse en saisons pluvieuses. Viennent ensuite les Termitomyces minuscules de la famille des champignons symbiotiques des arbres et des champignons associés au termites. Consommés localement, cette dernière variété constitue la grande majorité des champignons supérieurs de la forêt camerounaise. Il s'agit entre autres du "Bikôkô biyôkô", (chapeau circulaire avec des dépression centrale à maturité, hérissé d'écailles saillantes et marquantes) ou de l'Akok. Il. Cette variété se reconnaît par son chapeau brun et noir avec une dépression centrale logeant un mamelon arrondi et un longue pseudorhize. Sinon, un inventaire conduit dans ces zones de travail a permis de réaliser que les populations Bantou et Bagyéli possèdent un savoir étendu sur les champignons comestibles indigènes, mais beaucoup reste à faire. Et, il n'est donc pas rare que l'on enregistre de grave cas d'intoxication.
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