Rachid Saadoune
29 Août 2004
Décidément, rien ne semble arrêter le dopage, les consommateurs de substances prohibées. «Toujours plus haut, toujours plus fort.» Mais à quel prix ?!
A celui de substances concoctées dans des laboratoires pour aller défier les limites humaines, aux frais de la morale sportive, des idéaux de l'humanité entière et de l'esprit de l'olympisme qui n'en finit plus de subir de plein fouet les prétentions et les gourmandises impossibles à assouvir de l'Homme.Hier encore, et à une journée de la fin des Jeux d'Athènes, deux cas de tricherie aux anabolisants ont été officiellement confirmés par le Comité international olympique (CIO). Ces deux cas concernent la lutteuse portoricaine Mabel Fonseca et le médaillé d'argent d'haltérophilie hongrois, Ferenc Gyurkovics, positifs au contrôle antidopage, disqualifiés et exclus des JO 2004 d'Athènes. Gyurkovics, 24 ans, avait terminé deuxième le 24 août dans la catégorie des moins de 105 kg. La substance prohibée détectée dans ses urines est l'oxandrolone (stéroïde anabolisant). Fonseca, 32 ans, a été convaincue de s'être dopée au stanozolol (stéroïde anabolisant). Elle avait terminé 5e le 23 août dans la catégorie des 55 kg.
Après la disqualification du Magyar, l'Ukrainien Igor Razoronov hérite de la médaille d'argent et le Russe Gleb Pisarevskiy accède au podium. Athènes donc, dont la liste noire du dopage avait commencé à s'écrire bien avant le début des compétitions comme pour prévenir et rendre à l'évidence ceux qui continuent à se nourrir de l'illusion que des jeux Olympiques pouvaient échapper aux lois des temps modernes et retrouver, dans leur berceau, leur quête de la performance humaine.Athènes qui se réveille pratiquement chaque jour de ces jeux des temps trop modernes pour être vrais, sinon sincères, en comptabilisant les échecs des athlètes à vouloir aller plus vite que la vitesse ou à tenter d'être plus forts que la force.
Résultat d'un scénario qui semble avoir choisi la plus grande compétition sportive de l'humanité pour être une synthèse d'une pratique au quotidien mis en évidence çà et là par les compétitions nationales, régionales et continentales, les premiers jeux Olympiques du troisième millénaire comptent déjà 23 athlètes sanctionnés ou contraints à déclarer forfaits pour violation (refus de contrôle ou manipulation, notamment) du règlement antidopage. Depuis le début, le 30 juillet, de la période dite des jeux Olympiques jusqu'à hier, le CIO a déjà fait procéder à 2 578 contrôles urinaires et 678 tests sanguins. Certainement pas pour le plaisir !
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